mardi 10 avril 2012

A-quoi-bonisme, casse-têtes et têtes à queue..

"Où mènent ces routes devant moi?
Où vont ces trains que je ne prends pas?
Les bateaux qui partent me laissent sur le quai
je commence à être fatigué..."

Encore des mots empruntés à Moustaki (cette fois ci je vous épargne ma bande-son originale :-), qui résument si bien mon état du moment...
Etat de spleen, de découragement, d'à-quoi-bonisme..
A quoi bon continuer à écrire sur ce blog somnolant?
A qui puis-je être utile?
Qui puis-je rendre heureux?
A qui puis-je faire plaisir?

Je voudrais me donner à tout le monde et pourtant je fuis la foule.
Je voudrais donner du temps que je n'ai pas.
Donner de la sensualité que l'isolement gaspille.
Je voudrais donner tout ce plaisir qui se perd dans mes accumulations solitaires.

Envie de séduire, mais je n'en ai pas les moyens.
Envie de plaire, mais je n'en ai pas l'apparat.
Envie de faire jouir, mais je suis trop loin.

La vie est courte, l'attente est longue.
On aurait tellement préféré le contraire..

Dur de voir ce temps si rare, si précieux, me filer entre les doigts.
Dur de voir ces mots, ces récits, ces confidences, ces partages autour de moi, que je ne peux saisir au vol.
Dur de voir ce temps passé à résoudre des casse-têtes quand je préférerais pimenter ce temps d'agréables têtes à queue...

16 commentaires:

  1. Les " à quoi bon ?" Ne servent à rien même si comme toi Je les utilise parfois.
    Ce qui est plus embêtant c est de laisser filer le temps en remplissant chaque espace vide sans se laisser le temps de se poser et de ressentir . Ce blog te permet cela . Continue le usclade. Même si c' est en solitaire .
    Plein de baisers volés au nez et à là barbe de ceux qui te prennent ton temps

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Dita. Oui, ici je ne me mets pas de pression, et c'est même une bonne soupape ! (voire un échappatoire pour mes vapeurs :-)

      Supprimer
  2. Le temps n'est jamais perdu. Il est, tout simplement. J'aimerais souvent vivre plus pleinement, plus intensément. Faire fi des contraintes, des emmerdements, des incompréhensions, du temps qui passe... J'écris, je lis aussi beaucoup. Les hauts et les bas se succèdent. Les plaisirs et l'attente des plaisirs... Le temps perdu n'est jamais perdu. Allez! c'est le printemps! Lâche pas la patate! Ne nous lâche pas!!! Je t'embrasse.
    La sardine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Marie :-) Pour prolonger ce que dit plus haut, non je ne vais rien lâcher, sauf éventuellement un peu de vapeur (je ne perds pas la patate et puis j'aime bien les patates vapeur :-)

      Supprimer
    2. Des bises, homme lointain (géographiquement, que tu dis)... :o) Et de douces pensées !

      Supprimer
    3. Merci à toi, R des terres lointaines :-)

      Supprimer
  3. Il y a les jours avec et ceux sans.
    Parfois ces jours s'éternisent et nous semblent être vains.
    Continue, on est là à te lire quand le temps nous le permet, un peu comme toi.
    Il y a l'hiver mais aussi le printemps et l'été.
    Je te souhaite un hiver moins rude que le mien.
    N'oublie pas de regarder ces petites fleurs qui éclosent là tout à côté de toi, profites de ces moments. Bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci NoO, en ce temps de giboulées, l'instabilité des avec et des sans, des hauts et des bas, s'accentue, mais oui, les fleurs sont bien là :-)

      Supprimer
  4. Tu dis, exprimes, expliques et analyses les choses si bien, que souvent, je ne trouve pas les mots pour y répondre !
    Mais là... je proteste : d'accord avec tous tes paradoxes, que je respecte, et, dans une certaine mesure, comprends (comme bien des blogueurs je pense)... Mais il y a quand même un grand "n'importe quoi" :
    "Envie de plaire, mais je n'en ai pas l'apparat." !
    Ton apparat ne manque de rien il me semble...Et l'apparat perçu par les autres dépend beaucoup de ce que l'on dégage... Alors, tsss, tsss, tsss, "envie de plaire mais pas forcément d'assumer jusqu'au bout", oui, peut-être (et les raisons en sont respectables), mais sinon... ne nous sers pas des salades comme ça, l'air de rien !!!
    Non, mais, avec ces beaux parleurs, il faut se méfier, moi j'vous l'dis !!!
    :)))
    Bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Comment ça elles sont pas bonnes mes salades? J'ai aussi des patates vapeur :-)
      Plus sérieusement, je voulais exprimer ce sentiment d'impuissance, cette impression de me sentir loin de tout, de ne pas pouvoir m'impliquer, de me sentir prisonnier de mes contradictions et de ce fait, ne pas me sentir attrayant... Une expression de découragement temporaire très fréquent chez les blogueurs en effet, qui d'ailleurs sont vite reboostés par les commentaires bienveillants tels que le tien... Merci :-)

