jeudi 27 octobre 2011

Stupeur et craquements

Je sors de chez une créature qui m'a fait craquer.

Je la trouvais si belle, en entrant. Un charme inespéré dans ce contexte.
Je l'ai saluée, avec la suffisance de celui qui exhibe son portefeuille comme pour mettre en avant son rang de client à soulager. Je lui ai souri avec le regard du souffrant, annonciateur des caprices auxquels elle devrait se plier.
Mais mon sourire s'est vite crispé.
Ça n'a pas fait un pli.
Elle n'avait pas l'intention de se soumettre.
Et quand c'est moi qui fût plié, j'ai vu su que ce n'était pas de rire.
Après m'avoir malaxé les fesses, au point de les retrousser, elle m'a serré dans ses bras, si fort que mon regard s'est détourné.
Comme sous l'effet d'une pression inédite.
J'ai failli tourner de l'oeil mais elle m'a ressaisi.
Ne jouez pas les détachés, me dit-elle, ou je vous mets en pièces détachées.
Moi j'essayai de rester de marbre, tandis qu'elle faisait en sorte que ma colonne retrouve la ligne.
Elle cherchait manifestement à me faire tourner la tête.
Je n'y étais pas opposé. Mais pas disposé non plus.
Elle m'a dit, d'un air menaçant : je déteste qu'on me résiste quand j'ai décidé de faire tourner la tête d'un homme.
Je n'aurais pas dû résister.
Mon sang n'a fait qu'un tour. Mon cou aussi.
Je lui ai donc emboîté le pas, pendant qu'elle ré-emboîtait ma tête.
Puis m'a repoussé en me laissant à terre.  Comme disloqué.
Elle a réclamé son dû, et m'a tourné le dos sans demander son reste.
Elle m'a fait craquer vous dis-je.

Je suis reparti, le coeur brisé, et le reste aussi.
Oui. Elle n'était pas très psychologue.

La prochaine fois, il faudra bien que je m'assure que je vais chez une ostéopathe psychologue, et non une ostéologue psychop...

lundi 24 octobre 2011

Quadrature du triangle

Dévaler quatre par quatre,
Un escalier par quatre chemins.
En ce jour d'avril deux mille quatre
Ça n'est pas tous les quatre matins

Convertis comme deux Henri IV
Épris d'amour pour leur catin
Un verre de vin sous licence IV
T'a offerte à notre quatre mains

Tu étais belle à quatre pattes.
Du haut de nos mètres quatre vingts
Pour le plaisir, pliés en quatre
N'en reste plus que ces quatrains...

lundi 17 octobre 2011

Des étranges fluctuations du règne animal...

J'ai mille choses à penser.
Et encore plus à faire.
Des chats à fouetter.
Rien à battre. Autant à cirer.
Bref je n'en ai que faire.

Mes pensées ont dépassé ma pensée.
Constatant au loin que tu es celle qui les a semées.
Et je m'accroche à ce passé dépensé sans compter,
Pour essayer de les rattraper, pour essayer de me rattraper.
A tes yeux.
Vouloir que n'en aies que pour moi.
T'assiéger s'il le faut.
Un jour nous finirons par nous récolter.


Tout est très prévisible.
A posteriori.
Le cycle de l'évolution nous ramène à l'origine.
Strate primaire.
Le reste est secondaire.
Grandeur et décadence.
L'esprit vacille. Seul le corps résiste.
Et il parle.
Basique.
Il te parle.

Mon regard t'enveloppe, te déshabille.
Juste envie de lécher tout ton corps.. intégralement....
et te baiser ensuite... longuement...
Empoigner ta chevelure, mordre tes épaules, ton cou...
te culbuter avec régularité et vigueur...
M'enivrer du rythme envoûtant du clapotis de mon bassin heurtant ton cul, et des ornements mélodieux et lancinants de tes gémissements...

dimanche 9 octobre 2011

Le coup de la panne...

A vingt ans, il m'est arrivé de faire le coup de la panne.
Complice de ma monture simulatrice, j'emmenais ma passagère sur des chemins de traverse.
Avec plus ou moins de succès.
Le septième ciel n'était pas toujours à l'arrivée.
Mais il m'obligeait à progresser dans la débrouillardise.
C'était prévisible, mais plutôt bien rôdé.
Le véhicule était fébrile, mais ma mécanique infaillible.
Ma copilote se laissait tomber dans le panneau.

Maintenant que je n'ai plus vingt ans, on pourrait penser que tout ça c'est de l'histoire ancienne.
Mais non.
Car de coup de la panne il est à nouveau question.
Cependant, l'âge aidant, je dois bien l'avouer, le coup de la panne se produit désormais à l'insu de mon plein gré...
Oh, point de griefs à l'égard du véhicule. L'âge aidant, disais-je, signe d'embourgeoisement, le véhicule est devenu infaillible : rien à voir avec les bagnoles d'occases de ma jeunesse.
Non aujourd'hui, c'est la mécanique qui me trahit. Ma mécanique intime.

