Quel est donc le ressort de notre morale qui nous pousse à décrier la fille facile, le coureur de jupons et autres esprits volages, et nous les fait regarder de travers, quand on ne les met pas dans le même panier?
On peut comprendre que les comportements "consommateurs", prédateurs, collectionneurs, zappeurs dérangent, car ils incarnent, chez moi en tous cas, une vision minimaliste des relations humaines, peu propice avec le respect et l'épanouissement de chacun.
Mais tous les comportements dits "frivoles" ne sont pas du même acabit. Il est intéressant de creuser les tenants et les aboutissants de cet amalgame. Et de détricoter la mécanique de nos réflexes de jugements. Cela en dit long sur nous mêmes.
Pourquoi l'exclusivité amoureuse est-elle considérée comme une vertu, quand toute autre approche serait à classer au rayon des vices, du blasphème?
Sans doute faut il y voir bien sûr notre formatage culturel... L'héritage de siècles d'organisation de l'ordre social par les religions. L'humain faible et pécheur ne trouvera son salut qu'en se consacrant à sa moitié, durant sa vie entière. Jamais il ne cédera à la tentation de trahir cette vocation. Tout comme le religieux se consacre à Dieu, lui jure fidélité et dévouement total. En amour, il est de bon ton de se "consacrer" exclusivement à son partenaire, comme on rentre dans les ordres. L’étymologie du mot est d'ailleurs éloquente.
Consacrer : du latin consecrare(« rendre sacré en dédiant aux dieux ; reconnaître comme ayant un caractère sacré ») qui donne cunsecrer, « dédier à Dieu ».Mais la sacralisation de l'exclusivité amoureuse est cependant sans doute plus profonde.
Je ne crois pas que ce soit la religion qui ait fait l'homme à son image, mais l'homme qui a fait la religion à son image. Or l'homme, cet animal primitif capable du meilleur comme du pire, a depuis toujours un problème avec le "partage".
Il ne partage que sous la contrainte. Et bien souvent il consacre tout son génie, son énergie, son temps à se mettre en situation de ne pas partager.
L'humain contemporain, bercé par les sirènes de l'individualisme consumériste qui flatte ses caprices, au point qu'on pourrait le rebaptiser homo infantilus, semble d'ailleurs plus que jamais pris dans cette spirale.
Il va préférer dépenser de l'argent à construire porte, serrure, cadenas, clôture et portail, plutôt que partager son espace, son bien, et désarmer les envieux. Il peut s'endetter pour le restant de ses jours, pour posséder par anticipation.
C'est humain dira-t-on, l'homo infantilus veut posséder, pour avoir la pleine jouissance d'un bien, d'une personne. En droit, propriété et jouissance d'un bien sont implicites. En économie, la propriété est source de privilèges, de rentes, de captation de la richesse d'autrui. Les brevets d'Apple et les taux d'intérêts des investisseurs nous le rappellent chaque jour. La propriété est le Graal. La dîme est de retour sous de nouveaux habits, la féodalité, d'actualité.
Cette obsession de la propriété devient telle que l'humain en oublie parfois la jouissance. Posséder lui suffit. Posséder le fait jouir.
Ce n'est pas la moindre de ses contradictions. L'humain aime posséder, il est prêt à tout donner pour cela.
Cela s'applique aussi à sa vie amoureuse.
Bref l'humain n'aime pas partager, cela lui en coûte un bras. Qu'il s'agisse de biens ou de congénères. Et moi le premier.
Partager, c'est difficile.
Oui. Et non.
Et ce pour les raisons suivantes.
Partager, c'est prendre des risques.
Oui.
Il faut savoir faire confiance. Or le danger vient de partout dans ce monde.
Pour faire confiance il faut dialoguer, comprendre, cultiver un climat de confiance. Bref, être disponible pour cela. C'est si rare dans nos courtes vies. Mais justement, autant saisir les occasions.
Partager, c'est galvauder, dévaloriser, banaliser.
Oui. Et non.
La propriété a l'avantage d'entretenir la pénurie organisée, l'inaccessibilité, de maintenir la rareté, la préciosité. S'offrir plus souvent des moments précieux grâce au partage les dévalorisent-ils? Non, si on prend soin d'affiner notre sensibilité pour ressentir pleinement en quoi ces moments sont tous uniques, tous précieux, et ainsi ne jamais se lasser.
Partager, c'est se restreindre. Partager, c'est se priver.
Oui. Et non.
Voilà le faux-semblant classique. Le trompe-l'oeil habituel. La porte ouverte que j'enfonce, parce qu'on tombe encore dans le panneau. Moi le premier.
Au niveau matériel, nous vivons dans un monde saturé dont on cherche à occulter les limites, en courant encore comme des hamsters dans la roue chimérique de la "croissance", en vénérant le progrès technologique comme la providence garantie. Un monde qui a pour principal moteur le désir, le "toujours plus", mais produit désormais surtout toujours plus de déchets et frustrations. Un monde pour lequel je ne vois qu'une seule issue souhaitable désormais : le partage. Partager, c'est décloisonner. S'ouvrir de nouvelles perspectives, dans l'échange, la connexion à nos vrais besoins.
Dans les rapports humains, l'analogie est forte. L'assouplissement des esprits vis à vis des moeurs, l'amélioration de la condition féminine, les mouvements d'émancipation de l'individu nous font toucher du doigt les limites du couple.
Que le couple soit un territoire explorable à l'infini est une chose, que cela suffise à l'humain en est une autre. Tous les témoignages recueillis ci ou là montrent l'usure du désir, la lassitude, la sensation d'étouffement induit par l'enfermement, le confinement auxquels la notion de propriété nous a conduits. Les murs protègent. Mais ils entravent également.
