mercredi 6 juillet 2011

Impudeur

Faire l'amour à une personne sans s'autoriser à lui dire "Je t'aime", c'est quelque part aussi frustrant que de faire l'amour en restant habillé.
La pudeur a un petit côté excitant au départ... Mais c'est encore plus excitant de s'en affranchir...

vendredi 17 juin 2011

Il pleut, elle mouille...

(je parle de l'eau bien entendu)


Ce n'est pas qu'on n'aime pas le beau temps, mais elle et moi, allez savoir pourquoi, quand il pleut, on est heureux...


La fête à la grenouille, le festival de l'eau, c'est un peu chaque jour, et c'est tant mieux....


Mon jardin me comble... La période aride semble loin derrière.
Chaque jour nouveau apporte son lot de légèretés qui irriguent mon existence, et dans le bien être et le plaisir ma vie s'écoule...


Elle est gouttes, je la goûte
chaque matin au lever du soleil
radieux ou pluvieux.
Elle est la rose que j'arrose,
qui me touche sous la douche...
J'aime ses seins appétissants
comme des fruits sucrés rafraichis
de colliers de perles de rosée...

lundi 9 mai 2011

Secret professionnel

- Vous avez de l'ambition, c'est bien, mais en quoi le fait que je vous parle de l'achat d'un canapé en promotion vous met-il dans un tel état?
- Euh... en rien madame... 
- Ce sera plus confortable pour envisager le passage des échelons, n'est-ce pas... 
- Oui, madame, surtout qu'il semble que cela devienne de plus en plus fréquent.
- Vous le déplorez?
- Oh non madame, ces promotions me flattent.
- Vous avez un profil prometteur, je vois bien que vous êtes à l'étroit dans ce costume !
- Vous trouvez?
- Regardez ici, nous avons manifestement à faire ici à un vice de forme, il va falloir y remédier...
- Mais madame...
- Il n'y a pas de mais... Remettriez-vous en question ma façon de voir les choses?
- Non madame..
- Ne voyez vous pas là qu'il s'agit d'un cas de déformation professionnelle?
- Je ne le conteste pas...
- Alors il va nous falloir déballer tout ça.
- Mais madame, ce membre n'est-il pas tenu au secret professionnel?
- Ah vous n'allez pas me faire les mêmes difficultés à chaque fois... Rien de ce qui en sortira ne filtrera d'ici, vous le savez... Croyez vous que je vais en piper mot?
- Non madame. Même si le canapé n'est pas encore installé? 
- Votre table de réunion a maintes fois prouvé qu'elle faisait l'affaire.
- Bien Madame. Selon le protocole habituel? 
- Non, pas de tirage au sort cette fois ci. Vous me tirerez à pile et face...

(Oui, c'est sans doute parce que j'aime être pistonné que je me sens privilégié d'avoir épousé la Directrice des Ressources Humaines)

mardi 19 avril 2011

Reconnaissance du ventre vs rancoeur du bas-ventre

Un chaud lapin ne mord pas la main qui le nourrit... sauf si c'est aussi la main qui a causé la perte de ses roupettes...
Sa maitresse, pourtant très attentionnée, l'a appris à ses dépens !

Le chaud lapin est ingrat : il n'a pas la reconnaissance du ventre mais a en revanche gardé intacte toute la rancœur de son bas-ventre.
(comme s'il fallait encore prouver qu'entre la quête alimentaire et l'activité copulatoire, cette adorable peluche à grosse tête de têtard a établi une hiérarchie immuable)


La Fontaine aurait pu en faire une fable à méditer...

vendredi 1 avril 2011

Moule marinière


C'est une rousse affriolante
La belle marchande de poissons
Elle a les mains un peu collantes
Et le teint hâlé d' un vieux pêcheur breton
Et tous les jours il la contemple
Décongelant ses maquereaux
Il écoute sa voix qui l'enchante
Plus douce qu'un violon alto

"A la moule à la moule,
Elle est belle, elle est fraîche, ma moule !"
"Oh, ça m'tue !
Le jour j'en rêve, la nuit j'en crève
Comment lui dire qu'j'en peux plus ?"

