dimanche 29 avril 2012

Marie Christine, ma conscience, et moi

Marie Christine a le regard encore bien triste.
Son divorce a été prononcé cette semaine, et l'embellie relative de ces derniers temps a été mise à mal par cet ultime épisode douloureux. Le travail de deuil est irréversiblement engagé.

Ce soir elle nous a accompagnés à cette soirée concert. On avait insisté, parce qu'on considérait qu'il était impératif qu'elle ne passe pas la soirée seule, parce qu'elle ne devait pas se laisser abattre.
Elle a accepté pour nous faire plaisir. Elle n'avait ni l'envie, ni la force d'y aller. Mais avait encore moins ni l'envie, ni la force, de lutter pour décliner notre invitation. Elle n'a pas voulu tenir tête, ne se sentait pas de taille face à notre insistance. Elle s'est laissée porter, en se faisant violence, et sans doute cette énergie qu'elle va y laisser ce soir lui fera encore plus cruellement défaut demain.
Nul ne sait de quoi demain sera fait. On sait juste que de son côté ou du notre, on se réveillera avec la bonne conscience d'avoir fait ce qu'il fallait ce soir.

mardi 10 avril 2012

A-quoi-bonisme, casse-têtes et têtes à queue..

"Où mènent ces routes devant moi?
Où vont ces trains que je ne prends pas?
Les bateaux qui partent me laissent sur le quai
je commence à être fatigué..."

Encore des mots empruntés à Moustaki (cette fois ci je vous épargne ma bande-son originale :-), qui résument si bien mon état du moment...
Etat de spleen, de découragement, d'à-quoi-bonisme..
A quoi bon continuer à écrire sur ce blog somnolant?
A qui puis-je être utile?
Qui puis-je rendre heureux?
A qui puis-je faire plaisir?

Je voudrais me donner à tout le monde et pourtant je fuis la foule.
Je voudrais donner du temps que je n'ai pas.
Donner de la sensualité que l'isolement gaspille.
Je voudrais donner tout ce plaisir qui se perd dans mes accumulations solitaires.

Envie de séduire, mais je n'en ai pas les moyens.
Envie de plaire, mais je n'en ai pas l'apparat.
Envie de faire jouir, mais je suis trop loin.

La vie est courte, l'attente est longue.
On aurait tellement préféré le contraire..

Dur de voir ce temps si rare, si précieux, me filer entre les doigts.
Dur de voir ces mots, ces récits, ces confidences, ces partages autour de moi, que je ne peux saisir au vol.
Dur de voir ce temps passé à résoudre des casse-têtes quand je préférerais pimenter ce temps d'agréables têtes à queue...

samedi 31 mars 2012

Marionnettes emmêlées

Envie de fusion et confusion.
Quand, épuisés de tant de confidences et de débats, tant de jouissances et d'ébats, nous resterons allongés l'un à côté de l'autre, jusqu'à ce que le langage des mains nous sorte à nouveau de notre silence.
Comme pour grappiller, par ces ultimes caresses mutuelles, du plaisir dont on voudrait faire des provisions pour mieux vivre l'absence à venir.

Quand ta main, massant délicatement mon bâton de joie, manche de vol de notre aéroplane charnel, dirigera mes doigts au coeur de ton intimité, comme des gouvernes ajustées sur la trajectoire du septième ciel...
Quand, marionnettes consentantes entièrement manipulées par l'autre, on retrouvera cette sensation enivrante d'être le prolongement de l'autre.
Quand, rayonnants de plaisir rémanent, bercés par notre orgasme, on pourra chantonner, comme Moustaki, "je ne sais pas où tu commences, tu ne sais pas où je finis"...

 
Moustaki - Je ne sais pas où tu commences (modeste interprétation par moi même :-)

mardi 27 mars 2012

Pour la pêche aux moules, toujours :-)

Dommage je les aurais préférées en vert, car je suis fan de grenouilles. Mais tant pis, ça fera quand même l'affaire...





mercredi 14 mars 2012

L'incommunicabilité me fait chanter

Le 1er avril de l'année dernière, animé par de facétieuses intentions, j'avais étalé en ces lieux, au sens de mettre sur l'étal bien entendu, des histoires salées de pêche et de moules, de jeu à la marchande avec une rousse affriolante.
Presqu'un an après, je récidive. Car dans cette chanson de Ricet Barrier, il est question de désir non partagé, de quiproquo, d'incommunicabilité en eaux troubles.
Ce qui finalement résume bien l'ambiance du moment.
Et, parce que moi, quand je n'arrive à parler, je chante.
Et, parce qu'une petite chanson vaut mieux qu'un long discours...
Ben voilà, je ne vais pas noyer le poisson plus longtemps.
Je me jette à l'eau, tout nu, avec ma guitare et ma voix fébrile...


lundi 12 mars 2012

Créance douteuse


Moi aussi j'ai perdu mon triple A.
Son placement n'est plus à la hauteur de ses espérances.
Pourtant ces derniers mois j'avais entrepris des réformes structurelles qui commençaient à porter leurs fruits.
Et je croyais pouvoir en toucher les dividendes cette semaine.
Mais non. Ma femme ne l'a pas entendu de cette oreille.
Je nous croyais à deux doigts de l'euphorie, on a replongé dans la sinistrose.
Elle m'a abaissé d'un cran.

Une bonne semaine de grand air sur les hauts plateaux enneigés du Jura n'a pas réussi à nous rapprocher, malgré ma motivation totale pour m'affirmer en papa modèle et en époux câlin. 
La raison?
Une semaine en commun dans un chalet avec un couple de vieux amis a produit une sorte de test comparatif qui a révélé à ma femme qu'elle n'était pas heureuse avec moi, que nos copains sortaient plus souvent, qu'ils avaient plus d'amis, qu'ils écoutaient de la meilleure musique et qu'ils allaient voir des bons films au cinéma, eux. 
Bref tout ça, c'est de ma faute, et le reste aussi.
La boite à reproches s'est rouverte et j'essaie de rester zen.

Les premières bribes de dialogue à peu près exploitables indiquent que ma femme s'est mise à espérer que, en acceptant mes frasques polyamoureuses, elle deviendrait plus heureuse.
Je lui serais redevable, et donc moralement obligé de la rendre heureuse.
De quoi me plonger dans le doute. Lui aurais-je fait pareille promesse?
Certes j'ai embelli la mariée pour l'encourager à franchir le pas, mais non, je n'ai rien fait miroiter de tel.
On était bien conscient que l'amour débridé n'a rien de la formule miracle. L'amour rend meilleur, mais l'amour pluriel ne rend pas parfait.
Je suis globalement plus épanoui, plus disponible, plus impliqué, mais ça ne m'a pas transformé. 
Certains de nos chemins privilégiés pour le bonheur resteront irrémédiablement inaccessibles à l'autre.
Il y a des choses que je ne pourrai jamais lui apporter, des chemins où l'on ne saura pas se suivre. 
Ou en tous cas pas spontanément. Ou pas généreusement. Ou pas subtilement.

Si elle subit ce que l'on vit, si elle a l'impression de se sacrifier au point de revendiquer plus tard une contrepartie que je ne suis pas capable de lui procurer, si ce schéma de couple la place dans une passivité victimaire, si ça la dissuade d'aller chercher son bonheur par ses propres moyens, alors on se met gravement le doigt dans l'oeil et ces dernières années n'auront été qu'un grand malentendu.
Je vais m'armer de patience pour l'aider à se remettre debout, et infléchir son regard biaisé, lui redonner confiance en elle, en moi, en nous.
La reconstruction va être lente, mais j'en vois déjà les effets.

Peut être un jour rencontrera-t-elle quelqu'un qui lui apportera ce dont je la prive. 
On découvrira une jolie complémentarité. Ce que l'on souhaitait en se jetant à l'eau, conformément au modèle théorique idéal des amours plurielles. 
Sauf que d'ici là il y aura de quoi trembler si elle réalise qu'elle n'est pas faite pour ça et que seule l'exclusivité lui convient. Je pourrai faire les frais de ses priorités du moment, ouille...
Bref l'asymétrie dans une relation, c'est jamais le pied, mais en sortir c'est sans doute encore plus risqué... 
Au fond de moi j'espère quand même que les choses pourront se rééquilibrer un jour.

En attendant, remettre les choses à l'endroit, sortir au plus vite de ce schéma malsain créancier/débiteur. 
Je veux bien être assimilé à un (dieu) grec, la comparaison serait flatteuse. 
Mais elle, déguisée en Angela, ça lui va pas du tout.

mercredi 22 février 2012

Présent absent

J'ai le profil type du drogué.
Enchaînements d'excès et d'abstraction.
Et parfois non.

Parfois je suis quelqu'un qui vit tellement dans ses émotions, que ce qu'il ressent dans le présent lui apparaît toujours comme une vérité éternelle. Que le temps présent lui apparaît comme un horizon indépassable.
Que l'instant d'après lui semble bien trop lointain pour s'y intéresser. Quelqu'un capable de mourir pour un instant de bonheur ou de plaisir intense. Qui ne dit jamais non à l'ivresse. Même si son passé ou son avenir  lui implorent de refuser.

J'ai souvent entendu dire qu'il fallait mieux profiter du temps présent. Que l'on a toujours tendance à trop planifier, maîtriser, contrôler, et pas assez profiter. Chez moi, c'est pourtant du conseil inverse que je devrais m'inspirer.
Et me rappeler aussi souvent que possible, que de part et d'autre du "maintenant", il y a "avant" et "après", et que de tout ça on tire notre équilibre de chaque instant.
Du passé, on s'appuie sur notre instinct nourri de toutes nos expériences, sur notre capacité à traverser les épreuves et à se relever.
Du futur on tire l'oxygène qui nous fait avancer, l'espace qui nous attire à lui et nous fait tracer notre route pour jouir au mieux des "maintenant" à venir.
Belle lucidité, clé de l'équilibre, secret de la liberté que je vénère.
Lucidité parfois domptée.

Mais lucidité dilettante. Car le plus souvent, quand je veux m'extirper d'un présent trop envahissant, au lieu de prendre du recul, de m'aérer et regarder au loin, je me recroqueville et m'abstrais.