Sécurité et liberté ne font pas bon ménage, surtout quand la sécurité s'appuie le découpage de l'univers en propriétés exclusives et "excluantes". L'humain a besoin des deux, chacun pourra doser comme il l'entend, mais il est temps d'admettre que tous ne sauraient forcément sacrifier la seconde au bénéfice de la première.
Alors il ne s'agit pas de découper le monde entre les sédentaires et les nomades du coeur, mais acceptons d'abandonner l'obligation morale de nous consacrer à une cause exclusive, même aussi belle que l'amour, en prétendant que c'est pour l'éternité. Que chacun le vive comme il l'entend. Nous ne sommes pas tous biologiquement programmés je crois pour transformer notre vie en sacrifice divin et sacré. Et les seules choses que nous pouvons consacrer de façon fiable sont des séquences temporelles.
Abandonnons nos jugements à l'emporte-pièce sur ceux à qui transgressent les barrières de l'exclusivité. Ils ont peut-être accepté de passer de leur plein gré à "l'inclusivité". L'art de concilier. L'art de réunir par le "et" plutôt que diviser par le "ou".
Je suis de ceux là. Je suis tout, sauf infidèle à mes amoureuses. Je ne les trompe pas en consacrant mon temps à l'une puis à l'autre, si je n'use pas du mensonge, si je ne trahis pas mes engagements. Je ne leur fais pas d'infidélités si nous mettons en commun notre liberté et si nous restons à l'écoute sur la durée.
Et surtout, j'accepte que chaque amante me partage et se partage avec d'autres, que d'autres lui apporte ce que je pourrais aussi -ou pas - lui apporter , il n'y a pas de rang à tenir, ni de performance à atteindre, de cotation à maintenir, de classement à surveiller. Nous ne sommes pas des biens de valeur, notre vie sentimentale n'est pas un marché. Oublions toute idée de propriété. Il n'y a pas de meilleur respect de la personne que de n'appartenir à personne et que personne ne vous appartienne.
Restons juste dévoués corps et âme. On pourra ainsi continuer à se dévoyer, et s'envoyer, en l'air, tout en gardant les pieds sur Terre...
La propriété c'est le vol !
RépondreSupprimer' part ça, j'ai bien mal où il se doit hi hi... et concrètement, ça fait encore plus mal à la tête...
Je devrais peut être distribuer gratuitement des doliprane à la sortie de la lecture de mes billets... Mais bon, tu pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenue ! :-P
SupprimerHeu..je ne sais pas par où je dois commencer , sourire.
RépondreSupprimerJe ne reconnais pas l'humain que tu décris, enfermé dans ce monde matérialiste et égoïste qui tu décris aussi sur ton autre blog. La société de consommation, on y participe..ou beaucoup..ou un peu.Perso, j'ai choisis le un peu, on est tout de même au 3ème millénaire lol.Le Graal, pour moi, c'est le temps accordé aux autres, comme pour d'autres avec qui je partage les mêmes valeurs et très franchement , je ne vois guère de danger autour de moi, peut-être ai-je confiance, comme tu dis, dans l'humain.Prendre le temps d'être à l'écoute de l'autre tout en sachant se centrer sur moi-même, là est mon équilibre.
"Les murs protègent", je le pense fondamentalement mais dans un mur, on peut faire des portes et des fenêtres qu'on ouvre ou qu'on ferme selon le temps.
Le couple monogame que tu décris est bien noir, certe, tu trouveras des témoignages qui vont dans ton sens, je peux te trouver aussi des témoignages, disant non, ce n'est pas facile, mais nous y croyons et nous ne regrettons rien malgré les années qui passent.
Oui, on peut prétendre que l'amour c'est pour l'éternité. Vas-tu t'engager auprès de quelqu'un en te disant, que de toute façon, ça ne durera pas ? Voudrais-tu créer une famille sur ces bases-là ? Après, si on change d'avis, ben c'est pas très grave, mais penser que l'amour peut être éternel, ce n'est pas une tare non plus.
Tu l'auras un peu compris, rires, je fais partie de ces personnes qui , amoureusement ou sexuellement, ne peut se donner qu'à un seul (tant que la relation dure).
Je n'y vois aucun sacrifice, ni enfermement, ni pour moi, ni pour l'autre. Et ce n'est certe pas pour la morale que je pense ainsi, on ne m'a pas formatée, je "suis" ainsi comme beaucoup d'autres. Ca n'empêchera pas de me planter peut-être mais c'est ma nature profonde.
Tu es fidèle à toi-même dans tes convictions, je suis fidèle à moi-même dans les miennes et si je tolérais un partage de mon partenaire dans une relation amoureuse, je ne serais tout simplement pas moi, je ne serais pas bien dans ma peau.
Quant au partage amoureux ou sexuel en général, je reste bien dubitative.. Pour l'instant, ceux de mon entourage(pas tous mais beaucoup) qui ont crié haut et fort qu'on ne les y reprendrait plus (divorce ou vie de couple difficile), qui s'essayent au polyamour ou qui se font frivoles..retombent bien souvent dans la monogamie pour retrouver une "stabilité", un point d'encrage(je ne parle pas du matériel).
Ca m'interpelle, cette quête de liberté et qui finalement n'a pas apporté ce qu'ils recherchaient.
Je crois que ce qui m'embête dans ton post, c'est qu'il ne soit guère écrit en "je" ,sourire.
Je le trouve trop généraliste.