Car cette rousse impénétrable
Ne vit qu'à l'heure de la marée
Ses denrées sont si périssables
Qu'elle n'a jamais une minute à lui consacrer
Mais quelle conscience de poissonnière
Elle soigne toujours ses bons clients
Quand ils font un peu d'urticaire
Elle rajoute un citron gratuitement

"A la moule à la moule,
Elle est belle, elle est fraîche, ma moule !"
"Oh, ça m'tue !
Elle sent le large, l'iode et les algues,
Comment lui dire qu'j'en peux plus ?"


"Oh vous ma rousse ininflammable
Oubliez donc vos bigorneaux
Mon amour est plus délectable
Que la plus belle moule de Hollande ou de Bouchaux"
De sa jolie voix caressante,
Elle lui dit : "J'vois c'que vous avez
Mangez d'la plie ou d'la limande
C'est très bon pour les décalcifiés"
"Oh! Je pêche dans les eaux troublantes
De l'incommunicabilité."


Ricet Barrier / Les frères Jacques

samedi 26 mars 2011

Le soleil se lèvera (quoi qu'il arrive)

(...)
La fraîcheur de la nuit se fait enfin sentir à travers la fenêtre ouverte, même si l'inévitable moustiquaire nous prive hélas des caresses des rares courants d'air.
Le bain de minuit nous a tout de même suffisamment rafraîchis pour rendre délicieux notre endormissement enlacé.
Sarah est blottie entre nous deux. 
Mon ventre épouse son dos et l'on s'emprisonne les cuisses.
Je mets du temps à distinguer nos silhouettes à peine éclairée par la lumière faiblarde du seul lampadaire du hameau, avant de replonger dans son cou et fermer les yeux.
La mélodie de la châtaigneraie qui nous entoure finit de nous bercer... Les scintillements sonores des grillons et autres bestioles des Cévennes vont bientôt servir de toile de fond sonores à nos jolis rêves.

mardi 8 mars 2011

Usclade nu

"Ciel !", allez-vous vous exclamer en lisant ce titre racoleur, "On ne l'arrête plus désormais !", faisant implicitement référence à quelques récents posts où le vêtement est aussi peu célébré que les messieurs un jour de 8 mars.

vendredi 18 février 2011

Chaud lapin

Figurez-vous que j'ai un lapin, un vrai, dans ma maison (une idée saugrenue de mon épouse : sans doute ne se satisfaisait-elle pas de celui, symbolique, mais tout aussi doux pourtant, qui était déjà dans la place, et sous mes traits vous l'avez compris).
Et figurez-vous que c'est un mâle. Et qu'au bout de 6 mois, un mâle est adulte. Et qu'à défaut de lapine dans son environnement, il se montre un peu trop affectueux avec les enfants.
Et que du coup on l'a fait castrer hier. Et que le pauvre lapin il a du mal à s'en remettre. Il n'a rien mangé depuis hier. Par contre malgré ses cicatrices encore vives, ses ardeurs ne sont pas encore atténuées.
C'est fou non?
Bouffer non, mais b... pas de problèmes. Quel esprit de sacrifice pour honorer son instinct reproducteur !
Foutue tyrannie des gamètes...
Vous vous plaignez, vous les filles, parfois des diktats (et des tic-tac) de la lune.
Mais je me dis aussi que décidément, nous les mâles, nous n'avons pas été gâtés par la nature..

 [Edit du 29/03/2011 pour IVV]
un cliché de la bestiole quand il était jeune et encore innocent !

mercredi 16 février 2011

Le pire piège

Chacun de leur côté, l'un puis l'autre. Ils ont commis l'irréversible.
Souillé et déchiré les draps blancs et purs dans lesquels ils s'étaient drapés pour la vie.
Ils sont tombés dans le piège, dans le panneau, dans la facilité.
Et tout va se compliquer pour eux.
Mais ils l'ont fait en toute conscience, et en toute espérance.
Celle de la fidélité au travers des infidélités.

Leur amour succombera-t-il à l'herbe forcément plus verte qu'ils rencontreront de temps à autre ailleurs?
Ou bien résistera-t-il à tout, maintenant que le risque de tromperie et trahison a été pulvérisé par cette œuvre de dialogue, de bienveillance et confiance?



