jeudi 28 juin 2012

Canadienne (2)

Prenant notre petit déjeuner sur la terrasse, je savourais l'ambiance de vacances estivales en contemplant Marisa, et elle me le rendait bien. De longs cheveux châtains à peine ébouriffés par une longue nuit de sommeil, le joli teint de sa peau presque mate faisant ressortir la clarté de ses yeux, et pourtant, malgré notre complicité naissante, fruit de notre providentielle promiscuité et d'une attraction mutuelle pas complètement surprenante dans le contexte, je ne semblais pas nourrir de quelconques arrières-pensées, ni avoir conscience de la magie discrète de cette situation. On ne peut pas dire pourtant que j'étais coutumier de ce genre de proximité, ni que j'étais, à l'époque, insensible aux charmes féminins... Mais c'est comme si un auto-censure inconsciente manœuvrait mon esprit pour chercher à contrôler la situation...



Un soir vers la fin du séjour, elle profita d'une soirée un peu arrosée entre copains, organisée en vue de son départ, pour s'autoriser un ou deux verres, et dans l'euphorie, fondit en larmes dans mes bras pour me demander pourquoi je lui manifestais tant d'indifférence. Je tombai un peu des nues, et ne trouvant pas mes mots, je ne pus contrôler un réflexe, pourtant prévisible, mais qui moi m'étonne encore... Bref, au long baiser passionné que je lui offris en guise de réponse, elle comprit que sa crainte était plutôt infondée... Notre étreinte dura le reste de la soirée, sous les yeux médusés et sans doute agacés de mes copains et de ma sœur qui se retrouvaient tout à coup exclus de notre champ de vision, voire même de notre conscience... Avec le recul, on devait assister sans doute à une scène caricaturale entre deux tourtereaux, innocents et attendrissants de naïveté...

Alors que la soirée semblait toucher à sa fin, profitant d'un moment d'isolement, Marisa, me trouvant sans doute trop timoré pour un french lover, m'avoua qu'elle n'avait jamais autorisé un garçon à lui caresser les seins, mais qu'avec moi elle avait confiance... Je compris le sens caché de cet aveu et nous pûmes savourer alors ensemble tout le plaisir de ces caresses inédites pour elle...
Ainsi la suite fut une jolie progression d'innocence amoureuse, comme celles qui arrivent rarement dans une vie...

Il fut difficile de nous séparer, mais dans la maison familiale, elle dormait à l'étage dans la chambre de ma soeur et moi en bas et, bien que ma soeur fut complice, bienveillante et arrangeante, de notre secret, on ne pouvait pas trop en demander non plus... Il nous restait deux journées à passer ensemble avant son départ par dessus l'atlantique, et il fallait gérer à la fois notre passion et la discrétion vis à vis de mes parents, ce qui n'était pas chose aisée...

Nous profitions néanmoins de chaque minute d'intimité volée pour s'échanger qui d'une caresse, qui d'un baiser... Nos étreintes devenaient de plus en plus passionnées, et nos sexes se cherchaient bien souvent à travers nos frêles vêtements. Elle m'avoua son inquiétude à l'idée de faire l'amour, sa peur de la grossesse, le fait de se sentir encore trop jeune. Je l'acceptais très bien, j'appréciais déjà beaucoup nos moments d'abandon, enflammés mais sages finalement.
Le temps d'une sieste clandestine pourtant, constatant que son désir devenait trop brûlant, je lui proposai de lui prodiguer quelques caresses douces et intimes pour la soulager, auxquelles elle consentit sans résister...
Retirant sa douce culotte de coton, sans même avoir laissé à mes mains le temps de caresser sa douce toison légère et juvénile, ma bouche vint la gober dans toute son intimité et je la sentis toute entière se cambrer pour que je l'embrasse plus profondément encore... Elle était délicieuse, et l'entendre gémir en se tordant de plaisir m'excita au point que je bandais à atteindre la jouissance en me frottant contre le lit... Sa jouissance libéra la mienne...
Elle s'en rendit compte à quelques contacts humides qui suivirent un long câlin tendre. Émue et rassurée par ma confirmation qu'un simple contact par l'épiderme pouvait pas la mettre enceinte - ce que j'attribuai à de la fausse naïveté pour sauver son image de jeune ingénue plus qu'à une réelle ignorance - nous nous endormîmes l'un contre l'autre....