(Oh oui, frappe-moi avec le Bibendum !) ;)
Bah j'ai quand même pas mal utilisé le "je" il me semble, mais oui il y a des formulations maladroites car généralisantes ou porteuses de jugement, ce qui n'était pas mon intention. C'est le problème quand on veut faire contre-poids à une généralisation, de tomber dans une généralisation opposée...
SupprimerPour répondre en détail :
- oui je vis dans un pays si invivable, que même les gens pourtant à l'aise financièrement ils veulent le quitter, pour obtenir l'asile économique dans ton pays :-)
- je suis pour l'éternitude et contre l'éphémérité, j'ai trois enfants dont je resterai éternellement le père, et dont j'espère aimer éternellement la mère. Comme je suis comblé à ce niveau là, je n'ai jamais envisagé de fonder une famille complémentaire ailleurs. Mais vu que ça peut se produire très souvent dans le cas des divorces, il ne me semble pas insurmontable dans la vie d'un homme d'avoir des enfants de mère différentes, comme cela ne semble pas traumatiser plus que ça leurs enfants, aussi je n'irais pas jeter la pierre à ceux qui auraient des familles recomposées tout en ayant réussi à ne pas les décomposer via un divorce douloureux.
- loin de moi l'idée d'imposer la polygamie comme norme à la place de la monogamie. Ceux qui s'épanouissent durablement dans la monogamie ont bien raison, ça simplifie les choses et tant mieux pour eux. Après tout les monogames sont des polygames comme les autres, c'est juste que leurs amoureux sont au nombre de un. Et heureusement ils restent encore majoritaires (officiellement :-)
- bien entendu, le phénomène de balancier fait brûler ce qu'on a adoré la veille quand on agit en réaction contre quelque chose. La liberté qui n'offre que précarité finira par recréer un vif besoin de sécurité et de stabilité, c'est évident, et donc retour à la case départ, jusqu'à ce que l'enfermement redevienne étouffant, et etc...
- enfin mon bibendum est trop petit pour que je puisse te frapper avec. Dommage :-)
C'est le second texte que je lis et je me pose toujours la même question... Mais où veut-il en venir? Qu'en est la finalité? J'ai beau lire les commentaires je ne saisi pas vraiment...
RépondreSupprimerDéjà il y a cette notion de "fille facile" c'est quoi une fille facile? Existe t-il une sorte d'attitude féminine qui veut qu'une femme qui est sous le charme d'un homme décide en âme et conscience "ok, je le veux mais je vais attendre qu'il me courtise suffisamment..Va parti pour 3 ans!." ? :P
Ensuite, je pense qu'il est normal pour un homme ou pour une femme de prendre un peu temps pour évaluer si les attentes des deux partenaires sont les même sans être "difficiles". ^^ à vous lire on croirait que la "fille dite facile" dit oui à tout le monde... C'est possible? Vous imaginez la galère?!
Après tout ce que vous développez autour de la "possession", la fidélité ou l'infidélité pour la part j'ai un autre regard... Je pense que l'histoire sentimentale, l'amoureux ou l'amoureuse que l'on peut être évolue avec le temps... Je comprends tout à fait qu'à 18 ans l'on soit fusionnel, que l'on ne jure que par la monogamie... Qu'à 30 ans qu'on veuille prendre un amant et s'exciter dans son mensonge puis dans la quarantaine vouloir assumer ses actes, vivre les choses pleinement. Mais je pense qu'il nécessaire de faire son cheminement, de connaître ces différentes émotions. Soyez-en certain même si aujourd'hui j'ai une grande ouverture d'esprit, je ne conseillerais pas ma fille le libertinage à 18 ans! Non!
Pourquoi? Bon, on va faire simple, mon catholicisme me l'interdit. ^^
Vous réagissez au billet précédent sur la première partie de votre commentaire? Ce billet était destiné à nous aider (en tous cas à m'aider) à affiner mon regard sur les gens qui sont qualifiés (souvent péjorativement) de faciles par d'autres. La seule chose que je peux dire, c'est qu'on est taxé de facile en fait quand on a des liaisons sexuelles qui déplaisent aux autres, pour de diverses raisons au choix (trop multiples, trop rapides, trop mal choisies, etc....)
SupprimerJe voulais infléchir ces jugements lapidaires en montrant au contraire les vertus et l'attrait de la liberté de prendre du bon temps quand on sait s'affranchir du regard des autres.
Pour ce qui est de la question de la possession, je suis parfaitement d'accord avec vous pour laisser à chacun faire son cheminement et ne pas imposer aux autres une voie obligatoire, en particulier pour mes enfants. Ce n'est pas pour des histoires de catholicisme, quoique, mais par respect du libre-arbitre de chacun, le droit de disposer de sa vie comme il l'entend. Par contre j'apprendrais à mes enfants à élargir leur regard sur la notion de fidélité, de respect, d'épanouissement.. Je souhaite leur éviter de tomber dans les dogmes, et contribuer à leur donner assez d'ouverture d'esprit pour accepter les moeurs des uns et des autres, y compris les miennes si jamais ils les découvrent un jour...
bonsoir,
RépondreSupprimermême si je penche plus du côté d ' Emma, pour ce qui est de la limite que doit se fixer le couple, je pense que chacun doit pouvoir obtenir de l'autre de vivre de belles choses en dehors du couple, mais il me semble que vous oubliez un paramètres, celui du partage des expériences, importantes pour moi, pour maintenir un équilibre dans le couple, ce n'est pas une question de propriété par principe, mais d'un accord pragmatique pour que cela reste vivable pour tous ; je n'accable pas les gourmands, même si je ne les comprends pas, je n'accable pas les gens fidèles, je leur dis juste qu'on peut voir l'adultère d'une manière différente. Moi je suis au milieu, j'aime ma femme, encore plus quand elle baise, et je veux en profiter, ou plutôt je veux qu'elle me le rende possible parce que je partage sa sexualité, et pas celle d'une autre, c'est un ciment du couple, comme la logique économique d'un foyer. Nos chemins manquent de lumière je trouve !