L'irréversible est-il irréparable?
Ils ont brûlé leur certificat de garantie. Leur titre de propriété.
Les voilà tous deux en proie à la précarité de l'existence. Riches et démunis, nus et indécents, offerts au regard des autres, trop obliques pour être soutenable.
Toujours à moitié caché derrière l'apparence du cocon immaculé, mais bien au fond d'eux mêmes. Pour le moment.

Quelle idée en tous cas de faire voler en éclat un doux cocon qui les préservait de tout... ?
Qui les préservait de tout....    même de l'amour.
La réponse est sans doute dans la question.

Seul l'avenir leur dira de quel côté était réellement le pire piège.
A l'intérieur ou à l'extérieur de la bulle nuptiale, ce cocon hérité de nos ancêtres?


"Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants?
"
J.Brel

mercredi 22 décembre 2010

Sous la ceinture

La légende dit que Gigoro Kano découvrit les principes du judo lors d'un hiver rigoureux, en remarquant que les branches du cerisier réagissaient différemment sous le poids de la neige abondante. Les plus grosses cassaient alors que les plus souples pliaient et se débarrassaient de « l'agresseur » avec souplesse. La voie de la souplesse était née.

Il neigeait beaucoup dehors, aussi je ne pus m'empêcher de penser à cette histoire. J'avais peut-être été un peu trop lourd... Et ce n'est sans doute pas par hasard qu'elle m'avait invité sur un tatami pour résoudre notre différend... Voulait-elle se débarrasser de moi avec souplesse?

Du noir ou du blanc, je n'avais pas le choix. Blanc comme neige à tous les niveaux, surtout quand je la vis nouer sa ceinture. Noire comme sa chevelure de Geisha.

A vous l'honneur, me dit-elle.

Hésitant, je balbutiais une naïve prise en main de kumikata en guise de première offensive.

- Chudan? me dit-elle. Trop timide, trop classique.... Je serai vous, j'enchainerai plutôt Jodan.
Elle prit ma tête et  plaqua ma bouche à la sienne avec une facilité déconcertante.

- A vous de répondre, n'attendez-pas, enchainez sur Gedan !



- Mais madame, nous sommes sur un tatami, jamais je n'oserai vous porter le moindre geste en dessous de la ceinture !
- Eh bien, si vous ne souhaitez pas forcer un principe, contournons-le avec souplesse. Si nous les dénouons et les déposons à terre, quoi que nous fassions, nous resterons toujours au dessus de la ceinture!

Et c'est ainsi que je me pliai à ses volontés. Tout en souplesse....


lundi 13 décembre 2010

Google me prend pour un goujat

L'interface technique de mon blog vient de me fournir une information de la plus haute importance.
Google a redirigé chez moi un gentil internaute qui venait de soumettre à son moteur de recherches l'élégante requête suivante:

"elle surprend sa mere entrain de sucer son copin"

Ni une ni deux, j'ai immédiatement contacté la CNIL pour dénoncer cette atteinte à ma vie privée, et rectifier sur le champ les informations me concernant.

En aucun cas je n'ai été impliqué dans pareille situation.
Tout au plus ai-je accordé mes faveurs à madame, car il faut se montrer aimable et généreux avec Belle Maman.
Mais c'est tout.






Ken Park 2002 Larry Clark
© Pan Européenne Edition 

jeudi 9 décembre 2010

Les jouissances s'honorent...

Mais doivent-elles se faire discrètes pour durer? C'est la question qui se pose après avoir voulu jouer les curieux chez la délicieuse Effrontée.

Celle-ci s'enquiert en effet de savoir si j'ai, en quelque sorte, l'oreille musicale pour les mélodies des corps et si je préfère les vocalises ou les chansons quand elles sont composées par le plaisir des dames.
Les réponses me semblent évidentes car j'ai effectivement l'ouïe hypersensible et peu importe que les figures soient libres ou imposées. Pour peu qu'ils soient sincères et spontanés, les sons se jouent facilement de moi.
Non, cette question soulève surtout un autre dilemme que je vais creuser de ce pas.

