Quand on joue avec le feu, la passion dévastatrice n'est pas le seul écueil.
Car en renonçant à l'exclusivité, on prive notre orgueil de sa ressource essentielle.
L'exclusivité. Cette potion euphorisante qui nous flatte, nous galvanise, lui donne la sensation d'invulnérabilité. Et ça, notre orgueil a du mal à le lâcher.
Ne plus être le seul, l'unique, l'irremplaçable.
N'être qu'un parmi d'autres, aux yeux de l'autre.
Ça peut sembler insoutenable.
Pourtant ça se surmonte.
C'est en fait une question d'amour propre.
Et de rééquilibrage entre orgueil et confiance en soi.
Notre amour propre a en effet deux serviteurs : l'orgueil et la confiance en soi.
L'orgueil est la carapace qui nous protège et nous permet de nous sentir fort tel qu'on est, et donc de nous aimer tel qu'on est, même si l'environnement se montre hostile, même si l'environnement veut nous inciter à nous camoufler.
La confiance en soi est le plumage qui nous protège à sa façon, en nous donnant la possibilité de voler habilement et être toujours présent au bon endroit, révélant que notre environnement n'est pas toujours si hostile qu'on le croit.
L'orgueil et la confiance en soi sont deux postures contagieuses pour l'entourage, et quand on joue avec le feu, on peut donc s'attendre à osciller entre des gazouillis d'oiseaux et des polémiques de tortues. C'est forcément animé, plus ou moins agréable, mais ça se surmonte, car c'est toujours captivant...
Quand on joue avec le feu, on perd l'exclusivité mais on gagne des exclusivités.
Chaque relation est une dimension, un jardin secret, un monde à part, un infini à part entière. Qui se déploie dans un espace qui lui est propre, dans un langage original, à un rythme qui lui est sien.
On dégonfle son orgueil pour gonfler sa confiance.
On ne cherche plus à projeter toutes ces dimensions sur le même plan, à vouloir ramener ces histoires sur une même échelle. On se démultiplie.
On ne compare pas, on apprécie. On ne classifie pas, on organise. On ne hiérarchise pas, on concilie. On uniformise pas, on invente.
Bref, on laisse s'épanouir notre différentes facettes, même si ça diverge.
(et raison de plus)
C'est incroyable comme avec des mots simples on peut dire clairement des trucs qui renvoient à ce qui (me) semble communément très complexe!... En tout cas , ta conclusion me parle... mieux: je l'entends! :)
RépondreSupprimerMême si une petite voix m'interroge me soufflant dans un murmure: "Oui, mais l'Amour dans tout ça?!" :)
Rouge
Concis !
RépondreSupprimerEt pourtant... il me manque quelque chose ... cela sera peut-être traité dans la partie 7 !:)
Ou comment chercher à se convaincre qu'on accepte d'être cocu et/ou remplacé par quelqu'un de mieux pour l'autre? :-)
RépondreSupprimerj'ai lu ton texte ce matin très tôt et me suis rappelé le jour où je m'étais sentie libérée de mon orgueil... Je ne crois pas que tout le monde puisse vivre ça . Ce n'est pas une question de performance mais plus un certain état d'esprit... Je crois " anonyme" qu'arriver à cela, c'est bannir l'idée d'être cocu ou d'être remplacé.
RépondreSupprimerAnonyme, mais quel sens a le mot "cocu"? pourquoi "remplacé par qqn de mieux"? simplement "complété par qqn de différent"
RépondreSupprimer@Rouge : merci... pour ta petite voix, je ne sais que te dire... je parle ici d'amour propre, racine de l'amour tout court, et je crois que chaque relation est une ramification de cet amour, qui se développe à sa façon... j'essaierai d'y réfléchir :-)
RépondreSupprimer@Eff : ah? tu ne nous dis pas quoi? Pfff... ça me met la pression pour la partie 7 :-)
@Anonyme : vous avez encore oublié de signer...
