vendredi 10 septembre 2010

Calin d'oeil

Ce sont sans doute mes souvenirs érotiques les plus croustillants.
Des moments magiques où il ne s'est rien passé...
Physiquement quasiment rien. Sauf ces petits quelque-chose, plus ou moins furtifs, insignifiants pour certains, mais qui se révèlent être de vrais miracles pour moi.

Un savoureux mélange d'interdit, de fausse innocence et vraie générosité, cocktail irrésistible pour ma déviance majeure.

Cette jeune femme bien sage de notre environnement familial qui au sortir d'un bain de mer prend soin de se changer avec beaucoup d'application, discrètement, sans se précipiter. Sans que je sache si je dois attribuer à un heureux hasard le fait que nos positions respectives fassent de moi le seul dans la foule qui puisse admirer toutes les parties de son corps, méticuleusement séchées avant d'être vêtues.
Un hasard décidément généreux puisqu'une autre fois le sort a voulu que, alors que je bricolais accroupi au bas d'un escalier, cette même jeune femme ait été contrainte, pour de mystérieuses raisons, de faire plusieurs allers-retours dans l'escalier. Par étourderie sans doute, il lui avait fallu plusieurs tentatives pour rassembler le nécessaire avant d'aller prendre sa douche et remplacer sa courte nuisette par de plus abondants habits diurnes.

Cette autre jeune fille, blondinette un peu ronde et discrète, rencontrée un jour parmi un groupe d'expatriés en Italie. Sans doute est-ce la discussion qu'on avait développée qui nous avait tant absorbés. Toujours est-il que ses jambes étaient si détendues que, indifférentes au cours de la conversation, elles m'offraient la douce vision de son triangle de dentelle dévoilant sa toison flamboyante. Et mon regard avait été si durablement magnétisé qu'il me fallut plusieurs minutes pour retrouver mes esprits quand le groupe revint briser notre long, prude mais brûlant moment d'intimité.

Ou enfin cette copine de ma femme, entrée en même temps que nous dans le monde des jeunes parents... Qui me fait regretter depuis d'habiter trop loin et ne plus pouvoir facilement passer des weeks-ends chez les uns ou chez les autres. Car toujours elle me gratifiait de "la surprise du dimanche matin". Ces petites surprises plus délicieuses que le meilleur des croissants chauds.
Une simple vision. Diverse ou variée. Mais toujours délicieuse. En toute circonstance. Malgré le parasitage de notre descendance respective.
Une occasion systématique autour du moment du petit déjeuner, d'apercevoir furtivement là un sein savoureux, ici le bas de ses fesses nues sous un long tee-shirt pas assez long quand elle se penche en avant, ou enfin sa culotte trop discrète pour dissimuler son minou, rendu encore plus appétissant par sa cuisse relevée sur le lit, lors d'une petite séance de pédicure improvisée et pas forcément justifiée...

Des souvenirs aussi prudes que brûlants disais-je. Comme si l'intuition féminine savait deviner mes faiblesses, ma déviance, mon talon d'Achille, ma vulnérabilité, mon pêcher mignon... Moi qui crois le dissimuler parfaitement en société pourtant. Comme si mon voyeurisme gourmand était la cible idéale de leur exhibitionnisme exquis...
Et finalement n'y a t-il pas dans ces échanges furtifs autant de désir, de transgression, de don de soi, de sensualité que si on avait vécu d'ébats torrides secrets et débridés?

13 commentaire(s):

  1. Sourire, vous prétez à l'intuition féminine le "vice" d'alimenter votre penchant naturel pour le voyeurisme... Mais, si ce n'était finalement que votre unique imagination qui alimente de cette façon vos pensées érotiques ?

    Il ne faut pas croire que nous sommes, autres femmes, que des "allumeuses" (je précise " ") quoique, nous récompensons je pense, naturellement les hommes "sages et respectueux", de ces petits moments au parfum d'Erotisme ;)

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  2. Si, il y en a autant ! Lorsque 2 intuitions coquines se rencontrent, soi-disant en toute innocence, réellement en toute indécence, et surtout en toute transparence silencieuse, c'est plaisir... et je pense sincèrement que tous les plaisirs se valent !

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  3. L'Effrontée
    Vous êtes cruelle, vous laissez entendre que je me suis fait des films et que ce que je croyais être des cadeaux n'en étaient pas en réalité... Je ne veux pas y croire ! :-)

    Plus sérieusement vous usez de termes péjoratifs pour qualifier des comportements qui ne sont pas ceux que je voulais évoquer ici. Il n'est en effet pas question de vice, ni de comportement d'allumeuse (je les qualifierais d'allumeuses, si elles usaient de leur charme de façon intéressée, avec des arrière-pensées manipulatrices, mais ici ce ne pouvait pas être le cas). Non je parlais de comportements spontanés, sans doute improvisés, "d'intuitions coquines" comme dit Cassiopée, de cette délicieuse complicité de circonstance. Tout le plaisir vient de la transgression, de la dissimulation d'une scène coquine au milieu d'une scène ordinaire, à l'insu de tout le monde....
    Mais surtout pas à l'insu de celle qui se dévoile.
    Il est en effet très important que celle qui se dévoile le fasse de manière consciente, car c'est c'est l'intention généreuse qui me fait le plus d'effet. Sinon on se situe dans le voyeurisme vulgaire et sordide, prédateur, au final culpabilisant, et là pour moi il n'y a plus beaucoup de plaisir. Même si je dois hélas reconnaitre que la part de bestialité (masculine?) qui me compose m'empêche d'être assez intègre pour résister à la tentation de "rinçage d'oeil" chapardeur dans certaines circonstances trop tentantes)