Dilemme, c'est le mot.
Car si les yeux sont pour moi la première zone érogène, mes oreilles ne sont pas en reste. Il faut le savoir, les sons du plaisir féminin sont plus qu'un puissant aphrodisiaque : ce sont des ondes qui peuvent me téléporter dans l'orgasme !
Qu'ils soient étouffés, murmurés, criés ou en mots prononcés, ils peuvent provoquer en moi des décharges de plaisir et me faire prématurément rendre les armes.
Mais pas tout le temps. Alors ce n'est pas simple.
C'est un jeu à quitte ou double. Parfois les sons d'une voix en extase me galvanisent de façon interminable, et nous mettent en orbite. Parfois ils précipitent ma chute.

Alors à celles qui se risqueront à croiser ma route pour se laisser aller à quelques mélodieuses harmonies ensemble, sachez que l'intensité de votre plaisir peut être proportionnelle à vos talents de simulation.
Simulez parfaitement votre plaisir si vous n'en avez pas pour abréger vos souffrances. Ou bien taisez-le, avec la même virtuosité, si vous en avez beaucoup et que vous voulez qu'il dure.
Sachant que parfois, malgré vos efforts et votre virtuosité, c'est le contraire qui peut se produire  !
Oui le choix est cornélien, mais enthousiasmant, n'est-il pas?
C'est le principe de la loterie, dans le pire des cas on ne perd pas grand chose, mais quand ça sourit, on s'en souvient longtemps après...  :-)

samedi 27 novembre 2010

Lara Devil et le gars Deschamps.

- Dites, vous n'allez pas me laisser comme ça, sur la paille...
- Nous sommes à la campagne, madame. Tout le monde vit dans le plus complet dénuement ici : les pieuses s'élèvent avec les pieux, telles des princesses savourant de se sentir comme en palais...
- Vos évocations parlent certes beaucoup à mon imagination, mais sans suffisamment assouvir ma curiosité. Je vois que vous déjà pas mal de grain à moudre. Êtes-vous aussi généreux que vous semblez le dire ?
- Disons que quand on sème, on ne compte pas. Prenez en de la graine : quoi que vous désiriez, formulez en la demande, et je vous en file à votre guise.
- Vous me verriez ravie de me débattre et m'ébattre dans un mélange de bon grain et d'ivraie. Pour autant, vous me parlez de corne d'abondance, mais je n'en vois pas la couleur !
- Patience, nous allons justement la découvrir sur le champ...
- A la ville, nous n'aimons pas trainer... Hum, je vous ai un peu secoué, ne vous ai-je pas froissé?
- Il en faut plus pour m'ébranler vous savez. Mais nous y voilà.
 Madame veut-elle bien se donner la peine de dégager le sillon afin que j'y introduise mon soc et que je puisse enfin labourer?
- A la bonne heure. Faites, Monsieur, faites, je ne vous retiens pas !

[Edit du 29/11] les hivers à la campagne peuvent être rudes, mais le campagnard est prévoyant...

mardi 12 octobre 2010

Phénomène physique

 Je la regarde et la déduction me vient soudainement, comme une évidence.
Quand elle est allongée, ensommeillée, apaisée, et que sa chevelure découvre sa nuque et son dos dénudé, c'est à ce moment que cela se produit.
C'en est presque brutal. Comme si une pomme me tombait dessus pendant la sieste. Ça secoue mais c'est une prise de conscience majeure. La découverte d'un phénomène spectaculaire, extrêmement intense.

C'est physique. Il se crée une sorte de champ électro-magnétique palpable, un tourbillon d'ondes qui nous désoriente et nous aspire inexorablement.

Oui, cette position fait d'elle un aspirateur à bisous.
Qui serait capable d'extirper des bisous de n'importe quelle bouche, même les plus rigide, fermées, coincées et les attirer vers son cou.
Je sais, j'ai essayé. Ok, peut-être ne suis-je pas le meilleur cobaye, mais je vous garantis que l'effet est bien réel.

Étonnant, non?

mardi 5 octobre 2010

Vocation

Si un jour vous cassez le miroir de votre chambre à coucher, appelez-moi, pour que je le remplace.