Et me voilà parti. Absent du présent.
Loin, très loin. Et pourtant proche, si proche.
Oisif dans un paradis artificiel. Fruit de mon imagination.
Un monde subtil, où l'érotisme est au coin de la rue.
Un monde frénétique aussi, de gros seins et de gros culs.
Endiablé d'arômes, embrumé d'encens,
De parfums de plaisir s'exhalant d'un brasier charnel.
Un monde de brutes dans de la douceur.
D'orgies lubriques et d'indécente candeur.

On pourrait croire que je ne peux en redescendre, que j'y suis trop accoutumé.
Et que je pourrais me consumer ainsi, à petit feu.
Sans doute jusqu'à la dose fatale.
Mais un je-ne-sais-quoi me réabsorbe soudainement, un réflexe du corps ou un sort du présent, pour me réexpulser au coeur de l'instant.
A grand cri mon corps me réclame de se frotter à un congénère, mon âme me susurre de vampiriser une âme soeur. Au point de me redonner l’énergie de me resociabiliser.
Prenez garde, je suis en manque.


lundi 6 février 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (8ème partie)

L'attente. Dénoncé par mes soins comme responsable de tous les maux.
Voilà donc mon coupable idéal, ma tête de turc, mon bouc émissaire.
Mais d'où sors-je donc une telle posture?

lundi 30 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (7ème partie)

Quand on joue avec le feu, on se rêve en auteur-compositeur-interprète. Mais ça ne dure qu'un temps.
On se rend vite compte qu'on n'a rien d'un virtuose.
On ne compose pas les partitions des autres. On compose avec les partitions des autres.
On réalise qu'il faut essayer de tout concilier avant qu'on ne soit obligé de passer au cran d'après. Car quand on doit réconcilier, c'est au mieux désespérément laborieux, au pire désespérément compromis.
On ne virevolte pas longtemps au dessus de la cohue, on ne plâne pas indéfiniment, en apesanteur, comme le goéland dans la tempête.
Non, on est en plein dedans. On rame.
En marchant sur des oeufs. Avec des pantalons patte d'éléphant, et de gros sabots en porcelaine.
On court après le temps.

samedi 21 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (6ème partie)

Quand on joue avec le feu, la passion dévastatrice n'est pas le seul écueil.
Car en renonçant à l'exclusivité, on prive notre orgueil de sa ressource essentielle.
L'exclusivité. Cette potion euphorisante qui nous flatte, nous galvanise, lui donne la sensation d'invulnérabilité. Et ça, notre orgueil a du mal à le lâcher.
Ne plus être le seul, l'unique, l'irremplaçable.
N'être qu'un parmi d'autres, aux yeux de l'autre.
Ça peut sembler insoutenable.
Pourtant ça se surmonte.
C'est en fait une question d'amour propre.
Et de rééquilibrage entre orgueil et confiance en soi.

mercredi 11 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (5ème partie)

Au bout d'une année de cette vie sociale secrète aussi captivante qu'épanouissante, je ne ressentais plus vraiment ce besoin d'aller "baiser ailleurs". En tous cas plus de la même façon.
Je ne dis pas que j'aurais pu indéfiniment me contenter de relations platoniques sur la toile, mais j'étais bien, au rythme quotidien de relations intimes virtuelles, devenues aussi solides que présentes.
Le désir était délicieusement envahissant.
Je jouais déjà avec le feu.

dimanche 8 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (4ème partie)

Baiser ailleurs.
Je ne savais pas si cela se produirait vraiment.
Mais déjà nous avions franchi un point de non retour.
Nous avions mis au point le cadre théorique et il nous rassurait beaucoup.
Cependant envisager la pratique me remuait encore.
Je me connais et sait bien qu'il y a peu de chances que je puisse trouver désir, séduction et plaisir sans un minimum d'attachement sentimental. Je suis un amoureux permanent et multiple, mais jusqu'ici je réprimais cela. Allais-je maitriser ce bouleversement?
Mon épouse allait elle supporter ces "infidélités" consenties?
Et puis cette perspective un peu vertigineuse faisait voler en éclat une construction méticuleuse : celle d'années d'intégrité conjugale totale dont j'étais plutôt fier.
Ce sont sans doute toutes ces incertitudes qui causèrent le zona précédemment évoqué.

samedi 7 janvier 2012

Petit intermède

Je ne sais si des lecteurs courageux ont réussi à me suivre jusque dans les derniers méandres de ma saga introspective, mais au cas où, en écho à mes dernières élucubrations sur l'épanouissement sexuel dans le couple, je vous invite à une petite lecture à la fois "corroborante" mais surtout très énervante.

C'est ici.

D'où vient cette approche sexiste?
Du subconscient du scientifique qui n'aurait pas l'idée d'étendre sa théorie au vécu des femmes? Ou une restitution déformée par une presse légère friande de polémique? Je ne sais pas, j'ai pas le temps d'approfondir l'enquête...

S'il y a bien un truc que j'ai vérifié sur la blogosphère, c'est que certes peut être la statistique peut nous inviter à quelques raccourcis pour caractériser les besoins sexuels selon qu'on est homme ou femme, mais je ne vois pas l'intérêt d'alimenter des clichés très stigmatisants pour les minorités statistiques : non l'adultère "sexuel" n'est pas exclusivement masculin et oui les femmes peuvent aussi être simplement gourmandes sexuellement...
(oui, c'est quand même un peu navrant d'avoir à enfoncer des portes ouvertes un samedi soir d'hiver en l'an 2012... !)




jeudi 5 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (3ème partie)


La nuit porte conseil, certes, mais pas assez pour résoudre le casse tête.
Baiser ailleurs.
Dit comme ça, c'est pas très romantique.
Mais je sais que si elle l'a dit, et si je l'ai entendu, c'est que c'est désormais dans le champ des possibles. Tout le chemin parcouru, ce constat que l'exclusivité dans le couple était une barrière limitante, se révélant parfois absurde, on l'avait fait ensemble. Cette possibilité de liberté dans le couple, c'était une vision commune.
Simplement on espérait que cela ne nous concernait pas.

mardi 3 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (2ème partie)


Sonné par cette réaction prévisible, quoique sans précédent sur la forme, je me suis recroquevillé et en espérant que le sommeil m'anesthésie au plus vite de ma douleur. Douleur sournoise qui me contraint à la ruminer sans que cela n'accélère son élimination.
Le sommeil ne vient pas, donc je rumine.
On se croyait tiré d'affaire, nous voilà de retour à la case départ.
Dois-je partir en claquant la porte?

lundi 2 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (1ère partie)

Je n'aime pas spécialement les bilans. Mais quand on se sent comptable de ses faits et ses gestes, et qu'on vise une gestion saine de son existence, peut-on s'en affranchir?
Voici donc l'heure du bilan, la révision obligatoire des 2 ans, qui coïncide avec le début de l'année, et qui m'oblige à mettre les mains dans mon passé. Et qui me rappelle que ce n'est pas si désagréable, parfois, de sortir la tête du guidon.

Décembre 2009. Vacances de noël dans la belle famille.
J'avais le choix entre claquer la porte, ou faire un zona et ouvrir un blog.
J'ai fait le second choix.

dimanche 11 décembre 2011

Fleur de peau

Je ne sais pas si c'est une réaction à l'hiver (qui arrive enfin, ça devrait ma rassurer) et à nos sur-couches vestimentaires qui s'entassent, mais j'ai envie de peau nue, de peaux nues, de contact, de mélanges.
Des peaux nues comme des supports à de jolies fresques sensuelles, jeux d'ombres et de lumières, de souffles et de frissonnements, qui semblent nous conter de jolies histoires, nous chanter de douces mélodies, nous faire apparaitre les plus beaux dessins dans lesquels on voudrait bien se perdre...
Chant des sirènes?

Sans doute suis je encore sous le charme de ce court métrage diffusé il y a peu sur Arte, intitulé "Dans la peau", où l'on voit des tatouages passer d'un corps à l'autre, et notamment une sirène...

jeudi 1 décembre 2011

Tout, sauf l'essentiel...

Je suis un visuel. Né durant la décennie des 70's, quand l'image s'est faite télévisuelle.

Cause à effet, ou le contraire, je suis de la génération qui est entrée dans la puberté en guettant le programme du premier samedi du mois, minuit, pour apprendre à se débrouiller sur des ébats brouillés.
C'était déjà un exutoire à tout ce désir qui m'assaillait, du matin au soir, dans la vraie vie. Copines de classe au corps prometteurs, aux confidences faussement naïves, aux impudeurs intrigantes pendant les cours d'éducation physique. Premier émois inespérés, expériences chamboulantes.
Innocent comblé, chasseur complexé. Des hauts et des bas, et vice versa. Cruellement snobé, généreusement dévergondé.
Il n'y avait pas de quoi s'ennuyer sur la route vers l'âge adulte.
Mais de façon inconsciente, obéissant sans doute à la pression sociale et aux autres contraintes de l'existence, j'ai délaissé le réel pour étancher ma soif de luxure.

Petit à petit, la pornographie a été une évasion, une quête esthétique discrète. La croyance que c'était le traitement miracle pour apaiser mon appétence pour les corps féminin en proie au plaisir sexuel, sans pour autant avoir à m'exposer, sans faire de vague dans ce monde intimidant.
Un peu comme si, conscient de porter en moi le gène du nomadisme, j'étais séduit par l'idée de me contenter d'une dose hebdomadaire de "Thalassa" et "Des racines et des ailes" pour ne pas avoir à prendre l'avion.
(Il faut dire, à ma décharge que j'ai grandi dans les années 80, à l'heure où l'on a commencé à vivre sa vie par procuration, devant son poste de télévision).

Chaque nouveau film me faisait pourtant le même effet désagréable : excitation bien sûr mais overdose systématique. Coupe faim radical certes, mais qui me laissait sur ma faim.
Et paradoxalement, au lieu de laisser un écœurement durable, une lassitude logique, ça renforçait ma détermination à en voir un prochain, comme si j'étais à la recherche du Graal.

