mardi 22 septembre 2015

Beauté en touche

Oui mon nombrilisme et ma superficialité me navre.
A mon corps défendant je m'offre en pâture au regard de tout-un-chacune, je narcissise, contournant avec malice les lacunes de ma beauté, pour en atténuer les bâtons qu'elles me mettent dans les roues...
Pardon ! :-)
Ne nous voilons pas la face.. les relations humaines sont noyées d'interférences visuelles et d'artifices de séduction.
Elles sont troublées, floutées, déformées par l'image...
L'image est source de fascination, d'illusions, d'interférences...

La beauté est une essentielle superficialité.
Pourtant, on s'accordera à dire que la beauté n'est pas l'objet du désir. La beauté n'est qu'un catalyseur, un accélérateur de désir.
Sans la beauté, le désir met plus de temps à venir. Et comme on est des gens pressés, ça constitue un obstacle très fréquemment rédhibitoire..
Personnellement je suis patient, et j'ai même tendance à fuir les personnes qui ont un "capital beauté" bien supérieur au mien, car je sais que nous ne serons jamais sur le même rythme..

Avec Internet, nous entrons dans une nouvelle dimension, l'ère des rencontres "sur critères", l'ère des ouvertures de "books" préalables à toute formule de politesse.
Je ne compte pas le nombre de personnes avec qui j'étais en contact qui ont interrompu nos échanges, parce que physiquement je ne casse pas des briques..
Outre les petites griffures à l'orgueil et le sempiternel refrain du "on ne peut pas plaire à tout le monde", je me dis qu'il y a un truc qui cloche. Si l'on ne se fie qu'à l'image, froide et statique, sans même essayer de découvrir un charme insoupçonné, un trait d'esprit craquant, ou un son de voix agréable, que recherche-t-on au fond ?

N'est-ce pas là le symptôme d'une urgence narcissique à traiter, qui fait de l'autre un simple instrument pour apaiser un mal être, dont la fable de Cendrillon semble être l'illusoire métaphore?

Aussi, j'ai un petit pincement au cœur quand je pense à toutes ces personnes en quête d'une beauté éblouissante censée leur redonner leur éclat, mais dont on peut craindre qu'elle ne soit que l'éphémère flash d'une goujate lumière aveuglante, laissant aussitôt place à une nouvelle sombre déception...


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Épilogue

On raille souvent Paulo Coelho pour multiples raisons, n'empêche que ce qu'il reprend d'Oscar Wilde dans l'Alchimiste, et bien ça fait partie des petits récits les plus pertinents que je connaisse...

L'alchimiste connaissait Narcisse, ce beau jeune homme qui allait tous les jours contempler sa propre beauté dans l'eau d'un lac. Il était si fasciné par son image qu'un jour il tomba dans le lac et s'y noya. A l'endroit où il était tombé, naquit une fleur qui fut appelée narcisse.

Mais ce n'était pas de cette manière qu'Oscar Wilde terminait l'histoire. Il disait qu'à la mort de Narcisse, les Oréades, divinités des bois, étaient venues au bord de ce lac d'eau douce et l'avaient trouvé transformé en urne de larmes amères.

« Pourquoi pleures-tu ? demandèrent les Oréades.

• Je pleure pour Narcisse, répondit le lac.

• Voilà qui ne nous étonne guère, dirent-elles alors. Nous avions beau être toutes constamment à sa poursuite dans les bois, tu étais le seul à pouvoir contempler de près sa beauté.

• Narcisse était donc beau ? demanda le lac.

• Oui ! Qui mieux que toi pouvait le savoir ? répliquèrent les Oréades, surprises. C'était bien sur tes rives, tout de même, qu'il se penchait chaque jour ! »

Le lac resta un moment sans rien dire, puis :

« Je pleure pour Narcisse mais je ne m'étais jamais aperçu que Narcisse était beau. Je pleure pour Narcisse parce que, chaque fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses yeux, le reflet de ma propre beauté. »






















































9 commentaires:

  1. Je vous félicite Usclade pour ces vérités. La quête de la beauté, la sienne ou celle des autres qu'importe.... tout comme vous j'ai réalisé, les annees passées, que cette quête était non seulement vaine mais le plus souvent cachait un mal être profond.
    Bravo pour vos mots qui m'ont touchée.
    Orchidée

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    1. Merci Orchidée.. Heureux de vous revoir ici.. J'espère que votre quête initiale, à défaut d'être couronnée de succès, vous a permis de découvrir d'autres pistes de sérénité en chemin...