Non, je ne suis pas vitrier. Je suis miroir. Ou en tous cas j'aimerai le devenir.
Que dans mes yeux vous puissiez voir se restituer sans perte la beauté de vos courbes et l'éclat de vos couleurs.
Au coucher, au réveil, au naturel, à toute heure.
Je serai là. Pour tenir compagnie à votre intimité, votre fébrilité, vos angoisses et vos ivresses.

Ni déformant, ni flatteur. Mais constant, sensible, sincère et précis.

7 ans de bonheur en perspective.

Je m'y prépare jour et nuit.

jeudi 23 septembre 2010

Histoire (presque) sans queue ni tête (partie 3 : éloignez-vous de la bordure du quai)

Le train entre en gare... Il va falloir se quitter, même si on serait bien repartis en arrière.

- Là, y a débat, me dit Mme Boutantrin, en regardant par la fenêtre. Le train a beau être très confortable, cela ne peut en rien préfigurer du déroulement du voyage. Je trouve qu'ils s'avancent un peu vite, à la SNCF...
- Oh oui, lui-répondis-je, j'en veux pour preuve que d'une certaine façon ce voyage nous aura autant transportés qu'il nous aura marqués, d'un côté ou de l'autre...


Décidément la publicité ne cesse de nous induire en erreur. Même quand c'est pour vendre des bouquins censés apprendre à nos gamins à ne plus en faire (des erreurs)

Et une pensée émue à tous ceux qui seront privés de train demain :-)

vendredi 10 septembre 2010

Calin d'oeil

Ce sont sans doute mes souvenirs érotiques les plus croustillants.
Des moments magiques où il ne s'est rien passé...
Physiquement quasiment rien. Sauf ces petits quelque-chose, plus ou moins furtifs, insignifiants pour certains, mais qui se révèlent être de vrais miracles pour moi.

Un savoureux mélange d'interdit, de fausse innocence et vraie générosité, cocktail irrésistible pour ma déviance majeure.

Cette jeune femme bien sage de notre environnement familial qui, à la plage, au sortir d'un bain de mer, prend soin de se changer avec beaucoup d'application, discrètement, sans se précipiter. Sans que je sache si je dois attribuer à un heureux hasard le fait que nos positions respectives fassent de moi le seul dans la foule qui puisse admirer toutes les parties de son corps, méticuleusement séchées avant d'être vêtues.
Un hasard décidément généreux puisqu'une autre fois le sort a voulu que, alors que je bricolais accroupi au bas d'un escalier, cette même jeune femme ait été contrainte, pour de mystérieuses raisons, de faire plusieurs allers-retours dans l'escalier. Par étourderie sans doute, il lui avait fallu plusieurs tentatives pour rassembler le nécessaire avant d'aller prendre sa douche et remplacer sa courte nuisette par de plus abondants habits diurnes.

Cette autre jeune fille, blondinette un peu ronde et discrète, rencontrée un jour parmi un groupe d'expatriés en Italie. Sans doute est-ce la discussion qu'on avait développée qui nous avait tant absorbés. Toujours est-il que ses jambes étaient si détendues que, indifférentes au cours de la conversation, elles m'offraient la douce vision de son triangle de dentelle dévoilant sa toison flamboyante. Et mon regard avait été si durablement magnétisé qu'il me fallut plusieurs minutes pour retrouver mes esprits quand le groupe revint briser notre long, prude mais brûlant moment d'intimité.

Ou enfin cette copine de ma femme, entrée en même temps que nous dans le monde des jeunes parents... Qui me fait regretter depuis d'habiter trop loin et ne plus pouvoir facilement passer des weeks-ends chez les uns ou chez les autres. Car toujours elle me gratifiait de "la surprise du dimanche matin". Ces petites surprises plus délicieuses que le meilleur des croissants chauds.
Une simple vision. Diverse ou variée. Mais toujours délicieuse. En toute circonstance. Malgré le parasitage de notre descendance respective.
Une occasion systématique autour du moment du petit déjeuner, d'apercevoir furtivement là un sein savoureux, ici le bas de ses fesses nues sous un long tee-shirt pas assez long quand elle se penche en avant, ou enfin sa culotte trop fine pour dissimuler son minou, rendu encore plus appétissant par sa cuisse relevée sur le lit, lors d'une petite séance de pédicure improvisée et pas forcément justifiée...