Alors au lieu d'être un antidote à ma frustration, ça en devenait le catalyseur.
Aucun des longs-métrages visionnés ne me satisfaisait.
Je ne demandais pourtant pas la lune. Juste des scénarios agréables avec des scènes érotiques excitantes, authentiques. Pas les pudibonderies aseptisés du dimanche soir sur M6, où les ébats simulés sont si surjoués, les corps si artificiellement animés, qu'on a l'impression d'assister à une retransmission d'un concours de patinage artistique aux jeux olympiques d'hiver. Ni tout le reste, le "hard", cet exercice de style où certes l'anatomie est enfin débarrassées de cache sexe, mais où elle est alors si déformée par le silicone et les gros plans, qu'on ne sait plus à l'issue d'un tel visionnage à quoi peut ressembler un corps humain dans son essence et son intégralité.

Trouver le film correspondant à mon idéal érotique. Telle était ma quête.
Patiente, lucide.
Laborieuse.
Arrivèrent même les années 2000, où Google et les téléchargements illégaux me donnaient enfin à tout le patrimoine pornographique de l'humanité. Ben oui, au XXIè siècle, il était enfin permis aux hommes de rester Mr Toulemonde, tout en vivant enfin pleinement leurs mâles déviances sur le grand marché planétaire gratuit du sexe multimédia.
Je ne pouvais qu'y trouver mon bonheur.

Hélas non, rien n'y fit. Ma quête resta vaine.
La seule chose que j'ai découvert, c'est l'étendue de la face cachée de l'humanité masculine, apparaissant enfin au grand jour grâce aux statistiques de google. Des siècles de tabous, de déviances contenues dans les confessionnaux et les bordels, soudain lâchés dans la nature. Sur la toile plutôt.
Qui explique peut être, sans trop que je comprenne pourquoi, que je n'aie pas trouvé mon bonheur.

La subtilité que je n'ai pas trouvée là dedans est-elle liée au fait que le mâle ignore tout de ses désirs et en soit encore au stade de la pulsion ? Je ne sais.
Le fait est que ce que je préfère dans les films pornos, c'est ce que je ne vois pas. C'est la scène coupée, le plan non retenu, la séquence toujours ignorée par le scénariste. La séquence, plus ou moins longue, qui, dans le réel, se déroule entre la fin du dialogue et le coït bestial. La scène où tout vacille. L'apogée du désir, fruits de la séduction, nappés de sentiments ou de complicité... le lâcher prise, le seuil où l'on bascule de la bienséance à l'indécence, puis où l'on glisse vers la bestialité.
Tout cela, rideau. Suivant. Réalité qui n'a pas lieu dans le meilleur des monde pornographiques.
Un peu de bienséance. Beaucoup de bestialité.
Pas de subtilité. Juste la suite, sans transition.

C'est acquis. La pornographie exhibe tout, sauf l'essentiel.
Sans doute le désir n'est-il pas télégénique. Ce n'est pas dans un tube cathodique ni une planche de plasma que je vais pouvoir le contempler.
J'ai donc abandonné l'idée de vivre du désir de substitution, de cet ersatz décevant. Pas possible de déléguer, mauvaise stratégie de penser qu'on peut externaliser. Faut assumer !


D'où ce blog.
D'où l'envie de sortir de la passivité. De ne plus être consommateur inerte.
D'où le partage, d'où le don.
D'où la liberté finalement mutuellement octroyée, mon épouse et moi, pour ne pas s'interdire de cultiver le désir quand il vient d'ailleurs. Quand on sent qu'il germe en nous, pourtant semé, chauffé et arrosé par un autre printemps.

Bref.
Verdict de platitudes et enfonçages de portes ouvertes.
Conclusion qui coule de source. Temps des poncifs et piétinage de lieux communs.
Mais passage obligé du téléspectateur blasé de Thalassa, Faut pas rêver et le Journal du Hard.

On est bien peu de choses et on ne mourra pas moins idiots. Les relations humaines sont vastes et très riches.
Elles vont de la bienséance à la bestialité.
Le média télévisuel restitue sans souci ces deux bornes. Pour tout ce qui est intermédiaire, j'ai fini par accepter de le vivre par moi même. Cet intermédiaire médiatiquement impalpable, c'est peut être ça l'érotisme.

dimanche 20 novembre 2011

Circonstances accomodantes

Ce soir, je laisse libre cours à votre imagination...
Libre à vous de suivre quelques énigmes en guise d'indices...

jeudi 10 novembre 2011

Désorientation duale du mâle versatile

Parfois le désir qui m'anime, l'excitation qui me gagne, les situations qui m'électrisent, ou le plaisir qui me galvanise, me donnent envie de braquer les projecteurs sur moi.
Elle me pousse à ça.
Avec ma complice, et à cause d'elle. 
Envie de m'offrir au regard de tous et de chacun. 
Dans un lieu où l'indécence serait la norme.
Offrir mon vécu et mon corps déformé par le cul au vu et au su de tout le monde.
Ouvrir grand mon manteau à mes pairs. Jeter en pâture, sans les mettre en balance, le poids des mots et le choc des photos.
Envie d'exposition permanente, avec ou sans vernissage et autres exercices imposés.
Jouir du regard outré, curieux, hautain, admiratif ou désireux que vous poserez sur moi.
Oui, elle me rend exhibitionniste.

Parfois c'est tout le contraire.
Le désir qui m'anime, l'excitation qui me gagne, les situations qui m'électrisent ou le plaisir qui me galvanise me donnent envie de rester tapi dans l'ombre.
Elle me pousse aussi à ça.
Avec ma complice, et à cause d'elle. 
Attitude coquine sous prude apparence. 
Réaliser l'impensable, l'inimaginable, l'insoupçonnable au nez et à la barbe de chacun.
Camoufler l'évidence dans un lieu improbable.
Jubiler des ébats à la sauvette, dissimuler l'impair commis sous le manteau. Masquer l'imposture, travestir les faits.
Vivre l'extraordinaire sous couvert de la normalité.
Jouir du secret de jouir en secret. Se dire que nul autre n'en saura jamais rien.
Et qu'on emportera ce secret à jamais.
Oui, elle me rend aussi inhibitionniste.

Bref, vous m'en voyez désorienté, mais je suis finalement assez réversible.

jeudi 27 octobre 2011

Stupeur et craquements

Je sors de chez une créature qui m'a fait craquer.

Je la trouvais si belle, en entrant. Un charme inespéré dans ce contexte.
Je l'ai saluée, avec la suffisance de celui qui exhibe son portefeuille comme pour mettre en avant son rang de client à soulager. Je lui ai souri avec le regard du souffrant, annonciateur des caprices auxquels elle devrait se plier.
Mais mon sourire s'est vite crispé.
Ça n'a pas fait un pli.
Elle n'avait pas l'intention de se soumettre.
Et quand c'est moi qui fût plié, j'ai vu su que ce n'était pas de rire.
Après m'avoir malaxé les fesses, au point de les retrousser, elle m'a serré dans ses bras, si fort que mon regard s'est détourné.
Comme sous l'effet d'une pression inédite.
J'ai failli tourner de l'oeil mais elle m'a ressaisi.
Ne jouez pas les détachés, me dit-elle, ou je vous mets en pièces détachées.
Moi j'essayai de rester de marbre, tandis qu'elle faisait en sorte que ma colonne retrouve la ligne.
Elle cherchait manifestement à me faire tourner la tête.
Je n'y étais pas opposé. Mais pas disposé non plus.
Elle m'a dit, d'un air menaçant : je déteste qu'on me résiste quand j'ai décidé de faire tourner la tête d'un homme.
Je n'aurais pas dû résister.
Mon sang n'a fait qu'un tour. Mon cou aussi.
Je lui ai donc emboîté le pas, pendant qu'elle ré-emboîtait ma tête.
Puis m'a repoussé en me laissant à terre.  Comme disloqué.
Elle a réclamé son dû, et m'a tourné le dos sans demander son reste.
Elle m'a fait craquer vous dis-je.

Je suis reparti, le coeur brisé, et le reste aussi.
Oui. Elle n'était pas très psychologue.

La prochaine fois, il faudra bien que je m'assure que je vais chez une ostéopathe psychologue, et non une ostéologue psychop...

lundi 24 octobre 2011

Quadrature du triangle

Dévaler quatre par quatre,
Un escalier par quatre chemins.
En ce jour d'avril deux mille quatre
Ça n'est pas tous les quatre matins

Convertis comme deux Henri IV
Épris d'amour pour leur catin
Un verre de vin sous licence IV
T'a offerte à notre quatre mains

Tu étais belle à quatre pattes.
Du haut de nos mètres quatre vingts
Pour le plaisir, pliés en quatre
N'en reste plus que ces quatrains...

lundi 17 octobre 2011

Des étranges fluctuations du règne animal...

J'ai mille choses à penser.
Et encore plus à faire.
Des chats à fouetter.
Rien à battre. Autant à cirer.
Bref je n'en ai que faire.

Mes pensées ont dépassé ma pensée.
Constatant au loin que tu es celle qui les a semées.
Et je m'accroche à ce passé dépensé sans compter,
Pour essayer de les rattraper, pour essayer de me rattraper.
A tes yeux.
Vouloir que n'en aies que pour moi.
T'assiéger s'il le faut.
Un jour nous finirons par nous récolter.


Tout est très prévisible.
A posteriori.
Le cycle de l'évolution nous ramène à l'origine.
Strate primaire.
Le reste est secondaire.
Grandeur et décadence.
L'esprit vacille. Seul le corps résiste.
Et il parle.
Basique.
Il te parle.

Mon regard t'enveloppe, te déshabille.
Juste envie de lécher tout ton corps.. intégralement....
et te baiser ensuite... longuement...
Empoigner ta chevelure, mordre tes épaules, ton cou...
te culbuter avec régularité et vigueur...
M'enivrer du rythme envoûtant du clapotis de mon bassin heurtant ton cul, et des ornements mélodieux et lancinants de tes gémissements...

dimanche 9 octobre 2011

Le coup de la panne...

A vingt ans, il m'est arrivé de faire le coup de la panne.
Complice de ma monture simulatrice, j'emmenais ma passagère sur des chemins de traverse.
Avec plus ou moins de succès.
Le septième ciel n'était pas toujours à l'arrivée.
Mais il m'obligeait à progresser dans la débrouillardise.
C'était prévisible, mais plutôt bien rôdé.
Le véhicule était fébrile, mais ma mécanique infaillible.
Ma copilote se laissait tomber dans le panneau.

