Moi aussi j'ai perdu mon triple A.
Son placement n'est plus à la hauteur de ses espérances.
Pourtant ces derniers mois j'avais entrepris des réformes structurelles qui commençaient à porter leurs fruits.
Et je croyais pouvoir en toucher les dividendes cette semaine.
Mais non. Ma femme ne l'a pas entendu de cette oreille.
Je nous croyais à deux doigts de l'euphorie, on a replongé dans la sinistrose.
Elle m'a abaissé d'un cran.
Une bonne semaine de grand air sur les hauts plateaux enneigés du Jura n'a pas réussi à nous rapprocher, malgré ma motivation totale pour m'affirmer en papa modèle et en époux câlin.
La raison?
Une semaine en commun dans un chalet avec un couple de vieux amis a produit une sorte de test comparatif qui a révélé à ma femme qu'elle n'était pas heureuse avec moi, que nos copains sortaient plus souvent, qu'ils avaient plus d'amis, qu'ils écoutaient de la meilleure musique et qu'ils allaient voir des bons films au cinéma, eux.
Bref tout ça, c'est de ma faute, et le reste aussi.
La boite à reproches s'est rouverte et j'essaie de rester zen.
La boite à reproches s'est rouverte et j'essaie de rester zen.
Les premières bribes de dialogue à peu près exploitables indiquent que ma femme s'est mise à espérer que, en acceptant mes frasques polyamoureuses, elle deviendrait plus heureuse.
Je lui serais redevable, et donc moralement obligé de la rendre heureuse.
De quoi me plonger dans le doute. Lui aurais-je fait pareille promesse?
Certes j'ai embelli la mariée pour l'encourager à franchir le pas, mais non, je n'ai rien fait miroiter de tel.
On était bien conscient que l'amour débridé n'a rien de la formule miracle. L'amour rend meilleur, mais l'amour pluriel ne rend pas parfait.
Je suis globalement plus épanoui, plus disponible, plus impliqué, mais ça ne m'a pas transformé.
Je suis globalement plus épanoui, plus disponible, plus impliqué, mais ça ne m'a pas transformé.
Certains de nos chemins privilégiés pour le bonheur resteront irrémédiablement inaccessibles à l'autre.
Il y a des choses que je ne pourrai jamais lui apporter, des chemins où l'on ne saura pas se suivre.
Il y a des choses que je ne pourrai jamais lui apporter, des chemins où l'on ne saura pas se suivre.
Ou en tous cas pas spontanément. Ou pas généreusement. Ou pas subtilement.
Si elle subit ce que l'on vit, si elle a l'impression de se sacrifier au point de revendiquer plus tard une contrepartie que je ne suis pas capable de lui procurer, si ce schéma de couple la place dans une passivité victimaire, si ça la dissuade d'aller chercher son bonheur par ses propres moyens, alors on se met gravement le doigt dans l'oeil et ces dernières années n'auront été qu'un grand malentendu.
Je vais m'armer de patience pour l'aider à se remettre debout, et infléchir son regard biaisé, lui redonner confiance en elle, en moi, en nous.
La reconstruction va être lente, mais j'en vois déjà les effets.
Peut être un jour rencontrera-t-elle quelqu'un qui lui apportera ce dont je la prive.
On découvrira une jolie complémentarité. Ce que l'on souhaitait en se jetant à l'eau, conformément au modèle théorique idéal des amours plurielles.
Sauf que d'ici là il y aura de quoi trembler si elle réalise qu'elle n'est pas faite pour ça et que seule l'exclusivité lui convient. Je pourrai faire les frais de ses priorités du moment, ouille...
Bref l'asymétrie dans une relation, c'est jamais le pied, mais en sortir c'est sans doute encore plus risqué...
Au fond de moi j'espère quand même que les choses pourront se rééquilibrer un jour.
En attendant, remettre les choses à l'endroit, sortir au plus vite de ce schéma malsain créancier/débiteur.
Je veux bien être assimilé à un (dieu) grec, la comparaison serait flatteuse.
Mais elle, déguisée en Angela, ça lui va pas du tout.
Tu me confortes dans l'idée que le "polyamour" est illusoire et qu'il n'est qu'une euphorie superficielle lorsque sa notion n'est pas partagée au sein d'un couple.
RépondreSupprimerPar définition, un couple trouve ses bases sur le chiffre 2 !
Dès lors, soit on surmonte ensemble les difficultés, soit on se perd.
L'approximation des "instants volés" dans d'autres bras, même s'ils l'étaient avec la bénédiction de l'autre, ne fera finalement qu'aggraver le malaise existant!
Il reste alors trois options :
- rentrer dans les rangs et se recentrer sur son couple.
- cultiver l'extra conjugalité dans sa définition pure (mentir, se taire, faire semblant)
ou
- divorcer pour que chacun se retrouve dans ses aspirations.
Je suis d'accord avec toi, sauf sur la signification du mot "illusoire" et la tentation d'établir un verdict comparatif et définitif.