Des souvenirs aussi prudes que brûlants disais-je. Comme si l'intuition féminine savait deviner mes faiblesses, ma déviance, mon talon d'Achille, ma vulnérabilité, mon pêcher mignon... Moi qui crois le dissimuler parfaitement en société pourtant. Comme si mon voyeurisme gourmand était la cible idéale de leur exhibitionnisme exquis...
Et finalement n'y a t-il pas dans ces échanges furtifs autant de désir, de transgression, de don de soi, de sensualité que si on avait vécu d'ébats torrides secrets et débridés?

mercredi 30 juin 2010

Le triangle des permutes

Comme si lui et sa guitare parlaient d'une seule voix, sa chanson ne souffre pas de cette modeste orchestration. L'ensemble est si harmonieux qu'on croit entendre les flûtes lointaines de la version originale.
Son interprétation est vraiment surprenante. Il a beaucoup de talent. Autour de feu tout le monde semble hypnotisé par ce bel artiste charismatique, à la voix et au visage gracieux, subtil mélange de finesse et de robustesse.
Je comprends qu'elle ait tenu à me le présenter. Sarah a l'air très amoureuse de lui.

Pourquoi nous chante-t-il cette chanson de Jethro Tull? Celle-là en particulier?
Coïncidence? Ou bien petit clin d'œil commandité par Sarah? C'est en effet la chanson qu'on écoutait en boucle, durant le dernier été de rêve qu'on avait passé ensemble, ici même. Été à la fin duquel elle avait prit la route pour découvrir le monde, ne voulant pas s'engager avec moi. Cette chanson ne pouvait donc que raviver des souvenirs brûlants, et de la tristesse aussi, celle de la rupture.
Ce n'est de toutes façons dans les habitudes de Sarah de mettre des gants quand elle a décidé de (ne pas) faire dans la dentelle... Ainsi à leur arrivée, je n'ai rien laissé transparaître, quand elle m'a demandé en souriant si ils pouvaient s'installer dans la chambre de la maison du triangle-verger. Cette fameuse chambre où elle m'avait fait découvrir le plaisir dans nos premiers émois d'adolescents.

Sarah, égale à elle même. Encore un de ses petits jeux déroutants et déstabilisants. Des allusions cruelles ou impertinentes, à la façon des piques dont elle use depuis toujours avec moi, par affection sans doute...



Sarah a grandi dans le hameau voisin, perché lui aussi à flanc de Cévennes, dans ces maisons encastrées les unes aux autres dans la roche. Dans ces jolis amas de schistes sombres et de granite clairs, égayés par les toits de terre cuite enchevêtrés, recolonisée depuis les années 70 par toutes sortes de communautés originales fuyant le tumulte aliénant des plaines. L'une d'entre elle hébergeait la maman de Sarah.
Sarah et moi, on se voyait chaque été et, arpentant la montagne comme chaque recoin des hameaux, c'est ensemble qu'on a partagé le plus de découvertes, fasciné que j'étais par sa façon triviale de se jouer des barrières et des jougs.

On s'est perdus de vue, tout en restant intimes. Si loin si proches. Comme peuvent l'être deux complices qui n'ont cessé d'alimenter des années durant une relation épistolaire platonique, sans fard, ni calcul. Des échanges aléatoires inusables, des quatre coins du monde, pour faire voyager nos contrariétés futiles ou graves, nos secrets les coquins jusqu'aux moins avouables, fruits de nos entrées en catimini, en dilettante et en parallèle... dans le monde des adultes.
Sarah ne m'a jamais rien épargné, et ne m'a jamais rien dissimulé non plus. C'est ainsi que notre tendre relation est devenue inaltérable.