Maintenant que je n'ai plus vingt ans, on pourrait penser que tout ça c'est de l'histoire ancienne.
Mais non.
Car de coup de la panne il est à nouveau question.
Cependant, l'âge aidant, je dois bien l'avouer, le coup de la panne se produit désormais à l'insu de mon plein gré...
Oh, point de griefs à l'égard du véhicule. L'âge aidant, disais-je, signe d'embourgeoisement, le véhicule est devenu infaillible : rien à voir avec les bagnoles d'occases de ma jeunesse.
Non aujourd'hui, c'est la mécanique qui me trahit. Ma mécanique intime.

Sans doute pour voyager loin n'ai-je pas assez ménagé ma monture. Mais peu importe.
Me voilà au pied du mur, la gravitation faisant remarquer à tous que l'instrument n'indique pas la bonne direction.
Pourtant le désir est là, tout semble fonctionner. Je ne sais pas ce qui se passe au niveau de la courroie de transmission. Sans l'aide du moindre cric pour faire prendre de la hauteur à l'ensemble, j'ai l'air tout penaud.


Alors me ressaisissant malgré tout, je dois faire mine d'avoir l'air dégourdi et m'improvise en mécanicien de fortune.

Première étape, me débarrasser de mon orgueil, si étouffant qu'il entrave tous mes gestes. Ensuite, me préoccuper de rassurer ma passagère avant qu'elle ne se sente obligée de me rassurer, moi. Occuper le terrain pour ne pas lui ouvrir une fenêtre par laquelle elle pourrait décrocher son téléphone et demander à Europ Assistance de se faire rapatrier sur le champ.

Je marche sur des oeufs. Non, lui promets-je, ce n'est pas lié à ce qu'elle a dit, ce qu'elle a fait ou n'a pas fait. Elle n'y est pour rien. Mais ne pas lui dire non plus que ça aurait pu arriver avec une autre (même si ça aurait été vrai). On ne va pas laisser à notre imagination le soin de spéculer sur des substitutions. Ce n'est vraiment pas le moment.
Ne pas s'appesantir non plus sur la fréquence de ce phénomène. Évoquer l'accident d'une rareté extrême lui mettra sous le nez l'injustice de cet événement qui lui arrive à elle et rien qu'à elle. Lui dire que cela arrive très souvent vous transformera à ses yeux en impuissant usé à oublier au plus vite.
Bref, ne pas faire que comme si de rien était. Mais ne pas en faire tout un plat non plus. Prier pour ne pas être trop à l'ouest, à défaut de faire preuve de subtilité.

Une fois le silence rompu avec ce protocole de communication digne des messages d'information de la SNCF, il est temps de passer à l'action. Place au silence à nouveau, et retroussons nous les manches.
Car finalement après tout, tout comme il existe bien la journée sans voiture qui nous rappelle tous les autres plaisirs des déplacements alternatifs, on ne va pas se priver pour explorer tous les autres chemins de traverse, hein?

Et là ça peut partir dans tous les sens.
Alors je ne vais pas me priver.
La belle en tous cas ne se fait pas prier.
Elle a accepté de prendre son mâle en patience.
Pendant que lui se démène tout feu tout flamme.
Dans tous les sens disais-je.

L'invitant aux joies du palais, lui faire constater que si l'étendard est en berne, il n'en est de même avec ma gourmandise.
Et moi de la toucher, à l'oreille. La suivre, au doigt et à l'oeil.
Me montrer mélomane. Après quelques arpèges délicatement prodigués un peu partout pour la faire vibrer en harmonie, jusqu'à en perdre la résonance, l'assaillir d'accords plaqués pour la pousser dans les cordes. Puis humer sa fleur à plein nez pour la garder le plus longtemps en bouche jusqu'à ce que l'ivresse se libère.

Point n'est besoin de se hâter, bien au contraire. Voilà une réparation qui gagne à perdurer. Point d'empressement à voir la situation se redresser.

Enfin, si, pour mon orgueil.
Qui se met justement en jubilation de voir le sémaphore envoyer le signal que tout de même, on a enfin remonté la pente. Le bon tronc à cou lisse s'est à nouveau redéployé.
On se retrouve sur l'autoroute bien connue où le piston entêté s'exprime sans états d'âmes dans la culasse bien huilée. Dans un doux ronronnement qui nous fera vite oublier les éparpillements du début.
C'est sûr. De quoi flatter mon orgueil, pas mécontent de s'éloigner de ces lacets sinueux dignes de la virtuosité d'un eunuque. Oui, un eunuque, ce martyr condamné à compenser son handicap par d'autres talents, et que mon orgueil admire tout en souhaitant ne pas être assimilé à lui.
Tout vient à point qui sait attendre, nous dit donc mon orgueil, gonflé par quelques bouffées de testostérones mal contenues. Bref, tout vient au point qui sait se tendre, pour résumer.
Ouf l'honneur est sauf ! croit-il au fond de lui même. De cet incident mécanique il ne restera plus rien au petit matin. Occultées, volatilisées, effacées par mes inoubliables chevauchées viriles...

Mais tandis qu'il pavane comme un paon oubliant sa panne, mon orgueil se voit à nouveau déstabilisé, désarçonné, dérouté, lorsque la belle, reprenant sa route solitaire au soleil levant, me glissera à l'oreille de sa voix sirupeuse : "Dis, la prochaine fois, tu me feras à nouveau le coup de la panne?"

lundi 3 octobre 2011

De la confusion consensuelle...

C'est malheureux quand même. On a beau se vouloir généreux, ambitieux, original...
La sanction est sans appel.
Je dois me rendre à l'évidence.

Mon amour pour la fourrure ne passe pas.


Mon discours courageux et atypique n'est pas compris, ou du moins il ne suscite pas l'adhésion.
Mon offre de service totalement gratuite et désintéressée a fait un flop.
Ma Founny campagne fait un bide. Elle avance pussy, poussa, bref de façon trop poussive.
Ma rencontre avec les françaises est un rendez-vous manqué.
Hairy n'a pas rencontré Sally.


jeudi 15 septembre 2011

Space dream

Je ne suis pas quelqu'un qui se prend d'ordinaire pour John Travolta ou Nicolas Cage. Ni un fan de ce film,  même si j'en avais pourtant apprécié quelques scènes, en particulier celles jouées par le second.

Pourtant cette nuit j'ai rêvé qu'on m'avait greffé le visage de quelqu'un d'autre.
Rien à voir avec Castor Troy. Mais je n'avais pas pour autant perdu au change. Mâchoire carrée avec barbe naissante, yeux bleus, les filles me regardaient de façon plus insistante qu'ici bas.
Jusqu'à ma femme qui se mit à adopter une attitude très lascive, malgré la présence de gens autour.
Je l'ai embrassée, caressée, pendant qu'une autre femme aux cheveux courts nous rejoignait. Je me souviens de son visage, il devait s'agir d'une amie à nous dans  ce rêve, mais qui n'existe pas dans la réalité. Comme si nous vivions dans une communauté débridée... C'était très troublant...
Ce rêve agréable m'a semblé très long, s'étalant sur plusieurs séquences pour remplir toute la nuit.
Je me suis réveillé en sursaut au moment où, revenu à des scènes plus conventionnelles, je voulais prendre mon plus jeune fils dans mes bras et où il se détournait de moi car il ne me reconnaissait pas.

Bref un rêve à la con en fait, plein de symboles foireux qui vous bousillent le reste de la journée avec son lot d'analyses basiques et moralisatrices !
Mais bon. Il demeure que certaines scènes vous restent dans le corps et ont assurément des vertus aphrodisiaques durables qui me donnent envie de savourer, là tout de suite, quelques abricots juteux...


vendredi 9 septembre 2011

Une page de pub...

Parce que mon billet précédent a eu plus de succès que je l'espérais (nan je blague).
Parce que la suite dans les idées m'a donné une idée pour la suite.
Parce que de temps en temps on a le droit de faire une pause agréable.
Parce qu'ici même je me mets trop en scène, et que j'ai envie de mettre un peu mes lectrices en avant (nan je blague :-) ...
Parce que quelques photos valent mieux que bien des mots.
Et que de belles images s'apprécient en silence.
Parce que c'est le tape-à-l'oeil qui fait remonter l'audience, et qu'y a pas mieux que le bouche à oreille pour nous en mettre plein la vue.
Parce que je me laisse aller à la propagande quand elle sert mes intérêts.
Parce que si vous êtes là, c'est que vous avez le cerveau disponible et je ne vais pas me priver.
Parce qu'il me semble que le pubien est au plus mal,
Et qu'à coup de slogans il faut promouvoir son retour en grâce
Ben oui, parce que je serais heureux que les femmes redeviennent plus touffues que touffe-lame,
Je me permets d'interrompre mes programmes pour faire place à...
une page de pubiscité....



jeudi 1 septembre 2011

Comment vas-tu, iode poil?

Quand tout va moyen, qu'on se sent fade, qu'on a l'impression qu'on ne peut plus plaire à personne, que le boulot, ô comble de la déprime, se met à vous passionner à nouveau... Quand on n'a plus d'inspiration depuis des semaines, qu'on suit les actualités à longueur de journée qui vous disent, ô comble de la déprime, que tout ce que vous appréhendiez, craigniieez, dénonciiez, depuis des années est en train de se réaliser ou éclater au grand jour... Bref, quand on n'attend rien de ses journées, dans toute cette grisaille, on finit toujours par tomber, de façon inattendue, en lisant son journal, sur un énième article d'un sujet galvaudé qui fait tilt, et vous remet aussitôt en selle pour galoper, tel un gamin, sur son blog ludique.
Ce thème, un sujet de prédilection chez moi, c'est celui dans lequel je m'ébrouais ici ou .
Cet article, c'est le suivant : http://www.slate.fr/story/43007/pour-qui-sonne-le-poil
Bah oui. Ce thème chatouille en moi toutes les réactions les plus touffues et déracine celui que j'ai dans la main pour me faire reprendre la plume.

mercredi 6 juillet 2011

Impudeur

Faire l'amour à une personne sans s'autoriser à lui dire "Je t'aime", c'est quelque part aussi frustrant que de faire l'amour en restant habillé.
La pudeur a un petit côté excitant au départ... Mais c'est encore plus excitant de s'en affranchir...

vendredi 17 juin 2011

Il pleut, elle mouille...