SupprimerCe que tu décris au départ peut s'applique aussi bien au couple exclusif qui, sur la foi de n'importe quel autre malentendu, peut réaliser qu'aucun des deux n'est heureux. Déclarerait-on que l'amour à deux est illusoire, que c'est une euphorie superficielle ?
Ce qui est illusoire c'est de penser effectivement qu'on va au polyamour comme j'irais m'inscrire au club de football ou à la bibliothèque pour trouver mon équilibre et sauver mon couple. Le schéma donnant-donnant peut être positif pour démultiplier l'énergie qu'on pourra consacrer à l'autre (en libérant un peu d'épanouissement individuel), mais en aucun cas il ne donne à l'autre la garantie que son conjoint va devenir un(e) autre. C'est ce que je dis ici.
Et en quoi les deux premières options que tu indiques (persévérer dans le couple, ou vivre l'extra-conjugalité secrète) seraient moins illusoires, moins aggravantes?
Quand je parle de "perséverer" dans ton couple, c'est dans l'optique d'y retrouver un équilibre, toi, ton épouse, vous deux.
SupprimerCe n'est pas de s'assoir par terre et de continuer à faire des constats !
Le couple implique de toute façon la notion de concessions.
Aujourd'hui, la seule chose dont tu peux être à peu près sur, c'est que tu sais ce que tu perds si ton couple explose, à défaut de savoir ce que tu gagnes.
L'option extraconjugalité, c'est tout bonnement laisser le statu quo sur ton couple. Tu le conserves avec ses imperfections et tu gardes le bénéfices de ce que tu ne te sens pas prêt à sacrifier.
Je n'ai pas fait référence au fait que ce soit plus ou moins aggravants, plus ou moins illusoires.
Il n'y a pas de solution miracle pas plus qu'il n'y a de solution générique.
Toi seul connait la réponse à ton problème.
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, je ne fais que partager mon point de vue et ne prétend surtout pas détenir la vérité !
Merci Eff, pas de souci; j'ai bien pris tes points de vue, je les relève parce que j'adore débattre :-)
SupprimerPardonne mes propos peut être brut de décoffrage ci dessous, mais je te livre mes impressions sur du "vécu".
RépondreSupprimerJe crois que ta femme s'est mis le doigt dans l’œil, et bien profond; si elle croit qu'en te laissant libre champ, elle sera plus heureuse. Elle s'est menti, ou elle a voulu s'en persuader.
Elle s'est rendu compte (trop tard?) que cela lui coutait beaucoup plus qu'elle ne l'admettait, et maintenant elle te le fait "payer".
Tu ne peux être pris pour responsable de ce qu'elle t'a autorisé à faire, mais tu es responsable du devenir de ton couple et de la façon dont tu vas "orienter" la suite, puisque c'est toi qui est allé "ailleurs".
En gros responsable, mais pas coupable... tu vois la nuance.
Et je pense que de dire "Peut être un jour rencontrera-t-elle quelqu'un qui lui apportera ce dont je la prive. " c'est une fausse bonne idée également; tu lui renverras dans les dents ce dont elle "t'accuse" actuellement, c'est le chat qui se mord la queue... si j'ose dire:)
Pour que ce type de relation fonctionne, il faut que les deux soient sur un pied d'égalité, mais c'est de l'utopie de croire que tout sera beau et tout rose...
Reste l'option du libertinage, du vrai, celui qui est assumé, ou le corps de l'autre ne nous appartient plus, même si il nous est dévoué. Détacher les sentiments du corps. mais là tout le monde n'est pas prêt à ça.
Apres, comme dit Eff, te reste les trois options qu'elle a écrit ni plus ni moins...
Merci ACDS pour ce témoignage intéressant. Je dois préciser que mon épouse n'a rien demandé à la base. On n'a pas toujours rayonné de bonheur, comme beaucoup de couples, et ce sont nos progrès en terme dialogue et de compréhension de l'autre qui nous ont amené à expérimenter cette voie qui n'a rien de naturel pour elle. D'où le fait que le compromis soit pour elle une concession qui lui semble coûteuse lorsqu'elle ne va pas bien.
SupprimerQuand elle va bien, elle est convaincue, comme moi, que "rien ne peut nous arriver" puisque nous avons évacué le dernier motif de trahison dans le couple, nous vivons une confiance rare qui nous apaise, on se sent fort.
J'en parle ici tranquillement, même si j'exprime mon découragement sans fard, car j'ai la conviction que ce n'est qu'un moment difficile comme il y en a tant d'autres dans la vie de couple, mais je ne considère pas que mon couple est en danger (j'espère ne pas me tromper :-)
Pour moi le challenge, c'est de l'aider à remonter la pente sans remettre en cause l'équilibre que nous avons trouvé, car ce n'est pas cet équilibre qui est coupable de tous les maux, au contraire il en a résolu beaucoup. Et je sais qu'on partage ce constat, tout comme le fait qu'un retour en arrière ne résoudrait pas vraiment les choses.
Je rejoins ACDS et Eff...