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    2. Heuuu je m'interroge encore aujourd'hui lol !

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  2. C est a partir du moment ou l on ne cherche plus rien ....que l on trouve tout......

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  3. Pffff, fichu internet où l'esprit et la beauté du cœur ne prend pas (je ne critique pas, je suis la première à faire des tris ultra rapide. Quoique j'ai laisser tomber le net aussi pour les rencontres)

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    1. Ah ? Tu ne fais plus de rencontres ou tu fais des rencontres dans la vraie vie ? (mode rêveur..)

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  4. Le fond du sujet et l'intention sont d'intéressantes voies de réflexion, mais entre "un physique qui ne casse pas des briques" et la laideur, la vraie, celle qu'on porte comme un fardeau, il y a un monde.

    Je suis contente de lire que tu ne connais pas cette vague de désespoir qui te submerge quand le premier regard qu'on pose sur toi va du dégoût à l'effroi. Quand même les plus athées se disent que les dieux ont chercher à te punir en t'imposant un tel physique.

    C'est vrai que "la beauté ne se mange pas en salade" ou "ce qui compte, c'est ce qu'on a au fond du coeur", mais de qui dit-on "il (elle) a une vraie tête d'assassin" ? À qui cherche-t-on (trouve-t-on) des excuses pour une même faute ? À la personne au physique avantageux ou à celle au physique monstrueux ?

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  5. sincèrement, je ne vois pas où est votre problème... sinon à ne pas prendre du recul par rapport à ce qu'est un site de rencontre au risque d'y laisser un peu de votre âme

    je suis une grande amatrice de photo d'hommes mais pas de sites de rencontres, voire de réseaux virtuels, (je préfère ce que vous appelez la "vraie vie") donc il me manque certainement quelque chose pour comprendre

    enfin quand je parle de photo d'hommes, c'est de nu (ou demi-nu) artistique bien sur !

    je ne suis pas naïve au point de croire que les hommes qui s'affichent nus sur le net -et surtout sur un site de rencontres- le font pour l'art (mais il y en a quand même) ni prétendre que mon regard n'est pas dénué d'une certaine dose, voire d'une dose certaine, de voyeurisme !

    donc parlons d'abord de "beauté"
    mon oeil n'est pas spécialement attiré (ni satisfait) par la beauté dite académique, ou si vous voulez que je précise, le type de morphologie masculine que l'on trouve chez Mappelthorpe par exemple. et à croire beaucoup de mes amies, elles partagent mon idée qu'on ne sait pas trop ce que l'on ferait d'un tel homme ! (cela dit, ayant eu dans ma jeunesse une appétence pour les athlètes aux physiques de dieux grecs, je sais surtout ce que l'on ne peut pas faire avec !) donc rassurez vous, la beauté n'a pas grand chose à voir avec la sélection

    ensuite, intéressante pourrait-être l'idée que l'on recherche dans l'autre un idéal (de beauté, d'apparence) en miroir de soi-même. serions-nous donc si égoïstes ?

    il y a une légère amertume dans votre propos. peut-être révélatrice de la brutalité du mode de sélection, qui me semble amplifié par le net. aussi je vous pose la question assez triviale : si au lieu que cela se passe par écran interposé, vous vous trouviez à passer autant de temps et devant autant de partenaires potentielles, dans un lieu ad hoc, spécialisé pour les rencontres, si ça pouvait exister, et que vous ayez le même type de réaction, auriez vous la même amertume ? par exemple encore, une sorte de speed dating où vous seriez ainsi éliminé après un simple regard... à vrai dire, cela revient au même qu'une élimination "non merci" sur un site, non ?

    pour ma part, je pense que le virtuel ne fait que donner une résonance un peu plus aigue à ce qui se passe dans la "vraie vie", une attirance qui existe ou pas, et surtout une disponibilité qui tient bien plus au pur hasard qu'à la superficialité du regard et de la sélection, et à votre beauté !

    de toute façon, pour ma part, je ne suis pas tant intéressée par la beauté que par la masculinité mais... c'est qui est un autre débat, n'est-ce pas ?

    (j'ai failli écrire la virilité, mais d'aucun prenant le mot au sens littéral, j'évite désormais d'utiliser le mot, ayant reçu plus qu'à mon goût de photos de ... virilités !)

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