      Supprimer
  5. Les "A quoi bon" sont comme les bras ballants, les épaules voûtées ...Temporaires sauf si l'âge nous y contraint ce qui est loin d’être ton cas et si je sais que ton sens de l'humour peut sembler te sauver de bien des situations, ce n'est pas tout et bien plus fort est l'amour des autres et de tout ce qui t'entoure qui te fera sauter toutes ces barrières qui au moment où tu as écrit ton post, te paraissaient plus ou moins infranchissables.
    Si la distance est trop grande, ta sensibilité trop à fleur de peau, ta confiance en toi mise à mal, car par là même, ta confiance en l'autre, dis toi que la vie nous laisse toujours le temps, l’envie et les moyens de détourner les obstacles ...Chaque jour nous offre un joli clin d’œil
    Bisous ensoleillés

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je prends tes bisous ensoleillés avec beaucoup de tendresse... Oui je comprends d'autant mieux ce que tu dis que c'est mon réflexe pour ne jamais être réellement désespéré... Toujours se souvenir que le désespoir ne résiste pas au temps, que la vie reprends vite ses droits, et ses saveurs...

      Supprimer
  6. Il faut sans doute que, quelque temps, tu écoutes un peu moins Moustaki...
    Dans de tels moment, j'aime bien relire Gougaud. En voici deux extraits, que je te dédie.
    "Il est des routes qui vont au feu, d'autres aux cimes, d'autres aux villages. À chacun la sienne. J'ignore ce qu'est la pureté, mais je sais que la folie est de ne pas suivre sa route."(L'Inquisiteur)
    "Ainsi les hommes traversent les jours et les nuits du monde, cherchent et parfois trouvent pour quelle oeuvre ils sont un instant venus." (Bélibaste)
    A te lire encore...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ces extraits, en général effectivement j'aime toutes les destinations qui m'enrichissent toutes à leur manière.. Et d'autre fois la paralysie liée au découragement est une voie sur laquelle je me laisse aller sans résister, ne serait-ce que pour apprécier l'agréable amertume de la mélancolie...

      Supprimer
  7. Bonjour Usclade,

    J'ose un commentaire un peu tardif,en reprenant les mots de Chilina :

    "Si la distance est trop grande, ta sensibilité trop à fleur de peau, ta confiance en toi mise à mal, car par là même, ta confiance en l'autre, dis toi que la vie nous laisse toujours le temps, l’envie et les moyens de détourner les obstacles ...Chaque jour nous offre un joli clin d’œil."

    Ne vous arrêtez pas à des "impression", à des moments de vide voire parfois d'incompréhension, j'ai le sentiment qu'effectivement vous avez une sensibilité à fleur de peau, prenant les choses et les individus trop à coeur, et parfois malheureusement c'est à sens unique (qui n'a pas connu cela !).

    Mais ne vous arrêtez pas à cela, même si chez vous, cet état d'esprit soulève quelques interrogations, ayez foi en vous et continuez votre petit bonhomme de chemin.

    N'oubliez pas, demain est un autre jour (sourire) !

    Un très bon dimanche à vous,

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Orchidée,
      oui c'est mon moteur et mon talon d'achille, ma force et ma faiblesse. Ce qui m'anime et ce qui m'anéantit. Mais je préfère continuer à en jouer, et je me relève dès que je me suis reconstitué jusqu'à la prochaine chute... Je me connais, connais mes limites et ma résistance, j'ai confiance. Je suis un impatient qui ne tient que par la conviction que le temps n'a pas de limites, contrairement à nous...

      Supprimer

Les mots sont plus beaux quand ils ricochent dans une discussion... Rebondissez et faites tourner !