C'est Sarah qui m'a suggéré l'idée de ces retrouvailles festives dans le hameau familial, et je lui en suis reconnaissant. L'appréhension s'est vite dissipée. Le plaisir et l'ivresse d'être ensemble sont si agréables, que je suis en train de passer une soirée comme je n'en avais pas connu depuis longtemps. Soirées aux effluves de chanvre braisé, envolées musicales, et rires sans entraves. Effervescence des retrouvailles d'une dizaine d'ex-adolescents à peine assagis. Le refrain de la chanson coule de source. Je suis bien.

I'm going back to the ones that I know,
with whom I can be what I want to be.
Just one week for the feeling to go
and with you there to help me
then it probably will.



Sarah me fait penser à une indienne. Elle a le visage un peu joufflu, la peau fine et cuivrée, de jolis yeux sombres rappelant ses épais cheveux noirs. Sa silhouette m'évoque une sculpture en poterie Inca. Je suis toujours sous le charme et me surprends à la contempler amoureusement. Elle est enjolivée encore par le rayonnement du feu de camps et un sourire de bien-être. Je n'ai pas le temps de regarder ailleurs qu'elle me surprend à son tour, et son sourire me fait le même effet qu'au premier jour.

La guitare s'est tue, à la faveur d'une baignade nocturne collective concluant par une fraicheur relaxante cette soirée chaude et bien arrosée. Alors que la plupart des convives sont partis se coucher, Sarah et son musicien reviennent me retrouver près du feu pour se réchauffer. Nous ne sommes plus que trois et Sarah discute longuement avec moi, tandis que son copain qui ne comprend pas très bien le français commence à montrer des signes de fatigue. Alors qu'il se lève, elle le retient en passant la main sous la serviette, et lui caressant les fesses, lui demande de rester. Ils discutent un peu et je vois que ses caresses se font plus coquines sous le pagne du monsieur. Je vois très clairement qu'il se met à bander et je suis troublé.

D'ordinaire je ne suis pas vraiment attiré par le corps des hommes. Mais cette scène me rappelle une autre scène, qui avait eu lieu le premier été passé ici sans Sarah.
Un soleil si écrasant que mêmes les baignades dans le bassin n'étaient plus possibles à certaines heures de la journée. Alors avec cet autre copain du hameau voisin, nous cherchions la fraicheur dans ces vieilles maisons en pierre désaffectées et nous discutions des heures, allongés sur le matelas poussiéreux de la chambre. Nos discussions étaient tôt ou tard polarisées par nos hormones. A parler de filles et de nos premières expériences érotiques, notre émoi devenait si visible qu'il nous apparut naturel de ne plus nous en cacher et d'échanger des caresses. Je me souviens d'avoir branlé plusieurs fois sa queue et c'était bien agréable. Pour une raison qui m'échappe, nous avons fait preuve de retenue finalement. En racontant cet épisode à Sarah dans nos lettres, j'ai fini par regretter de ne pas avoir connu la sensation de son sexe dans ma bouche. Comme si le désir pour ce sexe d'homme n'était arrivé que quelques années plus tard, dans le souvenir d'un moment rendu brûlant par le seul jeu de nos confidences...

Ce soir je ressens à nouveau cette forme de désir, pour le musicien. Un désir qui nait de son désir à elle. Je pense qu'elle le sait, qu'elle a tout prémédité. Je l'observe, elle, et me laisse troubler par le désir qu'elle lui porte.
Les baisers et caresses sont de plus en plus intenses. En accentuant avec son corps l'effet des sensations qu'elle a son contact, j'ai l'impression qu'elle cherche à me faire vivre tout ce qu'elle ressent, qu'elle me met à sa place.

Appréciant ce spectacle, mais plus assez lucide pour évaluer la pertinence de ma présence dans cette si singulière situation, je fais mine de me lever et de leur souhaiter une bonne nuit
- Oh non s'il te plait reste avec nous, me dit-elle, il y a si longtemps que nous n'avions plus partagé de temps présent, profitons encore de ces beaux instants... Je veux que nous "soyons" tous les trois...
"Être trois", pour elle, je sais bien ce que cela signifie. Ce n'est pas tant s'ajouter que se mélanger. Former un à partir de trois.