    Cassiopée : tu a parfaitement saisi ce que je voulais exprimer ! Le désir et le plaisir peuvent s'explorer sous d'autres formes, de façon tout aussi intenses...

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  4. Il semblerait en effet qu'une vision volée est bien plus érotique que l'étalage d'une nudité entièrement dévoilée. Une part vient certainement de l'impression de profiter illicitement de ce qui ne nous était pas destiné...

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  5. J'ai bien aimé ces calins d'oeil / clins d'oeil... (troublants au point que tu écris : "les plus souvenirs érotiques" !)
    Tu as raison, un regard ou un effleurement peuvent être aussi hautement érotiques que bien des étreintes !
    Comme un écho chez moi (voir sur mon blog) : c'est le retour de vacances, le regret de s'habiller plus sérieusement, qui nous inspire ?
    Belle réflexion, comme toujours chez toi, en plus des bouts d'histoire savoureux.

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  6. @Gicerilla : certes, mais je voulais exprimer justement que si l'aspect impromptu et inattendu sont un aphrodisiaque puissant, la nature généreuse et complice de ces petits "calins d'oeil" constitue le piment le plus fort, ce que n'a pas une œillade "volée".

    @Ambre : j'hésite à corriger ma coquille qui traduit évidemment bien mon manque de lucidité en écrivant ! :-) Merci pour le compliment et effectivement, on a des inspirations semblables, peut être déjà une certaine nostalgie de l'été?

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  7. Le regard ..Comme Ambre, je le retiens car c'est dans cet espace si petit qu'on y lit les caresses furtives d'une rencontre éphémère, d'un croisement dans la rue, ou, comme toi, au cours d'un quotidien tranquille
    Je me sens souvent enveloppée de ces regards que je croise, jamais vulgaires, toujours tendres et canailles, de ceux qui font que la journée prend de suite un air de fête ...Je ne les recherche pas mais ne les évite pas car je sais que ce sont des douceurs et j'essaye toujours de les rendre de façon à partager ces instants...Je ne me sens pas "allumeuse" juste femme ! ...Le plus souvent ce sont des hommes, quelquefois, des femmes mais l'émotion est la même
    Bonne journée à toi

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  8. Chilina... Je vais continuer à arpenter le monde dans l'espoir de te croiser et partager cet air de fête !

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  9. C'est chouette cette idée de calin d'oeil en ce samedi matin... :)

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  10. Je partage l'avis de Rouge. C'est juste chouette cette idée le samedi matin...et même le lundi soir d'ailleurs. Je me demande souvent si ce que vous appelez le "calin d'oeil" est acquis ou innée. Certains êtres ont une véritable faculté à se faire caliner des yeux, non ?! Y'a-t-il des cours du soir ou est-ce qu'une gentille fée s'est penchée sur leurs berceaux pour leur apprendre à dérouler leurs corps, occuper l'espace, faire vibrer leurs cordes, onduler du regard....être tout simplement ?!
    Je ne sais pas, mais je vous avoue que j'aimerais bien savoir :) !

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  11. @Rouge : le dimanche matin, le samedi matin, le vendredi, le jeudi... Quand on aime, on ne compte pas !

    @Flo : Que Nenni ! Une faculté à se faire caliner des yeux? Faculté non, mais liberté oui ! Comme vous dites "être, tout simplement". "Être" n'exige aucun savoir-faire. Savoir-être, oui, par contre.
    Cela nécessite de détricoter les liens dont notre culture, notre éducation nous ont affublés (on parlait ci-dessus du terme "allumeuse"... mais la morale, n'est-ce pas une médecine qui ne sait répondre aux petits maux que par la pratique de l'amputation?). De nos valeurs, il faut trier le bon grain de l'ivraie...

    Donc de fée, point, mais un certain travail sans doute. Il faudrait donc plutôt vous orienter sur la piste des cours du soir... Vous cherchez un professeur :-)?

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  12. L'intuition féminine, hein ?! sourire...ça s'appelle du machiavélisme de séduction mon ami...et je vous confirme que certains de ces moments, dans ma vie, comme pour vous, ont été plus savoureux que l'acte en lui-même...

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  13. noir intense : une séduction qui ne débouche que sur du plaisir n'a rien de machiavélique, en tous cas moi j'en redemande !

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Prenez place, prenez position, faites échos, prenez faits et causes (ou le contraire) et puis jouons au bois et raisonnez mazette !....