Bonjour et bienvenue ici Graindorge,
Supprimerje suis globalement d'accord avec votre propos, si tant est que je l'ai bien comprise, dans la mesure où je crois que ce que je peux vivre ailleurs contribuera à m'épanouir et on en bénéficiera tôt ou tard ici. C'est ce qui m'a fait écrire que le partage était plus un vecteur d'enrichissement que d'appauvrissement
Pour vous c'est un épanouissement sexuel dont vous vous "nourrissez" à travers le vécu de votre compagne (si j'ai bien compris).
Pour mon épouse au contraire elle ne veut rien connaitre de mon jardin secret charnel, mais aime me voir comblé et détendu, séduit, courtisé... Cela lui donne une image de moi qui lui convient mieux, plus avantageuse, cela la tranquillise de me voir ainsi, bref on est mieux que lorsqu'on vivait "enfermé" l'un avec l'autre, avec nos frustrations respectives, on se sent plus équilibré désormais.
Ce qui est fondamental, c'est la confiance et la complicité.
Un autre aspect aussi fondamental chez nous : on ne s'évade pas dans l'adversité. Quand on traverse une passe difficile (contrariété, dispute, soucis autres) on se serre les coudes jusqu'à retrouver de la sérénité et que les aventures extra-conjugales puissent recouler de source.
Qu'entendez-vous par "nos chemins manquent de lumière"?
"il n'y a pas de meilleur respect de la personne que ne n'appartenir à personne et que personne personne ne vous appartienne" C'est mignon...
RépondreSupprimerMais Dieu que c'est bon d'entendre sous la couette "Elle est à toi..." ^^ [je suis d'humeur lubrique. :)]
Tout à fait, ce qui se passe sous la couette n'est pas forcément souhaitable à vivre dans l'espace public, et réciproquement...
Supprimer"Prends-moi", "Je me donne à toi", "Il me possède", "Je suis à lui", les expressions sont nombreuses qui nous disent combien il est agréable et grisant d'être possédé en amour, c'est évident. Mais passé l'ivresse de la passion ou les jeux érotiques, ces expressions appliquées dans la vraie vie deviennent plus problématiques..
Sinon, bien entendu, sous la couette, bien sûr, elle est toute à vous ! :-)
L'humain n'existe pas. Il n'y a aucune nature humaine, nulle part dans l'histoire ni sur la planète. Il me semble que ce qui est écrit correspond aux humains occidentaux.
RépondreSupprimerSi non, moi, je me demande bien pourquoi le couple (la complicité et tout ça) semblent si importants aux fidèles, aux infidèles, aux lubriques, aux pas lubriques...
Enfin, hélas pour les idéalistes et les théoriciennes et théoriciens, le rapport à autrui ne relève pas d'un décret personnel. La relation amoureuse, a ceci de particulier, c'est qu'elle échappe partiellement à l'esprit. En gros, on peut être ultra open dans sa tête sur le "partage" (quel vilain mot s'agissant d'être humains, mais bon, j'ai rien de mieux tout de suite) et crever dans son coeur ou dans son ventre. Dans notre société, à ma connaissance, on n'élève pas les enfants pour l'amour à 3 ou 4 ou pour voir la personne qu'on aime s'en aller faire l'amour avec quelqu'un d'autre un soir par semaine...
Bref, je ne suis pas pro-théories mais plutôt pour voir vraiment ce que vivent les gens et comment ils le vivent.
J'aime pas écrire des trucs comme ça! rire!
Oui, si j'avais été rigoureusement rigoureux et honnête, j'aurais écrit : "les personnes qui adoptent sur tel ou tel critère un comportement proche de celui que j'estime être le comportement actuel dominant", mais c'était un peu long, alors je l'ai remplacé par "les humains", c'était plus court :-)
SupprimerJe te rassure, moi non plus je n'aime pas les grandes théories et en général j'ai horreur de ceux qui parlent ou qui pensent pour les autres, mais quand je ressens quelque chose, j'essaie d'exprimer la logique qui m'amène à penser de telle ou telle façon, et je me permets de décrire les liens de cause à effets que je crois déceler, même si je dois pour cela procéder à des raccourcis contestables. Je ne prétends pas avoir raison, mais au moins ça alimente des débats éclairants, en tous cas pour moi...
Bon, et quand j'écris "oublions", certes c'est conjugué à l'impératif, mais il faut le lire comme une invitation, hein, pas comme un décret... :-P
Sur la base de ces éclaircissements, cher collègue, nous pouvons ouvrir la discussion sur l'intérêt de changer de partenaire sexuel dans le cadre d'une relation amoureuse et conjugale stabilisée et fondée sur la monogamie. je vous laisse le soin d'exposer vos arguments. :-)
RépondreSupprimerOn se fait un colloque entre gens bien pensants des milieux autorisés dans lesquels nous nous sommes introduits? Bonne idée, j'arrive ! :-)
SupprimerJ'aime bien suivre les pérégrinations de votre pensée, même quand on ne sait pas toujours où vous allez. Peut être que vous cherchez seulement, comme chacun de nous, un art de vivre le plus sereinement possible en accord avec vous-même.