(je parle de l'eau bien entendu)


Ce n'est pas qu'on n'aime pas le beau temps, mais elle et moi, allez savoir pourquoi, quand il pleut, on est heureux...


La fête à la grenouille, le festival de l'eau, c'est un peu chaque jour, et c'est tant mieux....


Mon jardin me comble... La période aride semble loin derrière.
Chaque jour nouveau apporte son lot de légèretés qui irriguent mon existence, et dans le bien être et le plaisir ma vie s'écoule...


Elle est gouttes, je la goûte
chaque matin au lever du soleil
radieux ou pluvieux.
Elle est la rose que j'arrose,
qui me touche sous la douche...
J'aime ses seins appétissants
comme des fruits sucrés rafraichis
de colliers de perles de rosée...

lundi 9 mai 2011

Secret professionnel

- Vous avez de l'ambition, c'est bien, mais en quoi le fait que je vous parle de l'achat d'un canapé en promotion vous met-il dans un tel état?
- Euh... en rien madame... 
- Ce sera plus confortable pour envisager le passage des échelons, n'est-ce pas... 
- Oui, madame, surtout qu'il semble que cela devienne de plus en plus fréquent.
- Vous le déplorez?
- Oh non madame, ces promotions me flattent.
- Vous avez un profil prometteur, je vois bien que vous êtes à l'étroit dans ce costume !
- Vous trouvez?
- Regardez ici, nous avons manifestement à faire ici à un vice de forme, il va falloir y remédier...
- Mais madame...
- Il n'y a pas de mais... Remettriez-vous en question ma façon de voir les choses?
- Non madame..
- Ne voyez vous pas là qu'il s'agit d'un cas de déformation professionnelle?
- Je ne le conteste pas...
- Alors il va nous falloir déballer tout ça.
- Mais madame, ce membre n'est-il pas tenu au secret professionnel?
- Ah vous n'allez pas me faire les mêmes difficultés à chaque fois... Rien de ce qui en sortira ne filtrera d'ici, vous le savez... Croyez vous que je vais en piper mot?
- Non madame. Même si le canapé n'est pas encore installé? 
- Votre table de réunion a maintes fois prouvé qu'elle faisait l'affaire.
- Bien Madame. Selon le protocole habituel? 
- Non, pas de tirage au sort cette fois ci. Vous me tirerez à pile et face...

(Oui, c'est sans doute parce que j'aime être pistonné que je me sens privilégié d'avoir épousé la Directrice des Ressources Humaines)

mardi 19 avril 2011

Reconnaissance du ventre vs rancoeur du bas-ventre

Un chaud lapin ne mord pas la main qui le nourrit... sauf si c'est aussi la main qui a causé la perte de ses roupettes...
Sa maitresse, pourtant très attentionnée, l'a appris à ses dépens !

Le chaud lapin est ingrat : il n'a pas la reconnaissance du ventre mais a en revanche gardé intacte toute la rancœur de son bas-ventre.
(comme s'il fallait encore prouver qu'entre la quête alimentaire et l'activité copulatoire, cette adorable peluche à grosse tête de têtard a établi une hiérarchie immuable)


La Fontaine aurait pu en faire une fable à méditer...

vendredi 1 avril 2011

Moule marinière


C'est une rousse affriolante
La belle marchande de poissons
Elle a les mains un peu collantes
Et le teint hâlé d' un vieux pêcheur breton
Et tous les jours il la contemple
Décongelant ses maquereaux
Il écoute sa voix qui l'enchante
Plus douce qu'un violon alto

"A la moule à la moule,
Elle est belle, elle est fraîche, ma moule !"
"Oh, ça m'tue !
Le jour j'en rêve, la nuit j'en crève
Comment lui dire qu'j'en peux plus ?"

Car cette rousse impénétrable
Ne vit qu'à l'heure de la marée
Ses denrées sont si périssables
Qu'elle n'a jamais une minute à lui consacrer
Mais quelle conscience de poissonnière
Elle soigne toujours ses bons clients
Quand ils font un peu d'urticaire
Elle rajoute un citron gratuitement

"A la moule à la moule,
Elle est belle, elle est fraîche, ma moule !"
"Oh, ça m'tue !
Elle sent le large, l'iode et les algues,
Comment lui dire qu'j'en peux plus ?"


"Oh vous ma rousse ininflammable
Oubliez donc vos bigorneaux
Mon amour est plus délectable
Que la plus belle moule de Hollande ou de Bouchaux"
De sa jolie voix caressante,
Elle lui dit : "J'vois c'que vous avez
Mangez d'la plie ou d'la limande
C'est très bon pour les décalcifiés"
"Oh! Je pêche dans les eaux troublantes
De l'incommunicabilité."


Ricet Barrier / Les frères Jacques

samedi 26 mars 2011

Le soleil se lèvera (quoi qu'il arrive)

(...)
La fraîcheur de la nuit se fait enfin sentir à travers la fenêtre ouverte, même si l'inévitable moustiquaire nous prive hélas des caresses des rares courants d'air.
Le bain de minuit nous a tout de même suffisamment rafraîchis pour rendre délicieux notre endormissement enlacé.
Sarah est blottie entre nous deux. 
Mon ventre épouse son dos et l'on s'emprisonne les cuisses.
Je mets du temps à distinguer nos silhouettes à peine éclairée par la lumière faiblarde du seul lampadaire du hameau, avant de replonger dans son cou et fermer les yeux.
La mélodie de la châtaigneraie qui nous entoure finit de nous bercer... Les scintillements sonores des grillons et autres bestioles des Cévennes vont bientôt servir de toile de fond sonores à nos jolis rêves.

mardi 8 mars 2011

Usclade nu

"Ciel !", allez-vous vous exclamer en lisant ce titre racoleur, "On ne l'arrête plus désormais !", faisant implicitement référence à quelques récents posts où le vêtement est aussi peu célébré que les messieurs un jour de 8 mars.

vendredi 18 février 2011

Chaud lapin

Figurez-vous que j'ai un lapin, un vrai, dans ma maison (une idée saugrenue de mon épouse : sans doute ne se satisfaisait-elle pas de celui, symbolique, mais tout aussi doux pourtant, qui était déjà dans la place, et sous mes traits vous l'avez compris).
Et figurez-vous que c'est un mâle. Et qu'au bout de 6 mois, un mâle est adulte. Et qu'à défaut de lapine dans son environnement, il se montre un peu trop affectueux avec les enfants.
Et que du coup on l'a fait castrer hier. Et que le pauvre lapin il a du mal à s'en remettre. Il n'a rien mangé depuis hier. Par contre malgré ses cicatrices encore vives, ses ardeurs ne sont pas encore atténuées.
C'est fou non?
Bouffer non, mais b... pas de problèmes. Quel esprit de sacrifice pour honorer son instinct reproducteur !
Foutue tyrannie des gamètes...
Vous vous plaignez, vous les filles, parfois des diktats (et des tic-tac) de la lune.
Mais je me dis aussi que décidément, nous les mâles, nous n'avons pas été gâtés par la nature..

 [Edit du 29/03/2011 pour IVV]
un cliché de la bestiole quand il était jeune et encore innocent !

mercredi 16 février 2011

Le pire piège

Chacun de leur côté, l'un puis l'autre. Ils ont commis l'irréversible.
Souillé et déchiré les draps blancs et purs dans lesquels ils s'étaient drapés pour la vie.
Ils sont tombés dans le piège, dans le panneau, dans la facilité.
Et tout va se compliquer pour eux.
Mais ils l'ont fait en toute conscience, et en toute espérance.
Celle de la fidélité au travers des infidélités.

Leur amour succombera-t-il à l'herbe forcément plus verte qu'ils rencontreront de temps à autre ailleurs?
Ou bien résistera-t-il à tout, maintenant que le risque de tromperie et trahison a été pulvérisé par cette œuvre de dialogue, de bienveillance et confiance?



L'irréversible est-il irréparable?
Ils ont brûlé leur certificat de garantie. Leur titre de propriété.
Les voilà tous deux en proie à la précarité de l'existence. Riches et démunis, nus et indécents, offerts au regard des autres, trop obliques pour être soutenable.
Toujours à moitié caché derrière l'apparence du cocon immaculé, mais bien au fond d'eux mêmes. Pour le moment.

Quelle idée en tous cas de faire voler en éclat un doux cocon qui les préservait de tout... ?
Qui les préservait de tout....    même de l'amour.
La réponse est sans doute dans la question.

Seul l'avenir leur dira de quel côté était réellement le pire piège.
A l'intérieur ou à l'extérieur de la bulle nuptiale, ce cocon hérité de nos ancêtres?


"Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants?
"
J.Brel

mercredi 22 décembre 2010

Sous la ceinture

La légende dit que Gigoro Kano découvrit les principes du judo lors d'un hiver rigoureux, en remarquant que les branches du cerisier réagissaient différemment sous le poids de la neige abondante. Les plus grosses cassaient alors que les plus souples pliaient et se débarrassaient de « l'agresseur » avec souplesse. La voie de la souplesse était née.

Il neigeait beaucoup dehors, aussi je ne pus m'empêcher de penser à cette histoire. J'avais peut-être été un peu trop lourd... Et ce n'est sans doute pas par hasard qu'elle m'avait invité sur un tatami pour résoudre notre différend... Voulait-elle se débarrasser de moi avec souplesse?

Du noir ou du blanc, je n'avais pas le choix. Blanc comme neige à tous les niveaux, surtout quand je la vis nouer sa ceinture. Noire comme sa chevelure de Geisha.

A vous l'honneur, me dit-elle.

Hésitant, je balbutiais une naïve prise en main de kumikata en guise de première offensive.

- Chudan? me dit-elle. Trop timide, trop classique.... Je serai vous, j'enchainerai plutôt Jodan.
Elle prit ma tête et  plaqua ma bouche à la sienne avec une facilité déconcertante.

