mercredi 16 février 2011

Le pire piège

Chacun de leur côté, l'un puis l'autre. Ils ont commis l'irréversible.
Souillé et déchiré les draps blancs et purs dans lesquels ils s'étaient drapés pour la vie.
Ils sont tombés dans le piège, dans le panneau, dans la facilité.
Et tout va se compliquer pour eux.
Mais ils l'ont fait en toute conscience, et en toute espérance.
Celle de la fidélité au travers des infidélités.

Leur amour succombera-t-il à l'herbe forcément plus verte qu'ils rencontreront de temps à autre ailleurs?
Ou bien résistera-t-il à tout, maintenant que le risque de tromperie et trahison a été pulvérisé par cette œuvre de dialogue, de bienveillance et confiance?



L'irréversible est-il irréparable?
Ils ont brûlé leur certificat de garantie. Leur titre de propriété.
Les voilà tous deux en proie à la précarité de l'existence. Riches et démunis, nus et indécents, offerts au regard des autres, trop obliques pour être soutenable.
Toujours à moitié caché derrière l'apparence du cocon immaculé, mais bien au fond d'eux mêmes. Pour le moment.

Quelle idée en tous cas de faire voler en éclat un doux cocon qui les préservait de tout... ?
Qui les préservait de tout....    même de l'amour.
La réponse est sans doute dans la question.

Seul l'avenir leur dira de quel côté était réellement le pire piège.
A l'intérieur ou à l'extérieur de la bulle nuptiale, ce cocon hérité de nos ancêtres?


"Mais n'est-ce pas le pire piège
Que vivre en paix pour des amants?
"
J.Brel

9 commentaire(s):

  1. Eh bien, tu connais, je crois, ma position sur le sujet !
    Par contre, excellent choix de citation, cette chanson de Brel est tout simplement magnifique !
    "Bien sûr tu pris quelques amants
    Il fallait bien passer le temps
    Il faut bien que le corps exulte
    Finalement, finalement
    Il nous fallut bien du talent
    Pour être vieux sans être adultes

    Oh, mon amour
    Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
    De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
    Je t'aime encore, tu sais, je t'aime..."

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  2. @Eff : je crois que j'adorerais toutes tes positions, y compris quand tu me lances des regards obliques ! :-)
    Pour la chanson, je suis d'accord avec toi, c'est une de ces chansons puissantes qui a dû aider beaucoup de couples dans la tempête et en rabibocher un paquet d'autres....

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  3. Ah cette chanson!
    Puisse bcp de couples s'en inspirer,l'apprendre, la répéter tous les jours...

    "Etre vieux sans etre adulte", voilà un beau défi, un vrai but dans la vie!

    Et quant à vous je vouos souhaite bien du courage ...et du bonheur

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  4. Oui, le temps le dira. Un cocon trop moelleux et immeuble pour ne pas devenir prison ? Il se peut. Le confort est dangereux en effet, s'il devient capitonné, s'il absorbe tous les sentiments, tous les élans, tous les non-dits, toutes les colères, toutes les frustrations comme le bruit des coeurs qui n'ont pas ce qu'ils veulent. Oui, le cocon peut devenir exécrable. Mais faites attention car s'il est exécrable il se peut qu'il vous protège aussi contre vos illusions ! Mettez l'orteil dans l'eau pour la tester avant de plonger totalement. Courage ...

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  5. @enfant gâté: merci pour ces encouragements.... On verra si j'arrive à vieillir assez vieux dans l'enfance !

    @gicerilla : c'est trop tard, je suis au milieu de la piscine et j'essaie d'apprendre à nager... :-)

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  6. Peut-on se draper pour la vie ? Il y tant de manières de souiller les draps que je ne suis pas sûr qu'un autre herbage soit la pire façon. Ce vocabulaire de la pureté est terrible... Et, Brel en tête, veille surtout à ne pas te noyer d'un côté, comme de l'autre ! A bientôt

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  7. @Estèf : effectivement, cette fascination pour le blanc virginal est inquiétante. Et alors que le nombre de divorces est toujours plus importants, les kitchissimes salons du mariage ne désemplissent pas... Un peu comme si finalement, il s'agissait d'un engouement pour cultiver un folklore qui nous fascine, mais auquel on ne croit plus, comme on fait revivre les danses costumées dans les villages...

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  8. Je crois que ce ne sont pas les mêmes générations qui divorcent et qui écument les salons du mariage. Un aveuglement juvénile, un goût du folklore, comme tu dis, ou peut être "un tant qu'à risquer de se tromper autant faire la fête", c'est selon... et j'ai un peu de sympathie pour le dernier cas, surtout si le champagne est bon...

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  9. @estèf : pas besoin de faire le salon du mariage pour bien faire la fête certes, mais c'est vrai qu'en ce qui me concerne mon mariage fut une des plus belles fêtes qui m'ait été donné de vivre, grâce en particulier à la générosité et la créativité des nos amis qui s'étaient vraiment lâchés pour l'occasion...

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Prenez place, prenez position, faites échos, prenez faits et causes (ou le contraire) et puis jouons au bois et raisonnez mazette !....