RépondreSupprimerVotre point de vue n'est pas très conformiste, tant mieux ; oui je pense également qu'on vit dans un formatage culture qui doit évoluer.
Si le polyamour vous permet de retrouver l'équilibre dans votre couple, je trouve ça formidable. Respect, même, parce que ça demande une sacré dose d'anticonformisme et de générosité dont je me sens incapable.
D'autres, comme moi, ont choisit de reprendre une liberté qui leur réussit bien. Une vraie résurection. Et si je reprends un jour une vie de couple monogamme, ça ne sera pas par défaut ou par déception (cf commentaire d'Emma), mais par choix. Comme le dit justement Vellini, on évolue. Pour moi la vie est faite de séquences.
Tant mieux pour ceux qui s'épanouissent dans la monogammie sur le long terme, mais j'en connais pas personnellement...
Et puis j'ai aussi 2 enfants, de jeunes adultes amoureux et très inquiets de voir tant de couples se séparer ou se tromper. Je leur dit toujours de foncer car peu importe la durée pourvu qu'il y ait l'intensité.
Enfin, le plus important, c'est de pas se raconter d'histoires bien sur ...
Merci Coccinelle pour ce témoignage bien complet qui résume bien les enjeux et les limites de la question... Chacun doit effectivement traverser les différentes phases, sans chercher à en faire l'économie sur la base de témoignages ou autres théories, car c'est à chacun de vivre, ressentir les choses, et se faire son opinion. J'espère aider mes enfants à y parvenir, de loin, en ne bridant pas leur curiosité et leur ouverture d'esprit..
SupprimerPasser à coté des choses, vu la brièveté de notre existence, c'est effectivement dommage. Se bercer d'illusions peut aussi faire très mal. Bref moi j'aime bien me creuser la tête en permanence pour vivre au mieux tout cela :-)
Comme Cristina l'a déjà dit et je ne saurais mieux le formuler : "L'humain n'existe pas. Il n'y a aucune nature humaine, nulle part dans l'histoire ni sur la planète. Il me semble que ce qui est écrit correspond aux humains occidentaux." donc + 1
RépondreSupprimeren toute amitié, je peux vous dire que vous avez la vue basse, ou un peu courte et que cet homme "primitif" que vous nous décrivez n'est absolument pas l'homme et encore moins l'homme "primitif".
je me souviens encore d'une expo au musée des arts premiers où étaient exposes les échanges et partages symbolisé dans le peuple maori par les "mana", des cadeaux qui sont bien plus que de simple cadeaux mais un vrai partage de l'histoire, des connaissances et de l'essence même d'un peuple, et d'hommes, de femmes que d'aucun qualifie encore de primitifs.
à bien des égards, c'est l'échange et non la propriété qui est naturel à l'homme, si tant est que naturel est un sens. l'homme produit pour échanger, non pour thésauriser. de tous temps, et dans toutes les sociétés et donc religions, thésauriser est considéré comme un mal (certes voler l'est aussi mais ce n'est pas le débat).
d'ailleurs, c'est fort simple à identifier, les religions imposent des dons (faire l'aumone) ou des sacrifices rituels pour limiter la thésaurisation...
on peut donc dire que depuis des temps fort reculés et à peu près partout à travers le monde, posséder trop a été considéré commme immoral, au contraire de ce que vous affirmer. et le partage recommandé. ainsi l'aumone, bien sur. mais aussi les sacrifices d'animaux soient rendaient l'animal impropre à la consommation soit obligeaient à un grand repas à partager en famille ou en communauté.
qu'il y ait eu perversion de ces principes, c'est indéniable. mais quand une société pervertit trop ces principes, elle meurt, parfois pour mieux renaître.
maintenant glisson, comme vous le faites, du global au couple (aouch ça fait une glissade rapide dites donc)
le couple en tant qu'entité n'existe que depuis peu de temps et encore, comme dit en commentaire, dans le monde "occidental" ; longtemps et ailleurs, le couple n'est qu'un élément d'un système élargi de la famille, voire du clan.
mais il n'en est pas moins, universellement, l'entité binaire par excellence qu'on l'on retrouve partout et qui est constitué par un homme et une femme fortement liés l'un à l'autre. ce que vous nommez appartenance est un fait un ensemble de liens, du sacré au profane. or ces liens valent non seulement pour les partenaires du couple eux-mêmes que pour la société qui les entourent.
voilà où est le problème, probablement. la société a besoin de reconnaître ces liens tout comme le couple a besoin qu'ils soient reconnus par la société.
d'ailleurs, on trouve une illustration parfaite de cela dans le "couple" présidentiel actuel. selon où ils se déplacent à travers le monde, la "compagne" (?) du président est bien ou mal venue parce que la société accepte ou n'accepte pas les liens de ce "couple" si tant est qu'il existe.
or, plus une société va être souple sur l'exclusivité de ces liens, moins il y aura de possibilités pour des partenaires extérieurs au couple. en apparence !
en réalité, et là encore, les religions, les sociétés nous le prouvent, depuis la nuit des temps, le couple exclusif est l'idéal, l'adultère la réalité.
bref, il y a beaucoup à recadrer dans tout ça... mais il est tard ;)
Merci Brigit pour vos réajustements intéressants. Mais cela n'est pas contradictoire avec mon propos. Oui, comme je l'ai dit plus haut, j'ai employé des raccourcis pour les besoins de mon exposé.