RépondreSupprimervous en êtes sûrement à une tournure de votre parcours. Vos amis lui ont renvoyé vos manques ou en tout cas ces manques à elle. Elle s'est sans doute reposée sur toi attendant l'effet de cette liberté donné.
c'est peut être une chance sa réaction. saisissez là et avancez mais revenez dans le même fonctionnement et vous aurez à nouveau les mêmes interrogations dans quelques temps.
Il y a sûrement un chemin qui vous convient. Et posez vous "juste" la question de ce que vous attendez de votre couple. Difficile question mais question que trop de couples évitent .
pfff... pas facile tout ça.Pour aucun de nous je pense . c'est juste une valse à composer et à rendre harmonieuse.
courage à vous deux.
Merci Dita, oui on va remettre tranquillement les choses à plat une fois que la confiance sera solidement réamorcée, ce qui est en cours, et une fois n'est pas coutume, je suis patient :-)
SupprimerJe précise que selon moi le déclencheur de son mal être ne sont pas mes évasions périodiques, mais elle a attribué à cela son sentiment d'être délaissée et pas assez heureuse. On a traversé des périodes analogues où elle avait ressenti la même chose, alors que jusqu'ici je restais parfaitement fidèle : elle attribuait son malheur à d'autres traits de ma personnalité ou de mes activités. Je crois que c'est lié à sa personnalité qui réclame une confiance totale et sombre facilement dans le doute.
Je suis bien mal placée pour donner un quelconque conseil sur ce sujet précisément (parce que sinon, dans la vraie vie, je suis une femme de bons conseils, parait-il), mais sache que j'espère que vous allez trouver l'issue, si possible sans heurt... Bises grosses !
RépondreSupprimerMerci R, comme je disais plus haut, contrairement à ce que mon propos peut laisser croire, je suis préoccupé, soucieux, mais pas inquiet pour la suite.. Bien sûr sinon je lirais tes aventures pour voir si moi aussi je suis aussi mal placé que toi pour te donner mes bons conseils (échanges de bons procédés en quelque sorte :-)
SupprimerLecture très très intéressante de loin, je n'aimerais pas être à votre place ni à celle de votre femme, l'aventure est dangereuse mais elle pourrait finir avec une fin heureuse, c'est ce que je vous souhaite.
RépondreSupprimerMerci Bougrenette, je suis confiant, comme je le disais plus haut, je ne me fais pas plus de soucis que ça, j'ai confiance dans nos facultés de dialogue et de compréhension, c'est juste une question de temps et de patience surtout. Mon texte doit donner une description de la réalité plus sombre qu'elle ne l'est réellement...
SupprimerJe trouve cette note d'une grande acuité sur le couple, et les conclusions que tu en tires me semblent les bonnes.
RépondreSupprimerJe ne peux que te souhaiter du courage pour traverser ces difficultés (que je ne sous-estime pas et je suis content de t'entendre confiant) et arriver à faire en sorte que ta femme ait la même clairvoyance sur la situation (vu depuis son point de vue forcément différent du tien) pour adopter la bonne attitude.
Je n'en tire absolument pas la même conclusion qu'Effrontée qui, il me semble, tire d'un cas particulier des conclusions générales.
Merci CUI, je crois en effet que par nos vécus respectifs on a un regard de plus en plus aiguisé et perçant sur nous-mêmes. Je sais que ma femme est en général très lucide et là je sais qu'on a le même regard sur ce qui vient de nous secouer, simplement je reste patient car sa baisse de forme a pour effet de lui rendre toute communication plus difficile . Du coup on prend les sujets les uns après les autres, selon ses priorités du moment à elle, car sinon elle pourrait se refermer si je la bouscule trop...
RépondreSupprimerPas très facile tout ça... Malgré mes propres tentatives de clarté et de sérénité avec mon mari, et notre très réelle tendresse, et ce que je considère comme étant actuellement une belle période dans notre relation, j'ai du à nouveau récemment dissimuler... C'est compliqué décidément et oui, être sincère, aimant ET dans la nuance et confiant, et proche de soi-même. Car je reste persuadée que c'est en étant au plus proche de ses propres désirs et émotions qu'on peut le plus se rapprocher des autres, de tous les autres. Amour et patience, écoute sans pour autant nier ses désirs profond... Pfffff! Quel boulot! Bon allez faut que je m'y mette! Bonne journée!
RépondreSupprimerMerci Marie, bon courage à vous, c'est une véritable défi : dans "amour et patience", le second terme est plus difficile à vivre que le premier, voire encore plus difficile à vivre à cause du premier !
SupprimerLe couple, c'est bien compliqué, et après tout, sommes-nous vraiment faits pour ça ? N'est-elle pas là l'illusion, sacrée contrainte culturelle.
RépondreSupprimerSur les options de l'effrontée. La première ne donne pas de garantie de s'y retrouver car elle suppose un vrai don de soi réciproque. Et c'est si rare... La troisième est terrible car le couple est plus qu'une construction à deux. Dans la deuxième, il y a une variante... on n'est pas obligé de faire semblant. Au risque de choquer ou d'être incompris, je crois qu'on peut bien chercher et trouver la sincérité dans les diverses parts de sa vie. Mais c'est dangereux. On peut vite basculer en option 3...
Courage !