Je lui faisais souvent confiance.
Mais rétrospectivement je sais désormais combien il n'était pas de bon conseil.
Lui qui m'a dissuadé d'aller me jeter dans les bras de cette fille,
juste parce que les autres la trouvaient "facile".
S'est-il seulement posé la question de savoir quel en était mon regard, avant de se plier au regard des autres pour me faire plier et passer mon chemin? De quelle richesse cette suffisance m'a t-elle privée? De quels sommets cette bassesse m'a-t-elle éloigné?
Savait-il qu'entre toutes, c'était peut-être elle la plus vraie?
Lui qui m'a trop longtemps accompagné.
Lui qui m'a rendu muet, quand je voulais répondre au "Je t'aime" à mon oreille sussuré...
Lui qui m'a empêché de me retourner quand les chemins nous séparaient.
Lui qui m'a privé de tant de belles choses en me disant de m'en méfier.
Comme le coucou qui se fait tout doux, pour s'emparer du nid douillet
Du vrai amour il creuse le trou, m'emplit d'orgueil, me fait gonfler...
Mais aujourd'hui, va savoir, j'ai vieilli, les temps ont changé
Me voilà face à lui, remonté. Et le voilà, interpellé, démasqué.
Tu t'es prétendu amour, tu t'es proclamé propre.
Mais parmi tous ces mots tu as tout usurpé.
Tu as bien profité du peu de confiance que je me porte
pour de "moi" être porte-parole attitré.
Tu te proclames amour, tu t'es prétendu propre.
Et elle à son tour tu voulais l'écarter
Tu ne me voulais pas courtisan parmi les autres
Tu ne la voulais pas par moi aussi courtisée.
Tu as voulu m'empêcher de marcher sur les pas de cette bergère,
De participer au concert de louanges chaque jour entonnées.
Au motif que j'en deviendrais quelconque et en rien distingué.
Et que dans le troupeau absorbée, mon âme deviendrait ordinaire
Mais te voilà désormais confondu et jeté dans l'opprobre
Car entre elle et toi, ma confiance a tranché
Imposteur! J'ai compris que l'amour ne peut pas être propre
Quand de soi et de l'autre il empêche d'être aimé
Je rejoins la troupe des jolicoeurs, la cour des courtisans,
La meute des beaux-parleurs, l'orchestre des galants.
Jouer l'accompagnement, l'harmonie et tenir la cadence
Ou à son tour le soliste gourmand de se mettre en évidence
Et qu'importe si dans la foule je me vautre
Si dans le tapis j'me prends les pieds,
Piétinant cet orgueil, mon si mauvais apotre,
Pour passer la relève à mon humilité
La confiance est retrouvée.
Confiance en moi, confiance en l'autre.
Plus besoin de ce foutu bouclier.
Non, plus besoin d'amour propre.
L'amour tout court, de moi et de l'autre,
Sera le seul et le dernier à me guider...
Bon conseiller, il ne l'est jamais plaçant un faux regard de soi, la raison bien avant le cœur ...La meilleure chose étant de leur faire faire la route ensemble ..
RépondreSupprimersubtil mélange entre la prose et l'ode, que j'apprécie beaucoup... une fois la lumière faite, on ne peut revenir en arrière.
RépondreSupprimeroui c'est trés réussi pour le répudier proprement mais surement! et cela ne peut qu'annoncer de beaux amours de printemps peut être.
RépondreSupprimerBaisers
Armandie
On met si longtemps à le construire... et pour être vrai on le défait, on se dénude. Bien dit ce texte sur une maturation.
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