SupprimerBien entendu l'humain partage depuis la nuit des temps. Il le fait avec intelligence, par nécessité souvent, par bon sens, par plaisir enfin, oui, vive les sangliers grillés ou les méchouis sur la place du village, quand on peut joindre l'utile à l'agréable, c'est tant mieux. L'organisation sociale en tribus, en communautés, patriarcales ou autres sont une réponse aux difficultés que l'humain isolé rencontre sur la planète, c'est indéniable, et ce depuis son origine animale. L'humain est un animal social prompt à l'échange et au partage. ET un animal égoïste indépendant focalisé également sur la satisfaction de ses besoins personnels.
Le modèle de la "spirale dynamique" dépeint l'évolution naturelle de l'organisation sociale des communautés humaines comme suivant une trajectoire oscillante, légèrement sinusoïdale, penchant tantôt du côté d'une dominante collectiviste, tantôt du côté d'une dominante individualiste. L'évolution se faisant par des phénomène de bascule d'un côté ou de l'autre, en réaction à un phénomène de saturation de la phase précédente. Je trouve ce modèle étonnamment pertinent.
Ici, mon propos s'appuie sur la perception que l'air du temps flatte plus nos instincts individualistes que nos réflexes collectivistes. Nous avions de bonnes raisons de le faire à un moment donné (quand la Nation ou le Parti nous étouffait de son emprise aliénante), mais ma perception est qu'on a atteint des limites de la philosophie individualiste, ce qui n'est pas facile à accepter, mais ce n'est pas faute de le constater chaque jour : des limites écologiques, économiques, démographiques.
On prend conscience des limites de la planète comme on prend conscience des limites du couple exclusif (le droit au divorce est une notion relativement récente), oui la glissade est osée mais l'analogie me saute aux yeux... Mécaniquement il va falloir réhabiliter l'idée du partage, idée peu populaire dans nos grands discours de l'individualisme triomphant, mais idée séduisante quand on réalise que c'est à notre portée et qu'on saura s'y adapter et en jouir pour quelque temps.. Jusqu'à la prochaine saturation/transition, prévisible mais non planifiable, qui nous fera revenir à l'individualisme...
Sinon je ne saisis pas ce que vous entendez par :
"plus une société va être souple sur l'exclusivité de ces liens, moins il y aura de possibilités pour des partenaires extérieurs au couple. en apparence !"
j'ai rippé, en fait c'est plus ... plus, et non plus... moi, évidemment. ma phrase sinon n'a pas de sens. oups...
SupprimerBrigitte, je suis parfaitement et complètement ton propos. En revanche, le l'idée que le couple exclusif soit un "idéal" universel n'est pas prouvé. Tu as l'air de bien connaître l'anthropologie, je suppose que tu as entendu parler des Na de Chine, "une société sans pères ni maris". Et puis, il n'est pas inutile de rappeler que l'exclusivité sexuelle dans le couple s'est imposée dans notre histoire en même temps qu'à été inventée la filiation patriarcale. Fallait bien que ces messieurs s'assurent de leur descendance!
RépondreSupprimerCela étant, on peut tout déconstruire, nous sommes les uns, les unes et les autres les fruits de cette histoire et nous ne sommes pas des Na. Personnellement, à ce stade de ma vie, je préfèrerais faire le choix de Coccinnelle si je devais être en parfait accord avec une partie de moi-même. Cependant, une autre partie tire encore du côté du couple parental et de la permanence du lien.
Je suis très intéressée par les témoignages de couples non exclusifs qui s'aiment profondément, qui font l'amour avec amour et qui ne se mentent pas. En effet, mon esprit étriqué (je l'admet) a du mal à concevoir une relation "vraie" avec tout un tas de tiers qui se promènent dedans et qui espèrent aussi une relation "vraie". Bref, j'aimerais savoir comment ça marche :)
Personnellement, j'ai un couple parental plus fort que jamais, on est vraiment une famille soudée, et en même temps je communique tous les jours avec une amante, on se confie, on se désire on se dit tout, d'une façon, dans ce registre je suis plus proche que de mon épouse avec qui je dors tous les soirs, et mon épouse accepte cela. La symétrie ne marche pas, car elle ne va pas voir ailleurs jusqu'à aujourd'hui en tous cas, peut être un jour, qui sait. Ce jour là, on t'invitera à la maison pour que tu nous observes ! Même avant si tu veux ! :-)
SupprimerEst-ce que nos enfants seront au courant un jour? Comme je n'aime pas dissimuler, j'espère que oui, quand ils seront en âge de le comprendre, ou quand on aura le courage de leur avouer, ou quand ils sauront supporter cette information vis à vis du poids des normes extérieures, car finalement eux, ils seraient prêts à l'entendre, mais quid du monde extérieur dans ces contrées de province plutôt rétrogrades?
Cristina, oui les Na sont souvent cités comme l'une des rares gynarchies, ou société matriarcale, mais Françoise Forestier a exposé qu'en fait non, les parentalité chez les Na incluent bien les hommes, quoique d'une manière assez complexe. Selon elle, il n'a jamais existé de société matriarcale.
Supprimerje ne suis pas certaine que l'exlusivité se soit imposée dans notre société en raison de la filiation patriarcale. il existe des coutumes locales, même en occident qui établissent au contraire des fenêtres d'ouverture du couple. la plus connue est la fête de la saint jean, qui reprend une ancienne fête payenne. or cette fête était l'occasion pour les femmes de chercher un autre partenaire, le temps d'un soir, afin de... se faire mettre enceinte si leur mari était défaillant !
le carnaval en est une autre.
l'amour courtois, qui reprenait diverses traditions, fut aussi une période de cristalisation de ce qu'on peut définir comme une remise en question du couple exclusif.
le problème de la filiation est celui de la conservation d'un patrimoine sur une lignée unique d'aînés, mais c'est loin d'être universel.
