dimanche 8 janvier 2012

Jouer avec le feu (y a pas à dire, ça réchauffe !) (4ème partie)

Baiser ailleurs.
Je ne savais pas si cela se produirait vraiment.
Mais déjà nous avions franchi un point de non retour.
Nous avions mis au point le cadre théorique et il nous rassurait beaucoup.
Cependant envisager la pratique me remuait encore.
Je me connais et sait bien qu'il y a peu de chances que je puisse trouver désir, séduction et plaisir sans un minimum d'attachement sentimental. Je suis un amoureux permanent et multiple, mais jusqu'ici je réprimais cela. Allais-je maitriser ce bouleversement?
Mon épouse allait elle supporter ces "infidélités" consenties?
Et puis cette perspective un peu vertigineuse faisait voler en éclat une construction méticuleuse : celle d'années d'intégrité conjugale totale dont j'étais plutôt fier.
Ce sont sans doute toutes ces incertitudes qui causèrent le zona précédemment évoqué.



Au bout de quelque temps, constatant que cette nouvelle donne, même théorique, nous avait apaisé dans notre vie de couple, ces angoisses s'atténuèrent. Comme le zona.
Et les vertiges.
Je finis par me sentir à l'aise avec cette porte ouverte sur l'inconnu, simplement peut être parce que le sentiment de liberté est au premier abord plus jubilatoire que la liberté elle même.

Et puis la transition douce du théorique au virtuel me mit en confiance.
Découvrir des univers, des expériences, des sensibilités proches des miennes sur les blogs me fit du bien. Voir que le désir féminin existait et s'exprimait fut très agréable, car enfermé dans mon couple, j'avais tendance inconsciemment à faire une généralité de ce que j'observais sous mes yeux.
Pouvoir exprimer et assumer des choses de moi que jusqu'ici je préférais taire ou même refouler m'allégea, et c'est peu dire.
Enfin je retrouvais l'envie de plaire, de séduire et être séduit. Amusé de retrouver une seconde jeunesse dans ce microcosme surprenant, cette petite communauté sympathique avec ses codes et coutumes parfois futiles mais rafraichissants. Mélange permanent de complicité, narcissisme, manipulation, échange, gratuité, altruisme, égocentrisme, flatterie, susceptibilité, et par dessus tout créativité généreuse... bref tous les ingrédients de l'alchimie humaine à l’œuvre dans les jeux de l'amour et du hasard entre adultes consentants.

J'ai parfois entendu dire que ces blogs étaient le fait de gens voulant contourner les sites de rencontres. Ce n'est pas faux. On ne peut pas tout résumer à cela non plus, mais je trouve ça plutôt poétique. Imaginer Monsieur ou Madame Toulemonde qui dévoile sa face cachée en coulisse, dans des décors secrets virtuels, jouant de confidences à peine voilées, en mettant en scène des images flatteuses, des récits alléchants et autres fleurs pour attirer les papillons, le tout avec les moyens du bord, je trouve ça raffiné et bien plus excitant que bien des lieux artificiels censés nous en mettre pleins les yeux. Et quand on a le temps, il fait bon de flâner ici ou là, loin de la vie marchande et ses obligations de résultats.
Ni pire ni meilleur que la vie courante, mais dépaysant c'est sûr, car si vaste et si profond sous des apparences parfois classiques et superficielles.
Et peu importe qu'il y ait rencontre ou non, l'échange révèle ses richesses et ses bienfaits, parfois épuisants, parfois impossibles, mais jamais regrettables.
Au bout d'un an, témoin à distance de ces activités émoustillantes, et sans doute stimulée par la proximité de courtisanes, ma douce me retrouvait plus séduisant, au point de retrouver parfois quelques prémices de désirs. Quant à moi, cette vie nocturne virtuelle mettait de nouveaux rayons de soleil dans ma vie. Ceux d'une dimension érotique et sentimentale qui avait fini par déserter mon existence.









5 commentaire(s):

  1. La conclusion (de cet épisode) me fait penser à une des scènes de L'art d'aimer vu récemment en salle, où une femme, autorisée à aller voir ailleurs par son mari qui préfère cette issue à la voir partir, finit par s'enivrer du désir libéré pour ... ne dévorer que son mari.
    (Oui, c'est un peu fleur bleue, comme film ;-)

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  2. J'ai tout lu! Et jusque-là silencieusement! Et si je sors aujourd'hui de mon silence, c'est juste pour te dire qu'il me semble que cette introspection est avant tout une démarche intime à laquelle nous ne pouvons pas participer... :)
    Par contre, je crois, pour l'expérimenter parfois, que d'écrire publiquement ce qui pourrait rester dans un carnet plus intime, nous oblige à être capables de voir clair en nous afin de pouvoir écrire suffisamment clairement pour être compris pour des lecteurs potentiels... et réciproquement! C'est parce que nous publions que nous nous obligeons à écrire intelligiblement, donc de décoder nos propres émotions... (pour le coup, pas sûre d'être méga claire!!!)
    Bref, Boileau l'a dit bien mieux que moi: "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire vous viennent aisément"! Et sans un lectorat potentiel, je suis bien sûre que nous lirions moins aisément en nous-mêmes... :)
    Devons-nous nous attendre à une 5ème partie?! Cette fois, ta conclusion semble plus fermée... :)
    Bisouilles

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  3. @CUI : tiens, je n'avais pas entendu parler de ce film, ça me rend curieux... Si c'est fleur bleue, tant mieux j'y emmènerai ma femme pour voir si on s'y reconnait... Encore que, ce que tu décris ne semble pas correspondre à notre situation car ma femme pour le moment semble tout à fait indifférente à cette liberté mutuelle, et le redoux est très discret, on ne peut pas dire qu'elle me dévore jour et nuit non plus ! :-)

    @Rouge : ttsss, chez moi on peut toujours participer, et plus encore quand c'est intime :-)
    La 5ème partie se fera surement, j'y prend goût moi aussi à me laisser aller sur le divan, surtout quand je suis bien entouré :-)

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  4. A la relation de couple près ( je parle de la mienne, bien sûr ), je suis tout à fait d'accord avec toi !
    Ces relations qui commencent et finissent, ou pas ... sont très enrichissantes en final. Au niveau de la compréhension de l'Autre, ce sexe opposé, et aussi la nôtre. Se découvrir au-delà de nous-même parfois.
    D'ailleurs, je trouvez le présent de certains échanges tout à fait palpitants ...

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  5. @Philo : effectivement, j'ai l'impression de concilier l'insouciance de la jeunesse avec la maturité de l'adulte... Bref l'impression d'un grand pas en avant... (et puis palpitant oui... Ludique et lubrique, c'est des mots assez proches !)

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Prenez place, prenez position, faites échos, prenez faits et causes (ou le contraire) et puis jouons au bois et raisonnez mazette !....