- A vous de répondre, n'attendez-pas, enchainez sur Gedan !



- Mais madame, nous sommes sur un tatami, jamais je n'oserai vous porter le moindre geste en dessous de la ceinture !
- Eh bien, si vous ne souhaitez pas forcer un principe, contournons-le avec souplesse. Si nous les dénouons et les déposons à terre, quoi que nous fassions, nous resterons toujours au dessus de la ceinture!

Et c'est ainsi que je me pliai à ses volontés. Tout en souplesse....


lundi 13 décembre 2010

Google me prend pour un goujat

L'interface technique de mon blog vient de me fournir une information de la plus haute importance.
Google a redirigé chez moi un gentil internaute qui venait de soumettre à son moteur de recherches l'élégante requête suivante:

"elle surprend sa mere entrain de sucer son copin"

Ni une ni deux, j'ai immédiatement contacté la CNIL pour dénoncer cette atteinte à ma vie privée, et rectifier sur le champ les informations me concernant.

En aucun cas je n'ai été impliqué dans pareille situation.
Tout au plus ai-je accordé mes faveurs à madame, car il faut se montrer aimable et généreux avec Belle Maman.
Mais c'est tout.






Ken Park 2002 Larry Clark
© Pan Européenne Edition 

jeudi 9 décembre 2010

Les jouissances s'honorent...

Mais doivent-elles se faire discrètes pour durer? C'est la question qui se pose après avoir voulu jouer les curieux chez la délicieuse Effrontée.

Celle-ci s'enquiert en effet de savoir si j'ai, en quelque sorte, l'oreille musicale pour les mélodies des corps et si je préfère les vocalises ou les chansons quand elles sont composées par le plaisir des dames.
Les réponses me semblent évidentes car j'ai effectivement l'ouïe hypersensible et peu importe que les figures soient libres ou imposées. Pour peu qu'ils soient sincères et spontanés, les sons se jouent facilement de moi.
Non, cette question soulève surtout un autre dilemme que je vais creuser de ce pas.

Dilemme, c'est le mot.
Car si les yeux sont pour moi la première zone érogène, mes oreilles ne sont pas en reste. Il faut le savoir, les sons du plaisir féminin sont plus qu'un puissant aphrodisiaque : ce sont des ondes qui peuvent me téléporter dans l'orgasme !
Qu'ils soient étouffés, murmurés, criés ou en mots prononcés, ils peuvent provoquer en moi des décharges de plaisir et me faire prématurément rendre les armes.
Mais pas tout le temps. Alors ce n'est pas simple.
C'est un jeu à quitte ou double. Parfois les sons d'une voix en extase me galvanisent de façon interminable, et nous mettent en orbite. Parfois ils précipitent ma chute.

Alors à celles qui se risqueront à croiser ma route pour se laisser aller à quelques mélodieuses harmonies ensemble, sachez que l'intensité de votre plaisir peut être proportionnelle à vos talents de simulation.
Simulez parfaitement votre plaisir si vous n'en avez pas pour abréger vos souffrances. Ou bien taisez-le, avec la même virtuosité, si vous en avez beaucoup et que vous voulez qu'il dure.
Sachant que parfois, malgré vos efforts et votre virtuosité, c'est le contraire qui peut se produire  !
Oui le choix est cornélien, mais enthousiasmant, n'est-il pas?
C'est le principe de la loterie, dans le pire des cas on ne perd pas grand chose, mais quand ça sourit, on s'en souvient longtemps après...  :-)

samedi 27 novembre 2010

Lara Devil et le gars Deschamps.

- Dites, vous n'allez pas me laisser comme ça, sur la paille...
- Nous sommes à la campagne, madame. Tout le monde vit dans le plus complet dénuement ici : les pieuses s'élèvent avec les pieux, telles des princesses savourant de se sentir comme en palais...
- Vos évocations parlent certes beaucoup à mon imagination, mais sans suffisamment assouvir ma curiosité. Je vois que vous déjà pas mal de grain à moudre. Êtes-vous aussi généreux que vous semblez le dire ?
- Disons que quand on sème, on ne compte pas. Prenez en de la graine : quoi que vous désiriez, formulez en la demande, et je vous en file à votre guise.
- Vous me verriez ravie de me débattre et m'ébattre dans un mélange de bon grain et d'ivraie. Pour autant, vous me parlez de corne d'abondance, mais je n'en vois pas la couleur !
- Patience, nous allons justement la découvrir sur le champ...
- A la ville, nous n'aimons pas trainer... Hum, je vous ai un peu secoué, ne vous ai-je pas froissé?
- Il en faut plus pour m'ébranler vous savez. Mais nous y voilà.
 Madame veut-elle bien se donner la peine de dégager le sillon afin que j'y introduise mon soc et que je puisse enfin labourer?
- A la bonne heure. Faites, Monsieur, faites, je ne vous retiens pas !

[Edit du 29/11] les hivers à la campagne peuvent être rudes, mais le campagnard est prévoyant...

mardi 12 octobre 2010

Phénomène physique

 Je la regarde et la déduction me vient soudainement, comme une évidence.
Quand elle est allongée, ensommeillée, apaisée, et que sa chevelure découvre sa nuque et son dos dénudé, c'est à ce moment que cela se produit.
C'en est presque brutal. Comme si une pomme me tombait dessus pendant la sieste. Ça secoue mais c'est une prise de conscience majeure. La découverte d'un phénomène spectaculaire, extrêmement intense.

C'est physique. Il se crée une sorte de champ électro-magnétique palpable, un tourbillon d'ondes qui nous désoriente et nous aspire inexorablement.

Oui, cette position fait d'elle un aspirateur à bisous.
Qui serait capable d'extirper des bisous de n'importe quelle bouche, même les plus rigide, fermées, coincées et les attirer vers son cou.
Je sais, j'ai essayé. Ok, peut-être ne suis-je pas le meilleur cobaye, mais je vous garantis que l'effet est bien réel.

Étonnant, non?

mardi 5 octobre 2010

Vocation

Si un jour vous cassez le miroir de votre chambre à coucher, appelez-moi, pour que je le remplace.

Non, je ne suis pas vitrier. Je suis miroir. Ou en tous cas j'aimerai le devenir.
Que dans mes yeux vous puissiez voir se restituer sans perte la beauté de vos courbes et l'éclat de vos couleurs.
Au coucher, au réveil, au naturel, à toute heure.
Je serai là. Pour tenir compagnie à votre intimité, votre fébrilité, vos angoisses et vos ivresses.

Ni déformant, ni flatteur. Mais constant, sensible, sincère et précis.

7 ans de bonheur en perspective.

Je m'y prépare jour et nuit.

jeudi 23 septembre 2010

Histoire (presque) sans queue ni tête (partie 3 : éloignez-vous de la bordure du quai)

Le train entre en gare... Il va falloir se quitter, même si on serait bien repartis en arrière.

- Là, y a débat, me dit Mme Boutantrin, en regardant par la fenêtre. Le train a beau être très confortable, cela ne peut en rien préfigurer du déroulement du voyage. Je trouve qu'ils s'avancent un peu vite, à la SNCF...
- Oh oui, lui-répondis-je, j'en veux pour preuve que d'une certaine façon ce voyage nous aura autant transportés qu'il nous aura marqués, d'un côté ou de l'autre...


Décidément la publicité ne cesse de nous induire en erreur. Même quand c'est pour vendre des bouquins censés apprendre à nos gamins à ne plus en faire (des erreurs)

Et une pensée émue à tous ceux qui seront privés de train demain :-)

vendredi 10 septembre 2010

Calin d'oeil

Ce sont sans doute mes souvenirs érotiques les plus croustillants.
Des moments magiques où il ne s'est rien passé...
Physiquement quasiment rien. Sauf ces petits quelque-chose, plus ou moins furtifs, insignifiants pour certains, mais qui se révèlent être de vrais miracles pour moi.

Un savoureux mélange d'interdit, de fausse innocence et vraie générosité, cocktail irrésistible pour ma déviance majeure.

Cette jeune femme bien sage de notre environnement familial qui, à la plage, au sortir d'un bain de mer, prend soin de se changer avec beaucoup d'application, discrètement, sans se précipiter. Sans que je sache si je dois attribuer à un heureux hasard le fait que nos positions respectives fassent de moi le seul dans la foule qui puisse admirer toutes les parties de son corps, méticuleusement séchées avant d'être vêtues.
Un hasard décidément généreux puisqu'une autre fois le sort a voulu que, alors que je bricolais accroupi au bas d'un escalier, cette même jeune femme ait été contrainte, pour de mystérieuses raisons, de faire plusieurs allers-retours dans l'escalier. Par étourderie sans doute, il lui avait fallu plusieurs tentatives pour rassembler le nécessaire avant d'aller prendre sa douche et remplacer sa courte nuisette par de plus abondants habits diurnes.

Cette autre jeune fille, blondinette un peu ronde et discrète, rencontrée un jour parmi un groupe d'expatriés en Italie. Sans doute est-ce la discussion qu'on avait développée qui nous avait tant absorbés. Toujours est-il que ses jambes étaient si détendues que, indifférentes au cours de la conversation, elles m'offraient la douce vision de son triangle de dentelle dévoilant sa toison flamboyante. Et mon regard avait été si durablement magnétisé qu'il me fallut plusieurs minutes pour retrouver mes esprits quand le groupe revint briser notre long, prude mais brûlant moment d'intimité.

Ou enfin cette copine de ma femme, entrée en même temps que nous dans le monde des jeunes parents... Qui me fait regretter depuis d'habiter trop loin et ne plus pouvoir facilement passer des weeks-ends chez les uns ou chez les autres. Car toujours elle me gratifiait de "la surprise du dimanche matin". Ces petites surprises plus délicieuses que le meilleur des croissants chauds.
Une simple vision. Diverse ou variée. Mais toujours délicieuse. En toute circonstance. Malgré le parasitage de notre descendance respective.
Une occasion systématique autour du moment du petit déjeuner, d'apercevoir furtivement là un sein savoureux, ici le bas de ses fesses nues sous un long tee-shirt pas assez long quand elle se penche en avant, ou enfin sa culotte trop fine pour dissimuler son minou, rendu encore plus appétissant par sa cuisse relevée sur le lit, lors d'une petite séance de pédicure improvisée et pas forcément justifiée...