Sans doute pour voyager loin n'ai-je pas assez ménagé ma monture. Mais peu importe.
Me voilà au pied du mur, la gravitation faisant remarquer à tous que l'instrument n'indique pas la bonne direction.
Pourtant le désir est là, tout semble fonctionner. Je ne sais pas ce qui se passe au niveau de la courroie de transmission. Sans l'aide du moindre cric pour faire prendre de la hauteur à l'ensemble, j'ai l'air tout penaud.


Alors me ressaisissant malgré tout, je dois faire mine d'avoir l'air dégourdi et m'improvise en mécanicien de fortune.

Première étape, me débarrasser de mon orgueil, si étouffant qu'il entrave tous mes gestes. Ensuite, me préoccuper de rassurer ma passagère avant qu'elle ne se sente obligée de me rassurer, moi. Occuper le terrain pour ne pas lui ouvrir une fenêtre par laquelle elle pourrait décrocher son téléphone et demander à Europ Assistance de se faire rapatrier sur le champ.

Je marche sur des oeufs. Non, lui promets-je, ce n'est pas lié à ce qu'elle a dit, ce qu'elle a fait ou n'a pas fait. Elle n'y est pour rien. Mais ne pas lui dire non plus que ça aurait pu arriver avec une autre (même si ça aurait été vrai). On ne va pas laisser à notre imagination le soin de spéculer sur des substitutions. Ce n'est vraiment pas le moment.
Ne pas s'appesantir non plus sur la fréquence de ce phénomène. Évoquer l'accident d'une rareté extrême lui mettra sous le nez l'injustice de cet événement qui lui arrive à elle et rien qu'à elle. Lui dire que cela arrive très souvent vous transformera à ses yeux en impuissant usé à oublier au plus vite.
Bref, ne pas faire que comme si de rien était. Mais ne pas en faire tout un plat non plus. Prier pour ne pas être trop à l'ouest, à défaut de faire preuve de subtilité.

Une fois le silence rompu avec ce protocole de communication digne des messages d'information de la SNCF, il est temps de passer à l'action. Place au silence à nouveau, et retroussons nous les manches.
Car finalement après tout, tout comme il existe bien la journée sans voiture qui nous rappelle tous les autres plaisirs des déplacements alternatifs, on ne va pas se priver pour explorer tous les autres chemins de traverse, hein?

Et là ça peut partir dans tous les sens.
Alors je ne vais pas me priver.
La belle en tous cas ne se fait pas prier.
Elle a accepté de prendre son mâle en patience.
Pendant que lui se démène tout feu tout flamme.
Dans tous les sens disais-je.

L'invitant aux joies du palais, lui faire constater que si l'étendard est en berne, il n'en est de même avec ma gourmandise.
Et moi de la toucher, à l'oreille. La suivre, au doigt et à l'oeil.
Me montrer mélomane. Après quelques arpèges délicatement prodigués un peu partout pour la faire vibrer en harmonie, jusqu'à en perdre la résonance, l'assaillir d'accords plaqués pour la pousser dans les cordes. Puis humer sa fleur à plein nez pour la garder le plus longtemps en bouche jusqu'à ce que l'ivresse se libère.

Point n'est besoin de se hâter, bien au contraire. Voilà une réparation qui gagne à perdurer. Point d'empressement à voir la situation se redresser.

Enfin, si, pour mon orgueil.
Qui se met justement en jubilation de voir le sémaphore envoyer le signal que tout de même, on a enfin remonté la pente. Le bon tronc à cou lisse s'est à nouveau redéployé.
On se retrouve sur l'autoroute bien connue où le piston entêté s'exprime sans états d'âmes dans la culasse bien huilée. Dans un doux ronronnement qui nous fera vite oublier les éparpillements du début.
C'est sûr. De quoi flatter mon orgueil, pas mécontent de s'éloigner de ces lacets sinueux dignes de la virtuosité d'un eunuque. Oui, un eunuque, ce martyr condamné à compenser son handicap par d'autres talents, et que mon orgueil admire tout en souhaitant ne pas être assimilé à lui.
Tout vient à point qui sait attendre, nous dit donc mon orgueil, gonflé par quelques bouffées de testostérones mal contenues. Bref, tout vient au point qui sait se tendre, pour résumer.
Ouf l'honneur est sauf ! croit-il au fond de lui même. De cet incident mécanique il ne restera plus rien au petit matin. Occultées, volatilisées, effacées par mes inoubliables chevauchées viriles...

Mais tandis qu'il pavane comme un paon oubliant sa panne, mon orgueil se voit à nouveau déstabilisé, désarçonné, dérouté, lorsque la belle, reprenant sa route solitaire au soleil levant, me glissera à l'oreille de sa voix sirupeuse : "Dis, la prochaine fois, tu me feras à nouveau le coup de la panne?"

lundi 3 octobre 2011

De la confusion consensuelle...

C'est malheureux quand même. On a beau se vouloir généreux, ambitieux, original...
La sanction est sans appel.
Je dois me rendre à l'évidence.

Mon amour pour la fourrure ne passe pas.


Mon discours courageux et atypique n'est pas compris, ou du moins il ne suscite pas l'adhésion.
Mon offre de service totalement gratuite et désintéressée a fait un flop.
Ma Founny campagne fait un bide. Elle avance pussy, poussa, bref de façon trop poussive.
Ma rencontre avec les françaises est un rendez-vous manqué.
Hairy n'a pas rencontré Sally.