@Dita et Cyril : merci à vous. Oui une question d'état d'esprit, qu'Anonyme met involontairement en évidence.
Si une relation autre est perçue comme une relation concurrente, qui destitue le partenaire, qui le déclasse au profit d'un partenaire mieux "coté", il est clair que ce que je raconte peut être interprété comme des propos de looser. Pour ceux pour lesquels la compétition est un horizon indépassable, effectivement il vaut mieux passer sa route, ce blog ne vous parlera pas :-)
Merci Usclade d'essayer de mettre en mots et d'éclaircir ce qui nous arrive plus ou moins à tous et peut effectivement se traduire par un drame (ou une comédie, au choix mais c'est pareil), ou bien une évolution de l'être humain qui s'observe, se cherche, et parfois trouve... ses semblables.
SupprimerToutes ces interrogations, contradictions, chacun s'en dépêtre comme il peut, mais ici en ne se voilant pas la face, en essayant de les assumer, en se respectant autant que l'autre.
Merci de nous faire y réfléchir, avec cette liberté et cette clairvoyance.
(Mon navigateur n'affiche plus que "répondre", je ne trouve plus "laisser un commentaire" : comment se fait-ce ? )
Supprimermerci Ambre... Il ne s'agit effectivement pas de donner une formule miracle universelle, mais juste de partager un retour d'expérience et quelques enseignements personnels, chacun l'utilise comme il veut.
SupprimerPour le changement d'ergonomie au niveau de la saisie des commentaires, avec l'apparition de réponses imbriquées, il s'agit d'une blague de blogspot à l'insu de mon plein gré, je crois que ça a fait pareil chez toi :-)
Non! moi je peux saisir un vrai commentaire! creux et inconsistant mais commentaire quand même!!! ;)
RépondreSupprimerRouge
Et il en faut un certain talent et de la dextérité pour parvenir à saisir un truc creux et inconsistant sans que ça ait l'air de t'échapper. Saisis le et tiens le bien alors ! (et j'arrête là car on sait bien aussi que les plus longues ne sont pas forcément les meilleures. Je parle bien entendu des plaisanteries lourdingues dans les commentaires :-)
SupprimerMorte de rire! Il est un fait qu'avec du doigté et un peu de talent , on peut faire pousser (dru!) toutes sortes de trucs dans le champ des possibles!!! ;)
SupprimerTrop modeste pour être orgueilleux, j'ai évité le pire ! ;)
RépondreSupprimerLa confiance en soi est un autre problème ... le doute persiste, malgré tout.
Pour le reste, c'est intéressant de clarté !
Merci Philo. Oui le doute persiste, et la confiance en soi n'est pas synonyme de réussite insolente. Je ne suis pas du tout quelqu'un à qui tout réussit, je reste humble et accepte mes limites. Parfois je pleure, je suis triste, mais ça ne remet pas en cause la confiance qui m'anime pour repartir en quête de choses heureuses.
SupprimerEn attendant la suite (dis, il y aura bien un 7 !?), j'aime bien ta notion d'exclusivités. L'exclusivité au singulier me semble de toute façon un leurre car dans l'interaction à l'autre, bien souvent seule une partie de nous s'exprime. Finalement, en "jouant avec le feu", on ne trompe pas forcément, on révèle d'autres choses jusqu'alors inexprimés et peut-être inexprimables. Ces exclusivités sont autant de nouveaux équilibres...
RépondreSupprimerNon ?
Equilibres fragiles, périlleux, instables... mais globalement et paradoxalement stabilisants pour la personnalité... Oui, c'est surprenant :-)
SupprimerEn developpement personnel, on compare la personnalité à une structure musculaire dans laquelle, avec le vécu, seules les parties sollicitées se développent au détriment d'autres parties, créant des hypertrophies/atrophies qui déforme notre personnalité intrinsèque. Rien n'empêche du coup un vécu élargi de réharmoniser cela...