Le soir, la veille du départ de Marisa, j'avais réussi à tromper la vigilance de mes parents, en restant caché à l'étage, alors qu'ils me croyaient couché en bas. Marisa et moi avions toute la nuit pour nous aimer, sur le grand matelas du grenier...
Marisa m'attendait, nue... Quand j'entrai, elle écarta les jambes en me demandant "fais moi jouir, encore !"
Je ne sais combien de temps je l'ai sucée, le temps était suspendu, comme dans un paradis pas si artificiel que ça...
"Tu me gates, et tu n'es pas récompensée" me dit-elle... " Je voudrais la voir..."
Sans que j'ai eu le temps de lui répondre, sa main caressait déjà ma queue bandée à travers mon caleçon.... Je lui sortis sous les yeux et la vis rougir. C'était sans doute la première fois qu'elle voyait le sexe d'un homme. Elle commença à le toucher, le caresser, le branler maladroitement... Alors je guidai sa main jusqu'à ce que son mouvement devienne ample et naturel, puis la laissa faire, sentant le plaisir naissant, mais hésitant à me laisser aller jusqu'au paroxysme du plaisir, autant par pudeur que par l'envie de la prendre...

Rétrospectivement je pense qu'elle avait aussi envie de faire l'amour. Mais finalement j'ai invité sa main à rejoindre la mienne et on s'est serré fort dans les bras l'un de l'autre. Je lui dis qu'on était si bien comme ça. On a beaucoup parlé, se disant qu'on s'écrirait tous les jours, qu'on retraverserait l'océan dès que possible... Comme si on rêvait les yeux ouverts pour évacuer ce rêve au plus vite. Quand le sommeil nous gagna, c'est comme si le retour à la raison, le dégrisement avait commencé. On se dit un au revoir plein de tendresse, de respect et d'amour sans doute. Rayonnants à la fois d'espérance et de résignation du lendemain qui serait un autre jour, tout en regagnant nos lits respectifs. Faisant craquer l'escalier en redescendant, qui m'aura sans doute définitivement trahi vis à vis de mes parents, mais ils ont toujours fait mine que non.

Je n'avais volontairement pas pris de préservatif avec moi ce soir là. Parce que je crois que je n'étais pas sûr de vouloir être son premier. Parce que je n'étais pas trop sûr de ce que je représentais pour elle et de ce qu'elle représentait pour moi. Parce que le cadre nous donnait aussi sans doute un étrange parfum d'inceste. Ou bien parce que j'étais déjà son premier sur plusieurs plans et que c'était déjà si beau. Je crois qu'on était comblés tous les deux, et qu'aujourd'hui encore, on ne garde que de beaux souvenirs de tout cela...





15 commentaires:

  1. C'est mignon et attendrissant, les amours adolescentes, et vous les contez très bien :)

    Par contre, je suis surpris par l'inexpérience de Marisa. Je croyais que toutes les Canadiennes suçaient des eskimos depuis leur plus jeune âge!

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    1. Merci Quadramatique, oui c'est mignon et attendrissant et je donnerai cher pour retrouver ces sensations dans ma vie d'adulte parfois..

      Euh pour l'expérience de Marisa, il faut savoir que c'est une canadienne du sud. Son père est latino, sa maman australienne je crois, donc sa proximité avec les eskimos est purement théorique. Je la soupçonne d'ailleurs d'avoir dissimulé le tempérament de feu de ses origines sous une fausse pruderie - très british - d'adoption.