Des souvenirs aussi prudes que brûlants disais-je. Comme si l'intuition féminine savait deviner mes faiblesses, ma déviance, mon talon d'Achille, ma vulnérabilité, mon pêcher mignon... Moi qui crois le dissimuler parfaitement en société pourtant. Comme si mon voyeurisme gourmand était la cible idéale de leur exhibitionnisme exquis...
Et finalement n'y a t-il pas dans ces échanges furtifs autant de désir, de transgression, de don de soi, de sensualité que si on avait vécu d'ébats torrides secrets et débridés?

mercredi 30 juin 2010

Le triangle des permutes

Comme si lui et sa guitare parlaient d'une seule voix, sa chanson ne souffre pas de cette modeste orchestration. L'ensemble est si harmonieux qu'on croit entendre les flûtes lointaines de la version originale.
Son interprétation est vraiment surprenante. Il a beaucoup de talent. Autour de feu tout le monde semble hypnotisé par ce bel artiste charismatique, à la voix et au visage gracieux, subtil mélange de finesse et de robustesse.
Je comprends qu'elle ait tenu à me le présenter. Sarah a l'air très amoureuse de lui.

Pourquoi nous chante-t-il cette chanson de Jethro Tull? Celle-là en particulier?
Coïncidence? Ou bien petit clin d'œil commandité par Sarah? C'est en effet la chanson qu'on écoutait en boucle, durant le dernier été de rêve qu'on avait passé ensemble, ici même. Été à la fin duquel elle avait prit la route pour découvrir le monde, ne voulant pas s'engager avec moi. Cette chanson ne pouvait donc que raviver des souvenirs brûlants, et de la tristesse aussi, celle de la rupture.
Ce n'est de toutes façons dans les habitudes de Sarah de mettre des gants quand elle a décidé de (ne pas) faire dans la dentelle... Ainsi à leur arrivée, je n'ai rien laissé transparaître, quand elle m'a demandé en souriant si ils pouvaient s'installer dans la chambre de la maison du triangle-verger. Cette fameuse chambre où elle m'avait fait découvrir le plaisir dans nos premiers émois d'adolescents.

Sarah, égale à elle même. Encore un de ses petits jeux déroutants et déstabilisants. Des allusions cruelles ou impertinentes, à la façon des piques dont elle use depuis toujours avec moi, par affection sans doute...



Sarah a grandi dans le hameau voisin, perché lui aussi à flanc de Cévennes, dans ces maisons encastrées les unes aux autres dans la roche. Dans ces jolis amas de schistes sombres et de granite clairs, égayés par les toits de terre cuite enchevêtrés, recolonisée depuis les années 70 par toutes sortes de communautés originales fuyant le tumulte aliénant des plaines. L'une d'entre elle hébergeait la maman de Sarah.
Sarah et moi, on se voyait chaque été et, arpentant la montagne comme chaque recoin des hameaux, c'est ensemble qu'on a partagé le plus de découvertes, fasciné que j'étais par sa façon triviale de se jouer des barrières et des jougs.

On s'est perdus de vue, tout en restant intimes. Si loin si proches. Comme peuvent l'être deux complices qui n'ont cessé d'alimenter des années durant une relation épistolaire platonique, sans fard, ni calcul. Des échanges aléatoires inusables, des quatre coins du monde, pour faire voyager nos contrariétés futiles ou graves, nos secrets les coquins jusqu'aux moins avouables, fruits de nos entrées en catimini, en dilettante et en parallèle... dans le monde des adultes.
Sarah ne m'a jamais rien épargné, et ne m'a jamais rien dissimulé non plus. C'est ainsi que notre tendre relation est devenue inaltérable.

C'est Sarah qui m'a suggéré l'idée de ces retrouvailles festives dans le hameau familial, et je lui en suis reconnaissant. L'appréhension s'est vite dissipée. Le plaisir et l'ivresse d'être ensemble sont si agréables, que je suis en train de passer une soirée comme je n'en avais pas connu depuis longtemps. Soirées aux effluves de chanvre braisé, envolées musicales, et rires sans entraves. Effervescence des retrouvailles d'une dizaine d'ex-adolescents à peine assagis. Le refrain de la chanson coule de source. Je suis bien.

I'm going back to the ones that I know,
with whom I can be what I want to be.
Just one week for the feeling to go
and with you there to help me
then it probably will.



Sarah me fait penser à une indienne. Elle a le visage un peu joufflu, la peau fine et cuivrée, de jolis yeux sombres rappelant ses épais cheveux noirs. Sa silhouette m'évoque une sculpture en poterie Inca. Je suis toujours sous le charme et me surprends à la contempler amoureusement. Elle est enjolivée encore par le rayonnement du feu de camps et un sourire de bien-être. Je n'ai pas le temps de regarder ailleurs qu'elle me surprend à son tour, et son sourire me fait le même effet qu'au premier jour.

La guitare s'est tue, à la faveur d'une baignade nocturne collective concluant par une fraicheur relaxante cette soirée chaude et bien arrosée. Alors que la plupart des convives sont partis se coucher, Sarah et son musicien reviennent me retrouver près du feu pour se réchauffer. Nous ne sommes plus que trois et Sarah discute longuement avec moi, tandis que son copain qui ne comprend pas très bien le français commence à montrer des signes de fatigue. Alors qu'il se lève, elle le retient en passant la main sous la serviette, et lui caressant les fesses, lui demande de rester. Ils discutent un peu et je vois que ses caresses se font plus coquines sous le pagne du monsieur. Je vois très clairement qu'il se met à bander et je suis troublé.

D'ordinaire je ne suis pas vraiment attiré par le corps des hommes. Mais cette scène me rappelle une autre scène, qui avait eu lieu le premier été passé ici sans Sarah.
Un soleil si écrasant que mêmes les baignades dans le bassin n'étaient plus possibles à certaines heures de la journée. Alors avec cet autre copain du hameau voisin, nous cherchions la fraicheur dans ces vieilles maisons en pierre désaffectées et nous discutions des heures, allongés sur le matelas poussiéreux de la chambre. Nos discussions étaient tôt ou tard polarisées par nos hormones. A parler de filles et de nos premières expériences érotiques, notre émoi devenait si visible qu'il nous apparut naturel de ne plus nous en cacher et d'échanger des caresses. Je me souviens d'avoir branlé plusieurs fois sa queue et c'était bien agréable. Pour une raison qui m'échappe, nous avons fait preuve de retenue finalement. En racontant cet épisode à Sarah dans nos lettres, j'ai fini par regretter de ne pas avoir connu la sensation de son sexe dans ma bouche. Comme si le désir pour ce sexe d'homme n'était arrivé que quelques années plus tard, dans le souvenir d'un moment rendu brûlant par le seul jeu de nos confidences...

Ce soir je ressens à nouveau cette forme de désir, pour le musicien. Un désir qui nait de son désir à elle. Je pense qu'elle le sait, qu'elle a tout prémédité. Je l'observe, elle, et me laisse troubler par le désir qu'elle lui porte.
Les baisers et caresses sont de plus en plus intenses. En accentuant avec son corps l'effet des sensations qu'elle a son contact, j'ai l'impression qu'elle cherche à me faire vivre tout ce qu'elle ressent, qu'elle me met à sa place.

Appréciant ce spectacle, mais plus assez lucide pour évaluer la pertinence de ma présence dans cette si singulière situation, je fais mine de me lever et de leur souhaiter une bonne nuit
- Oh non s'il te plait reste avec nous, me dit-elle, il y a si longtemps que nous n'avions plus partagé de temps présent, profitons encore de ces beaux instants... Je veux que nous "soyons" tous les trois...
"Être trois", pour elle, je sais bien ce que cela signifie. Ce n'est pas tant s'ajouter que se mélanger. Former un à partir de trois.

En disant cela elle se met à branler de plus en plus ostensiblement le sexe de son homme et accroupie, elle finit de se tourner vers moi, laissant tomber sa serviette de bain et écarte les jambes pour me dévoiler son minou déjà bien excité, inégalement éclairé par quelques dernières flammes résiduelles. Je vois ce minou sauvage et expressif, comme s'il suppliait ma bouche de venir le retrouver après toutes cas années pour le faire fondre, comme dans les rêves qui ne m'ont jamais quitté.
Sa bouche gourmande vient désormais de s'emparer de la magnifique queue gonflée de son étalon, et commence à la sucer goulument. De ses yeux elle m'invite à m'approcher d'elle. Alors j'abandonne sans lutter ce joli spectacle visuel pour offrir aussi à ma bouche un festival gustatif et sensuel. Je m'allonge doucement sous elle et lape sa chatte de toute mon envie. Je ne saurais dire si je bande encore, tant il me semble que mon érection à débuté au début de la soirée avec l'évocation de tant de souvenirs, et je ne ressens plus rien.
Tandis que je la butine par monts et merveilles, je ne remarque pas que soudain elle ne tient plus et se relève rapidement. A-t-elle joui? Je ne sais pas.
Elle me fait asseoir à mon tour et m'embrasse alors à pleine bouche tandis qu'elle continue à branler son compagnon, décidément bien résistant. En m'embrassant, elle m'amène tout doucement près de la hampe dressée du monsieur et c'est tout naturellement que cette queue participe à notre baiser.
C'est doux et chaud et je suis très excité par ce contact inconnu pour moi. Elle emplit bien ma bouche et j'ai l'impression que le plaisir électrise toute ma langue.
On reste assez longtemps ainsi dans cet étrange baiser à trois. Puis me voyant de plus en plus gourmand avec ce sexe toujours vigoureux, elle s'écarte tranquillement. Avant que je ne réalise ce qu'elle est en train de faire, elle m'a déjà pris à son tour en bouche. Délice suprême.
Le son des insectes nocturnes se mêle à des scintillements de lucioles et étoiles filantes de la nuit estivale. Mon plaisir mélange toutes les sensations.
Je repense aux paroles de Sarah dans une de ses lettres qui me parlent plus que jamais :
"Se libérer des normes et des interdits, ces barrières que l'humanité a accumulées en chemin pour se protéger des périls. Le temps passe. Les périls passent mais les barrières restent. Retrouver confiance en soi, en l'autre, démystifier les périls, renverser les barrières, retrouver la liberté. Juste savourer la possession de rien et le partage de tout, la distance infinie et la proximité extrême qui nous rendent permutables. Faire en sorte que la vie ne soit qu'une succession de découvertes et de premières fois"

Je suis beaucoup moins endurant que le musicien. Toute cette excitation a raison de moi. La chaleur de sa bouche ayant fait entrer les ondes de plaisir en résonance en moi, je sens les palpitations magiques commencer à crépiter. Cela me fait respirer de plus en plus fort et la voyant redoubler d'intensité, je comprends qu'elle ne craint pas que je me laisse aller jusqu'au bout. A mon tour je reporte cette intensité croissante sur le sexe du musicien. Cela a pour effet de le faire jouir finalement avant moi. Je laisse cette chaleur fluide s'évanouir dans mon corps sans chercher à en comprendre la saveur. Cette sensation inconnue déclenche à son tour mon orgasme abondant dans la bouche de ma complice.