Moi j'en ai mal d'en avoir mal à la tête ! Nous avons tous des raisons différentes d'apporter une réponse différente au problème soulevé par Usclade.
RépondreSupprimerA cela, une seule réponse puisqu'il s'agit de différences : la tolérance.
je rejoins assez Volubilis même si je trouve les autres commentaires passionnants( merci Brigit car j'aime beaucoup ta façon de raconter).
RépondreSupprimerTu sais c'est drôle tout ça finalement.ça me renvoie à mes enfants et à la façon qu'on nous renvoie souvent de les faire pousser d'une façon particulière.Parce qu'on écoute plus leur côté émotionnel que leur capacités scolaires.Parce qu'on les considère comme des adultes heureux et serein en devenir et non pas comme des consommateurs.
Quand on prend un chemin un peu différent, on réveille certaines peurs chez les autres qui brandissent alors des menaces sur ce qui risque de nous arriver.Je vois presque parfois des signes de croix qui se font discrètement, un crucifix sorti ou une tresse d'ail :)
C'est bon d'avoir l'âme curieuse et quoiqu'il arrive je garde confiance dans ce qui m'arrive.
Oulaaaaaa !!
RépondreSupprimerJ'ai tout lu et en final, ça vaut au moins une semaine de lecture des tracts de la CGT !
Je ne vais pas trop donner mon avis éclairé sur la question car mon mode de réflexion est en général assez basique ...
Et puis après Brigitte, c'est toujours cause perdue ! ;)
L'union dans l'amour est une notion très récente à l'échelle de l'humanité. Un siècle en gros ...
Par contre nous avons un peu plus de recul sur l'adultère, bien plus ancienne !
Le couple qui avait une espérance de vie d'une vingtaine ou trentaine d'année devait probablement se poser beaucoup de questions qu'Usclade sur le sujet !
De nos jours nous pouvons avoir plusieurs vies, professionnelles et familiales, et depuis hier soir aux informations, trois parents biologiques !
Ce qui ne manquera pas de passionner les experts en filiation lorsqu'il s'agira d'établir un arbre généalogique. Entre nous, c'est déjà le cas depuis la procréation artificielle ...
On souhaite de beaux jours à tous ces enfants, quand ils rechercherons leur(s) origine(s), mais ça c'est un détail !
L'exclusivité amoureuse ?
Nous partons donc du principe que l'état amoureux est présent dans le couple !
L'amour et ses divers modes d'expressions étant complexes, je ne m'étendrai par sur le sujet ...
Et puis comme on dit, il n'y pas d'amour, mais des preuves d'amour ...
Le partage, la solidarité, la générosité ... cela ne s'apprend pas !
Là il s'agit d'une vraie nature ou plutôt d'un choix de société, pour survivre. Ce qui a été développé par Usclade demeure très occidental car un bon nombre de populations vivent le partage et la solidarité au quotidien, sans avoir le sentiment de faire une bonne action.
Comment pensez-vous que les gens survivent aujourd'hui dans les grandes cités déshéritées, avec ce qui pourrait nous permettre de tenir une semaine ?
Avec le partage et l'incroyable solidarité qu'il peut y régner ...
Il y a aura toujours quelqu'un qui cherchera à s'approprier le bien d'autrui, ou en posséder davantage !
Je soiris quand j'entends mes jeunes collègues qui affirment à l'arrivée de leurs enfants que ceux-ci ne changerons rien à leur style de vie, leurs loisirs, et tout ce qui leur semble indipensable à leur confort.
Les enfants deviennent très vite la priorité numéro 1 dans le budget familial au détriment de ce qu'on aurait bien aimé se payer. Un article que l'on prend dans un rayon, puis que l'on repose sagement ...
Le partage, la générosité, la solidarité, c'est aussi donner de son temps pour les autres !
Levez la main celles et ceux qui sont impliqués dans une association ou dans l'activité de leur commune ?
Il y en a de moins en moins ...
Evidemment ce n'est pas facile après une journée de travail de repartir en réunion ou aller animer son club sportif, s'occuper de la paperasse et en plus se faire engueuler par les membres consommateurs !
Je fais cela depuis près de trente et je peux dire que j'en ai loupé des films à la télé ... ;)
Décidément, pas le temps de me regarder le nombril !
grrr Philo, je laisse le débat ouvert, quand même ! et au contraire, depuis le temps que je cherche ce que c'est que le couple, pourquoi l'humanité a-t-elle choisi ce mode d'organsisation pour survivre et que je n'ai pas trouvé une réponse satisfaisante, je n'ai aucun intérêt à clore le débat... enfin bref.
Supprimeril est pourtant pas mal, ton nombril !
L'important est de partager, voire confronter nos diverses visions des choses Brigitte !
SupprimerMon nombril ?
Je croyais que tu préférais mes fesses ? ;)
Tout ça pour dire qu'on a pas trouvé la sortie, ni la lumière Usclade, pour éclairer nos chemins de vie.
RépondreSupprimerPas de fatalisme, juste se dire que le chemin sera long pour l'humanité, depuis le temps qu'on retourne le problème, pas loin de 10000 ans quand même si on remonte aux "premiers hommes modernes", on a guère avancé, juste alterné les séquences, les expériences, autour d'un équilibre global plus ou moins fâcheux. Bref !