En disant cela elle se met à branler de plus en plus ostensiblement le sexe de son homme et accroupie, elle finit de se tourner vers moi, laissant tomber sa serviette de bain et écarte les jambes pour me dévoiler son minou déjà bien excité, inégalement éclairé par quelques dernières flammes résiduelles. Je vois ce minou sauvage et expressif, comme s'il suppliait ma bouche de venir le retrouver après toutes cas années pour le faire fondre, comme dans les rêves qui ne m'ont jamais quitté.
Sa bouche gourmande vient désormais de s'emparer de la magnifique queue gonflée de son étalon, et commence à la sucer goulument. De ses yeux elle m'invite à m'approcher d'elle. Alors j'abandonne sans lutter ce joli spectacle visuel pour offrir aussi à ma bouche un festival gustatif et sensuel. Je m'allonge doucement sous elle et lape sa chatte de toute mon envie. Je ne saurais dire si je bande encore, tant il me semble que mon érection à débuté au début de la soirée avec l'évocation de tant de souvenirs, et je ne ressens plus rien.
Tandis que je la butine par monts et merveilles, je ne remarque pas que soudain elle ne tient plus et se relève rapidement. A-t-elle joui? Je ne sais pas.
Elle me fait asseoir à mon tour et m'embrasse alors à pleine bouche tandis qu'elle continue à branler son compagnon, décidément bien résistant. En m'embrassant, elle m'amène tout doucement près de la hampe dressée du monsieur et c'est tout naturellement que cette queue participe à notre baiser.
C'est doux et chaud et je suis très excité par ce contact inconnu pour moi. Elle emplit bien ma bouche et j'ai l'impression que le plaisir électrise toute ma langue.
On reste assez longtemps ainsi dans cet étrange baiser à trois. Puis me voyant de plus en plus gourmand avec ce sexe toujours vigoureux, elle s'écarte tranquillement. Avant que je ne réalise ce qu'elle est en train de faire, elle m'a déjà pris à son tour en bouche. Délice suprême.
Le son des insectes nocturnes se mêle à des scintillements de lucioles et étoiles filantes de la nuit estivale. Mon plaisir mélange toutes les sensations.
Je repense aux paroles de Sarah dans une de ses lettres qui me parlent plus que jamais :
"Se libérer des normes et des interdits, ces barrières que l'humanité a accumulées en chemin pour se protéger des périls. Le temps passe. Les périls passent mais les barrières restent. Retrouver confiance en soi, en l'autre, démystifier les périls, renverser les barrières, retrouver la liberté. Juste savourer la possession de rien et le partage de tout, la distance infinie et la proximité extrême qui nous rendent permutables. Faire en sorte que la vie ne soit qu'une succession de découvertes et de premières fois"

Je suis beaucoup moins endurant que le musicien. Toute cette excitation a raison de moi. La chaleur de sa bouche ayant fait entrer les ondes de plaisir en résonance en moi, je sens les palpitations magiques commencer à crépiter. Cela me fait respirer de plus en plus fort et la voyant redoubler d'intensité, je comprends qu'elle ne craint pas que je me laisse aller jusqu'au bout. A mon tour je reporte cette intensité croissante sur le sexe du musicien. Cela a pour effet de le faire jouir finalement avant moi. Je laisse cette chaleur fluide s'évanouir dans mon corps sans chercher à en comprendre la saveur. Cette sensation inconnue déclenche à son tour mon orgasme abondant dans la bouche de ma complice.

Je suis bien et je pense que la sensation est partagée.
Un petit doute vient quand même hanter mon extase. Je me demande si elle a profité de mes caresses, si elle ne se sent pas trop lésée d'avoir tant donné à deux amants et peut être si peu reçu.
Avant que je n'ai le temps de lui poser la question, son sourire semble me dire qu'elle a été comblée, et que de toute façons, nous n'avons pas fini de d'éprouver toutes sortes de combinaisons, tous les trois dans le grand lit du triangle-verger...





mercredi 16 juin 2010

Ceci n'est pas une chaussure


Vous allez me trouver peut être un peu casse-pied, mais il me semblait opportun de le rappeler.

Bisous de crapaud baveux

(Véro, tu nous écoutes encore? :-)           )

[EDIT du 25 juin : un petit indice musical pour celles et ceux que cette grenouille déroute]