Je suis bien et je pense que la sensation est partagée.
Un petit doute vient quand même hanter mon extase. Je me demande si elle a profité de mes caresses, si elle ne se sent pas trop lésée d'avoir tant donné à deux amants et peut être si peu reçu.
Avant que je n'ai le temps de lui poser la question, son sourire semble me dire qu'elle a été comblée, et que de toute façons, nous n'avons pas fini de d'éprouver toutes sortes de combinaisons, tous les trois dans le grand lit du triangle-verger...





mercredi 16 juin 2010

Ceci n'est pas une chaussure


Vous allez me trouver peut être un peu casse-pied, mais il me semblait opportun de le rappeler.

Bisous de crapaud baveux

(Véro, tu nous écoutes encore? :-)           )

[EDIT du 25 juin : un petit indice musical pour celles et ceux que cette grenouille déroute]


lundi 14 juin 2010

Soyons nature...

On est un couple moderne. Comme souvent le vendredi, je vais faire les courses, et au supermarché bio en plus.
Elle m'a dit :
- "T'essaieras de me trouver un savon de toilette intime, j'en ai plus."
- "Tu crois qu'ils en vendent là bas?"

- "Pourquoi pas, on y trouve de tout... Au pire tu demandes."
- "Oui bien sûr..."


C'est zen les supermarché bio. C'est calme. On a l'impression de faire une séance de yoga pendant qu'on fait les courses. On en ressort plus léger. Ok surtout au niveau du portefeuille.  C'est vrai, c'est très cher, mais il suffit de se projeter cinq minutes à Carrouf pour se décontracter. Sortir d'un magasin détendu et requinqué après avoir fait ses courses, ça n'a pas de prix...

Aujourd'hui, en fait , dans ce magasin, je suis un tout petit peu moins détendu. Je me mets la pression. Sur place, je me concentre pour être le plus efficace et discret possible afin de trouver ce fameux savon sans avoir à remuer ciel et terre.

Zut il y en a. Et cinq marques différentes en plus. J'ai envie d'en prendre un au hasard et filer au rayon des laits de riz. Mais à 60 euros le litre, voilà un choix qui mérite quand même quelques secondes d'attention.
Sans y toucher, à distance respectable, je zoome avec mes yeux en mode discret. 
Je commence à jauger ces petits flacons qui valent autant qu'un grand Bordeaux. Parcours attentif de l'étiquette. Composition, volume, cépages, région de production, tout ça, tout ça...
- "Je peux vous aider?"
Zut mon système d'alerte du détecteur de présence arrière n'a pas fonctionné.
- "Euh oui, enfin non, je cherchais juste un ... " - je relis consciencieusement sur ma liste de courses pour montrer que je ne suis pas le commanditaire mais qu'un simple exécutant - "du gel de toilette intime, mais c'est bon là je crois que j'ai trouvé là..."
- "Ah bah y a celui-ci à l'Aloe Vera, vous pouvez pas vous tromper"
- "En fait c'est pour ma femme, je sais pas trop lequel elle aurait choisi, oui je peux prendre celui là, si vous le dites..."
- "Les autres sont bien aussi, de toutes façons je les ai tous essayés, mais celui là il est vraiment.... " me dit-elle, tandis que son visage s'éclaire de sérénité.
Cette confidence inhabituelle ne fait pas tout à fait disparaitre mon embarras, mais elle me le rend plus agréable. Et comment ne pas suivre pareille préconisation? Je n'en attendais pas tant pour me décider...

Ah, le monde change... Et que moi j'aime quand on chasse le galop et qu'on revient au naturel...

jeudi 10 juin 2010

Le latex, c'est très très sex

Silhouette longiligne, combinaison intégrale ultra-moulante...

Formes brillantes et saillantes.



Je ne m'attendais pas à la croiser ici. Elle ne m'a pas semblé très effarouchée.


Elle n'a même pas daigner me regarder.



Et n'a pas même pas bronché quand j'ai demandé si je pouvais la photographier.
N'a semblé ni ravie, ni gênée.
Elle a juste continué sa route, comme si de rien était...


mercredi 2 juin 2010

Parentaise enfanteuse (vs parenthèse enchantée)

 Billet super sage aujourd'hui.

7 ans de (petits) malheurs, 7 ans de (grand) bonheur.  7 ans que ça dure.
7 ans que c'est dur. Qu'on ne voit pas le bout, parce que comme au tarot, quand on a trois bouts, ça change la donne.
Dans le monde d'emploi officiel, qui décrit les grandes étapes d'une éducation réussie, il est écrit que "Tout se joue avant 6 ans".
 
C'est pas faux. Par contre on est d'accord, hein? Avant 6 ans, on ne parle pas d'éducation, hein, on parle de dressage. Ou de façon plus actuelle, de formatage.

mardi 25 mai 2010

Bla-bla, frou-frous, miam-miam (double langage labial)

Elle : Voulez-vous bien poser votre regard ailleurs, jeune malotru !
Moi : ...
Elle : Vous m'incommodez, vous n'êtes pas drôle pour deux sous.
Moi : ...
Elle : Je sais, de dessous il n'y a pas. Mais que croyez vous? Que je vais vous laisser faire?
Moi : ...
Elle : Vous m'entendez? Comment dois-je le dire, si vous restez sourd à toutes mes injonctions.
Moi : ...
Elle : Vous ne répondez pas? Vous êtes muet? Vous ne savez pas vous servir de votre langue?
Moi : Si Madame. Vous le savez bien.
Elle : Pourquoi insistez-vous, alors?
Moi : Ah que j'aime pétrir vos contradictions quand vous tenez ce double langage. Et je sais très bien ce que vous voulez !
Elle : Comment pouvez-vous dire cela. Que savez-vous de ce que je veux?
Moi : Vous le savez bien, Madame. L'amour rend aveugle, mais il ne m'empêche pas de lire sur vos lèvres.
Elle : Il est des lectures que je ne vous autorise pas, Monsieur ! Vous êtes bien impertinent !
Moi : Je souris à vos lèvres qui disent non, en façade, Madame, et vous savez bien que je vais sans plus attendre offrir ma bouche à vos lèvres qui disent oui, en toute intimité...

mercredi 12 mai 2010

Bécotages d'aujourd'hui

Une fille de sept ans, ça vous rend gaga un papa.
Je l'entends fredonnant du Brassens tout en bouquinant, et ça m'émeut aux larmes.
Le plus incroyable, c'est que c'est spontané. C'est même pas son ringard de père qui lui a fait du bourrage de crâne. Non, elle le chante de son propre chef.

Après l'émotion, vient le temps de la fierté.
Elle a du goût, me dis-je gonflé d'orgueil. C'est bien la fille à son père...

Après la fierté, vient le temps de l'analyse. Les temps changent, mais les chefs d'oeuvres traversent les époques sans s'altérer, en restant intactes...

Enfin intactes, je dois bien convenir en tendant l'oreille qu'on doit envisager peut-être quelques dérogations. En effet la voilà qui chante le refrain en articulant académiquement :
"Les amoureux qui s'tripotent sur les bancs publics, banc publics, bancs publics...
En s'foutant pas mal des regards obliques..."

Oui les temps changent... et c'est sûr, c'est bien la fille à son père....

vendredi 7 mai 2010

Histoire (presque) sans queue ni tête (partie 2 : occasion à ne pas manquer)

Le train repart, j'en profite pour récupérer le magazine que le monsieur d'à côté a laissé sur son siège.
Je l'ouvre et commence à regarder les photos de voitures rutilantes chevauchées par des poupées improbables, échappées sans doute d'un célèbre calendrier destiné à vendre des pneus.
Je dois être fait d'un drôle de bois, d'une mécanique atypique, car tout ça ne me fait aucun effet.
Je pense à mes collègues qui, l'année dernière, sur un coup de tête, sont partis faire la queue pour admirer ce genre de créatures au zoo salon de Genève. Ils ont roulé des heures pour s'entasser dans les hangars d'une sorte de concessionnaire automobile géant. C'est quelque chose de mystérieux pour moi. J'ai fait mine d'avoir trouvé ça enviable comme expédition. S'aventurer dans le Pirellik Park doit certes être impressionnant, mais allez savoir, un tel monde imaginaire, ça n'a pour moi qu'un intérêt limité.
Me voilà en train de méditer sur le plaisir que l'alliance visuelle de la femme plastique et de la voiture mécanique peut procurer au mâle. Avant même que je puisse élaborer la moindre hypothèse, la voix douce d'une dame souriante me fait sortir de ces songes.

- Excusez-moi de vous déranger, puis-je m'asseoir ici?
- Mais bien sûr lui-répondis-je, en libérant le siège de quelques affaires qui débordaient.
- C'est vous que je dérange car vous comprendrez bien que dans ce wagon, je ne pouvais pas demander cela à quelqu'un d'autre.
- Je comprends bien, Madame.
- Tiens, vous avez de drôles de lecture !
Madame Boutantrin avait manifestement envie d'entamer la conversation.