Christina : nous sommes avec Volu, "exogames", par principe, c'est plus dur à mettre en musique ! Cela étant, une chose est sûre, nous aimons faire l'amour avec amour, souhaitant privilégier le lien avec l'autre, dans une certaine symétrie, au moins le temps du rodage, et en toute transparence entre nous. Pour ma part impossible de faire ça sans une réelle attirance, ce qui réduit franchement les possibilités de rencontres réussies. C'est le jeu, et je trouve ça bien, ça n'aurait pas tant de piment sinon pour moi. Volu en fait un rapport bien plus personnel à son être profond, une sorte de confrontation animale au monde, plus dans l'émotion que dans la projection de ses fantasmes. Deux quêtes qui semblent jumelles au début, mais qui finissent par nous paraître à mille lieues l'une de l'autre.
Quant à faire le lien avec la notion de partage au niveau global pour une société, je n'oserais pas. En effet, du profane au sacré pour reprendre cette expression limpide, les enjeux, les tensions, les doutes, les dogmes sont bien plus contraignants pour le "polyamour" et autres variantes, que pour la mise en place d'une société davantage partageuse.
Billet très intéressant, Usclade, j'aime observer votre évolution depuis nos premiers contacts et les questions que vous vous posiez à l'époque avec la crainte d'échouer, de détruire le lien avec votre femme, l'envie d'aimer ailleurs, etc... Vous avez le mérite de ne pas vous contenter de votre satisfaction personnelle, mais d'essayer de poursuivre la réflexion qui va forcément du privé à la sphère publique. On ne change pas le monde sans changer soi-même de regard sur soi d'abord, sur le monde ensuite. L'humain non-partageux découle de la sédentarisation, qui a poussé à l'accaparement des terres puis de tout le reste. L'accumulation indécente de richesses de certains au détriment de tant de pauvres (les 3 plus grosses fort_unes du monde possèdent autant que les 150 millions les plus pauvres de la planète, ça interpelle...) est arrivée à un point intenable, source de violences potentielles. Là, le non-partage devient une question non de choix individuel, mais de survie de l'humanité.
RépondreSupprimerAprès plus de 30 ans d'amours plurielles qui dans leur immense majorité durent depuis longtemps, je pense que les pluriamours sont l'inverse de la consommation compulsive. Elles ne sont pas un modèle à substituer à la monogamie, juste une "ouverture des possibles", c'est-à-dire l'acceptation du cheminement dont parlent plusieurs de vos commentateurs. La vie amoureuse, pas plus que le reste de la vie, n'est figée dans un modèle pour l'éternité. C'est d'ailleurs ce que je reproche à la monogamie: s'imposer comme un modèle immuable (excepté par la transgression et le mensonge). En revanche, être pluriamoureuse n'empêche pas qu'on vive parfois des périodes passionnelles, monogames, chastes, ludiques, amicalo-amoureuses... mais le fondement des amours plurielles demeure: nul ne m'appartient et je n'appartiens à personne, je désire découvrir des êtres que j'aimerai et essaierai de rendre heureux autant que possible. Pluriamours ne signifient pas forcément "vies parallèles" même si certains les vivent comme cela. Je n'ai "formé couple et famille" qu'avec mon mari que je connais depuis l'âge de 17 ans. 40 ans de vie commune, c'est loin d'être éphémère et notre amour continue d'évoluer. Il a connu des turbulences, des points de rupture, des retours de passion...J'ai eu des passions qui se sont transformées, 20 ans après, en amitié tendre et sensuelle, des amitiés chastes qui un jour se sont enrichies du désir. Quelques déceptions aussi, évidemment. Bref, dans le terme pluriamour (que je préfère à polyamour), il n'y a pas que l'idée de nombre, il y a surtout l'idée de diversité, d'enrichissement par ce que chacun et chacune peut s'apporter. Croyez donc que votre idée de partage me plaît bien: en partageant ce que l'on vit avec ceux et celles qu'on aime, on ne les prive pas, on les enrichit (ce qui n'exclut aucunement- je suis plutôt pudique- un jardin secret, des émotions que l'on garde pour soi car elles restent indicibles.)
Merci Françoise. Justement vous évoquez en dernier lieu un des aspects sensibles du moment : le jardin secret de chacun. Il ne s'agit pas d'abolir la propriété privée, mais de la faire reculer. Jusqu'où? C'est là que c'est délicat. Chacun a droit à son intimité mais, selon le dosage, l'indépendance de l'un ou de l'autre peut être telle qu'elle peut nuire à l'harmonie ou aux besoins de l'autre. C'est là que bienveillance et grande qualité de dialogue sont de mise...
SupprimerEh bien, voilà un article qui suscite un bien riche débat. J'ai vu qu'il était long à lire, je l'ai gardé au chaud dans mon lecteur RSS et je pensais, ce vendredi soir, être en mesure de l'affronter. Fatale erreur !
RépondreSupprimerJe n'ai pas vraiment de pierre à apporter au débat, je te recommande juste la lecture d'un ouvrage dont j'ai déjà parlé : la déliaison amoureuse de Serge Chaumier, qui parle un peu de l'évolution de la notion de couple avec les époques, les sociétés (avec une approche sociologique et non ethnologique), ça permet, ce me semble, de prendre du recul avec ce que j'appellerai hâtivement « le modèle dominant actuel ».
Merci CUI pour le tuyau, oui, voilà des débats passionnants qu'il est difficile d'affronter, à cause du temps qu'il faudrait y consacrer.. Aurais-je le courage de lire ce bouquin? (de prendre le temps de lire, plutôt) Je ne le sais pas encore...
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