      Et moi trop naïf, trop sage, je n'ai pas cherché à la bousculer !
      Que voulez-vous, c'est bizarre, un garçon. A 14 ans, ça ne sait pas embrasser une fille sans essayer de lui toucher les seins, à 18 ans ça ne sait pas toucher les seins de la fille qu'il embrasse... :-)

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    2. Je suis d'accord, moi aussi j'aimerais revivre ces moments. Et en plus, à l'époque, les filles me laissaient toucher leurs seins... Tempi passati *soupir*

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    3. Mais il ne tient qu'à vous de revivre de tels moments...

      C'est une bien belle histoire. Moi qui fut si ingénu à cet âge, à ne rien voir de ce qui me tournait autour, j'imagine mieux tout ce que j'ai pu rater. Mais je me rattrape, y compris en moment si joliment naïfs !

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    4. Tu as bien raison d'en profiter !
      Mais euh, justement le problème, c'est que ça ne tient pas qu'à nous (ou disons que quand on prend des décisions unilatérales, par exemple toucher les seins de celle qu'on désire, on risque en général de se prendre une jolie torgnole :-)

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  2. C'est mignon comme tout votre histoire de découverte!
    (maintenant je comprends mieux pourquoi votre si belle canadienne du sud me semblait plus douée pour l'approche du kangourou que de celle de l'eskimos)

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    1. Mais au delà de ces questions d'ascendances australes ou boréales, comprenez vous qu'il y ait de quoi être nostalgique? :-)

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  3. J'ai pas tout lu. Comme chez Quadra... Désolée
    Une belle prose mais j'ai un cerveau paresseux. Je crois avoir compris que tu avais 14 ans et que tu avais une copine et que vous n'avez pas fait l'amour. C'est ça?
    Ben, c'est juste normal, non??
    Moi, je suis européenne pas du tout familière avec les eskimos glacés et à 14 ans, j'étais pur comme l'eau d'Evian.
    Nostalgique??? De quoi??? Tu l'aimais? T'as envie d'une nana sans expérience?

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    1. Tss Cristina, un peu moins de mauvaise volonté là tout de même !!! Il faut que tu relises attentivement ce texte, ou bien je vais finir par fermer les commentaires à tous ceux qui fêtent de façon trop poussée les victoires de l'équipe d'Espagne :-)

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    2. Y a pas de mal de Cristina, tu es pardonnée !

      (et j'intercéderai en ta faveur auprès de Titouan pour qu'il fasse preuve d'une certaine clémence quand il te prodiguera le châtiment que tu mérites (quand même) :-)

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    3. dis donc, tu ne serais pas un peu prof dans les interstices toi? Hein?
      C'est curieux comme "fait preuve de mauvaise volonté" m'a rappelé des joies scolaires! lol!... Mais je dois avouer que tu as raison, je suis de mauvaise foi et j'ai beaucoup de mauvaise volonté. Mais je suce bien, à ce qu'on dit... alors, j'ai droit à mes petits châtiments jouissifs tout de même.

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    4. Tu veux dire qu'à l'école tu t’abstenais de lire les textes en entier, bref tu négligeais l'écrit, en te disant que tu avais d'autres moyens de compenser, notamment à l'oral?

      Moi en tous cas je ne suis pas prof, ni dans les interstices, ni autour, et j'aime bien les filles de mauvaise foi... :-)

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  4. A la différence de ma coloc' (Emma), je préfère ce blog à l'autre :-)... ça fait un équilibre à nous deux! En tous cas bravo! deux blogs!! et puis... beaux avec ça!

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    1. Merci Cristina.. Au moins y en a pour tous les goûts...
      Mais les filles, vous êtes décidément insaisissables. Moi qui cherche la recette universelle pour les séduire, la route est encore longue..
      Tu veux dire qu'Emma et toi c'est un peu le jour et la nuit, le rouge et le noir, chat noir chat blanc, la rose et le réséda, le marteau et l'enclume, etc, etc? (et inversement) :-)

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